Des nouvelles de l’hôtel Drouot pendant l’épidémie

Par vendredi 23 octobre 2020 Permalink 1

Avant hier, lors d’une petite vente courante à l’hôtel Drouot de la maison Thierry de Maigret, un haut responsable de l’hôtel de vente s’est immiscé dans la vacation pour que les spectateurs-enchérisseurs soient moins nombreux dans la salle. Des personnes s’étaient plaintes de l’entassement digne du métro aux heures de pointe qui accentuait le risque de contamination au covid-19.

L’argument massue était que si, malgré les masques et la prise de température à l’entrée pour filtrer les visiteurs, un minimum de distanciation sociale n’était pas respecté, l’hôtel Drouot serait fermé. La commissaire priseur rechignait un peu à faire partir ses clients mais le crieur pour qui la fermeture de son lieu de travail est une catastrophe financière, s’est chargé de demander aux gens de revenir en fonction de leur centre d’intérêt au moment de la mise en vente de telle ou telle gamme d’objets. Ce n’est pas bon pour le commerce.

Quand on entre à l’hôtel Drouot, on ne sait jamais avec quoi, avec quelle chose dont on avait même pas imaginé le besoin 5 mn plus tôt, on en sortira… L’ambiance est là pour créer l’achat compulsif! Par exemple, deux dessins colorés d’artistes du groupe COBRA, mais non garantis, vendus en même temps, une abstraction signée Corneille, une oeuvre plus figurative signée Constant, à peu près format A4 tous les deux, furent acquis par un marchand pour environ mille euros. Il n’est pas certain que, dans une vente cataloguée, ils eussent fait autant…

Signalons aussi en ces temps de crise, la tentative de diversification de l’hôtel des ventes avec deux salles en rez-de-chaussée rassemblées et transformées en galerie d’art pour négocier à prix fixe dans le cadre d’une exposition américaine intitulée Sexual Personnae, des œuvres dédiées à “la représentation de figures féminines avec une large sélection d’artistes autodidactes, outsiders et bruts”. J’ai noté  deux “moments forts”, comme on dit, du catalogue de l’exposition avec d’une part la volonté des artistes de puiser dans l’inconscient collectif pour représenter leurs personnages féminins, “mères, reines, séductrices, écolières, vierges, fées, déesses, putains”. Ces créateurs sont d’autre part présentés comme des artistes internationaux “hommes, femmes et non-binaires”! Non-binaires, me demandez-vous? Je présume qu’il s’agit du Q du mouvement LGBTQ… Enfin, sur le fond, mais peut-être ces phrases et ces mots étaient-ils déjà le fond,  l’ensemble est assez vulgaire avec une inspiration peut-être puisée dans certains cas à la source des portraits des artistes juifs de l’école de Paris mais hélas, sans la puissance psychologique. Au bout de deux jours, rien n’avait encore été vendu ce qui ne présume pas de l’avenir, les poupées,  en une, valant environ dans les 15000 € chaque, par exemple. les tableaux ci-dessous un peu moins.

Frédéric Le Quer

 

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