Des masques à la chloroquine

Par lundi 30 mars 2020 Permalink 3

Attention, attention! vous allez voir ce que vous allez voir! On ne parle plus en millions, en dizaine de millions, en centaine de millions. Non c’est en milliard qu’il va y avoir des masques. Et là on applaudit bien fort. Bon, j’étais ce matin à la pharmacie, elle en avait tout juste pour le personnel hospitalier et encore; pourtant le patron est dégourdi… Mais, on verra cet été, sur la plage, on les attend, on y compte. Là tout le monde aura son masque et Sibeth nous expliquera comment le bien porter au milieu des vagues. D’ici là elle saura le mettre son masque, la petite Sibeth. Elle maîtrisera le geste technique. Pas facile le geste technique mais avec un milliard de masques, on peut en gâcher quelques uns, les déchirer, casser l’élastique ou le fil. Pas trop non plus. Va falloir t’y mettre Sibeth! Allons! Et tant pis pour le bronzage! La masque cet été, quand le gouvernement en aura fait rentrer plein, ce sera un must. Les rebeux avec leur burkini n’ont qu’à bien se tenir. Au mois d’août ce sera le masque, point barre. Le masque et le monokini, hein, pourquoi pas? Un joli bronzage pas trop foncé, juste ce qu’il faut, les seins nus et une espèce de phare tout blanc au milieu du visage… Too much, too much! En plus si il y a un système qui clignote au niveau du nez, par exemple, ça aidera les bateaux! Merci Macron! Tu verras pas, toi, de ton bunker de Brégançon. Mais vraiment la France entière te remercie de ton efficacité. Ah! Si on t’avais pas, Manu!

En plus tu nous protèges en nous évitant de nous soigner avec n’importe quoi. T’as raison. Il faut être méfiant avec la chloroquine. Ce n’est pas parce que on connait un médicament depuis 50 ans qu’il ne faut pas s’en méfier! La preuve, les victimes de la chloroquine s’accumulent ce matin dans les infos et tes journalistes, toujours sur le pont pour nous informer, le disent bien. La chloroquine, ça devient une sorte d’ennemi public numéro 1. Le coronavirus, c’est de la rigolade à coté des dégâts de la chloroquine! Il faut la tester la chloroquine, c’est sûr, et avec un groupe témoins, eh, oui! Les gens ne se rendent pas compte… Il faut donner le choix au citoyen. Le choix c’est important. Le choix entre mourir des poumons ou mourir du cœur! Non, je blague! Le problème de la chloroquine c’est de trouver un groupe témoin. Il faut trouver des gens malades qu’on fera semblant de soigner avec un placebo mais qu’on laissera en fait crever. Des sacrifiés sur l’autel de la science. En Floride, il y a un énergumène qui veut sacrifier les vieux sur l’autel de l’économie, nous en France, on a des énergumènes qui veulent sacrifier un peu n’importe qui sur l’autel de la rigueur scientifique. Et pas la peine de leur dire que le moment est mal choisi. Ce sont des scientifiques et il faut des morts pour prouver que les vivants ont bien été soignés. Je plains ceux qu’on fait semblant de soigner… Les pauvres… Tiens, justement, il semble et c’est surement son plus gros défaut à la chloroquine que d’être un médicament de pauvres. Elle ne coûte pas cher la chloroquine, la molécule est dans le domaine public. Alors tous ceux qui avaient prévu de s’en mettre plein les fouilles l’ont dans le baba. C’est ça qui les dégoûte le plus, je crois. Heureusement, ils ont trouvé une échappatoire! Alors que le professeur Raoult explique qu’ils faut utiliser la chloroquine au début des symptômes associée à un antibiotique, ils vont l’utiliser quand le malade est à l’agonie sans antibiotique. Ils sont malins comme des singes au gouvernement et dans son entourage. Ils l’auront essayé la chloroquine, ils pourront s’en targuer, et tant pis si c’est en dépit du bon sens!

Je m’arrête là, un peu brutalement, on pourrais décrire tant de dégueulasseries, mais je suis bien écœuré déjà!

Frédéric Le Quer

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