D’Eric Masson à l’affaire du Pont Neuf

Par vendredi 6 mai 2022 Permalink

Il y a un an, Eric Masson, policier à Avignon, était tué à bout portant lors d’un contrôle de police. C’était un simple contrôle, après une transaction de stupéfiants dans la rue. C’était un contrôle intervenu lors d’un attroupement dans le centre-ville d’Avignon. C’était un contrôle réclamé par des voisins excédés à cause des “deals” dans le quartier des Teinturiers. C’était un contrôle où l’un des deux dealers, muni d’une sacoche en bandoulière, brandit une arme de poing et tira à deux reprises, à bout portant, sur le policier de 36 ans. Le dealer court toujours.

Il y a une semaine plutôt que de se faire écraser par une voiture dans laquelle un deal de drogue était en cours dans l’île de la Cité à Paris, un policier de 24 ans abat deux trafiquants, sauve sa vie et celle de ses collègues à coté de lui. Il est aujourd’hui accusé d’homicide volontaire, de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner et enfin de violences volontaires aggravées par personne dépositaire de l’autorité publique.

Pour le gouvernement et l’état dans son ensemble, un bon policier est un policier tué en service et un mauvais policier est celui qui préfère abattre les criminels avant de se faire tuer.

Voilà un an le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, rendait hommage à Eric Masson en ces termes. “La lutte contre les trafics de stupéfiants s’apparente à une guerre. Nous la menons grâce à des soldats, les policiers et les gendarmes de France. Aujourd’hui, un de ses soldats est mort en héros”.

Gérald Darmanin n’a rien déclaré pour soutenir son fonctionnaire de police dans l’affaire du Pont Neuf qui a contre lui l’impardonnable faute d’être resté vivant. Le ministre de l’intérieur a même autorisé une marche blanche en l’honneur des deux voyous abattus, Boubacar et Fadigui.

Frédéric Le Quer

Laisser un commentaire ?