Demain, 5 décembre

Par mercredi 4 décembre 2019 Permalink 1

Il faut giletjauniser la journée du 5 décembre. Voilà le véritable enjeu de la victoire. C’est le seul. La mobilisation syndicale ne peut être qu’un moyen, les dirigeants syndicaux participant au système, bénéficiant du système. Le pouvoir sait bien les faire rentrer dans le rang. Pour renverser la table, la solution est d’aller au-delà, bien au-delà d’une contestation catégorielle pour une histoire de retraite qui, de toute manière dans les conditions actuelles, n’est pas pérenne mathématiquement. C’est toute la société et le partage des ressources qui sont à changer. Le 5 décembre doit se situer dans la continuité du mouvement des gilets jaunes.

Mais la répression a débuté. Les médias ne cessent de diviser la société en deux entre les grévistes et les non grévistes pour qui l’action des premiers serait un calvaire comme si, in fine, les intérêts de tous n’étaient pas les mêmes. Et le gouvernement, et les élus locaux dans leur “grande générosité”, main dans la main, d’avoir l’air de se porter, tout éplorés au chevet des citoyens victimes parce qu’il est tactiquement bon de fabriquer une classe de martyres en divisant le peuple pour le mieux maîtriser. La propagande a donc lancé les hostilités de manière insidieuse pour saboter avant même qu’elle n’ait commencé, une grève qui durerait dans le temps et réanimerait le mouvement des gilets jaunes.

La répression va demain continuer avec son lot d’œil éborgné ou de main coupée. Les gaz lacrymogène employés en France par la police sont 25 fois plus forts que ceux utilisés aux Etats Unis et 5 fois plus forts que ceux utilisés en Grande Bretagne. Et comble de la barbarie, les manifestants ont l’interdiction de se protéger avec des masques! La violence de l’état macronien se retient de tirer sur la foule à balle réelle, mais pour combien de temps encore? Inéluctablement si le mouvement perdure, ça viendra.

Le néolibéralisme de Macron veut rendre l’accès au service public de plus en plus compliqué jusqu’à le faire tomber en désuétude. C’est ce qui se passe dans les écoles publiques où les élèves n’apprennent plus grand chose, pas suffisamment en tout cas pour en faire des citoyens efficients, c’est ce qui se passe à l’hôpital où il fut quand même un temps où quand on y entrait on se faisait soigner alors que dorénavant le patient peut crever sur un brancard au détour d’un couloir éloigné de quelques mètres, abandonné de tout le personnel surchargé de travail, c’est ce qui se passe dans les transports où les trains n’arrivent plus à l’heure quand ils daignent arriver, c’est ce qui se passe partout tant la décrépitude voulue, organisée de l’état est grande.

Demain est donc une journée au cours de laquelle le peuple français se doit de relever la tête en se battant contre l’exacerbation scandaleuse des différences sociales et pour un autre partage des richesses. Si le problème du régime des retraites est transcendé, alors la France peut à elle seule faire reculer le néolibéralisme cher à la ploutocratie dirigeante en occident.

Frédéric Le Quer

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