De Thuringe à la vie politique française

Par vendredi 7 février 2020 Permalink 1

De nouvelles élections ne sont toujours pas prévues en Thuringe après l’alliance qui fait scandale entre l’Afd et la CDU, quoiqu’ait pu dire France 2 hier soir qui les annonçait déjà par l’intermédiaire de la journaliste Anne-Sophie Lapix grande bourgeoise politiquement ultra-correcte qui entre deux séances de bodybuilding organise “une fois par mois, (…) un dîner dans (sa) maison de maître du XVIe arrondissement avec des grands patrons et des personnalités des médias” (information du journal “Capital”). Parions que cette fake news de la présentatrice du journal télévisé ne sera jamais dénoncée, la falsification de l’information étant une notion à périmètre très variable!

En tout cas, pour le moment la CDU a décidé de maintenir le parlement de Thuringe tel qu’il est, comptant sur une nouvelle alliance qui mettrait à l’écart l’AfD qui recueille là-bas un quart des suffrages exprimés. L’opportuniste Kemmerich avec son tout aussi opportuniste petit parti, le FDP, qui croyait avoir touché le gros lot, est toujours en fonction mais au bord de la démission et on ne sait donc pas si le parlement de l’état va être dissout ou non. Vu l’audience de l’AfD en Thuringe, la CDU a en fait très peur de faire les frais d’un nouveau scrutin qui pourrait bien agacer des électeurs prussiens très nationalistes et renforcer les rangs du parti honni au dépens de celui de Merkel. Quant aux instances fédérales du FDP, elles sont prêtes à faire tout ce que Merkel exigera d’elles du moment qu’elles continuent à avoir un rôle dans les drôles de coalitions que connait le gouvernement fédéral.

Ceci étant dit, on voit bien comme ce petit Land de l’est de l’Allemagne est en train de devenir un laboratoire expérimental pour un parti comme Les Républicains en France. Alors que la base qui lui reste, est très favorable à une alliance avec le Rassemblement National, les dirigeants freinent des deux pieds. Seuls quelques électrons libres comme Thierry Mariani osent franchir le Rubicon. Les autres comme Xavier Bertrand, par exemple, critiquent le gouvernement mais continuent d’affirmer qu’ils voteront pour Macron au cas d’un second tour des présidentielles contre Marine Le Pen. Les Républicains préfèrent demeurer une opposition d’opérette plutôt que d’être mal vus par des gens comme, tiens au hasard, Anne-Sophie Lapix!

Quand à la veille des municipales, les français comprennent que voter LR, c’est au bout du compte voter Macron, il est évident que l’existence de ce parti ne se justifie que sur la base de l’ambition personnelle d’untel ou untel et non plus sur la question d’une vraie politique alternative pour la France. Mais c’est une piteuse stratégie. Tant que les chefs du parti auront peur du qu’en-dira-t-on, ils continueront d’agoniser.

Frédéric Le Quer

PS: En une photo de Erfurt, capitale de la Thuringe

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