De la mondialisation au chacun pour soi

Par mercredi 18 mars 2020 Permalink 1

La France apparaît comme le dindon de la farce planétaire de la mondialisation. Depuis 20 ans tous nos présidents la gobe et nous la font gober; avec Emmanuel Macron, c’est le bouquet! La pandémie actuelle prouve pourtant que c’est chacun pour soi malgré un virus qui depuis une étude parue ce matin serait dans l’air (tous aux abris ou… pas!).

Quand l’Amérique de Trump tente de s’accaparer une ébauche de vaccin allemand pour immuniser avant les autres sa population contre le coronavirus, l’Allemagne de Merkel, en retour, qui a, elle, conserver un secteur manufacturier puissant, monopolise non seulement ses masques en en interdisant l’exportation, mais se réserve dans ses usines concevant des respirateurs tant de machine que de facto elle en empêche la livraison aux autres pays bien qu’il s’agisse des plus gros fabricants européens. Pendant ce temps nous avons été fièrement les premiers à contribuer avec abnégation à la livraison de masques à la Chine et devons maintenant rationner le personnel de santé et en priver tous ceux qui continuent à travailler en contact avec le public, des policiers à la vendeuse dans un supermarché. Pendant ce temps, sous prétexte d’un libre échange qui n’a plus grand chose de libre en cas de crise, nous sommes dépendants de l’étranger dans presque tout ce qui relève du secteur manufacturier. Pendant ce temps, avec une naïveté qui confine à la bêtise Macron pense encore espace Schengen alors que les autres pays de l'”Union” en reviennent prosaïquement mais efficacement à leurs propres frontières.

Et pourtant, on nous en fait faire des efforts pour apparaître comme une démocratie libérale, moderne, mondialiste. On l’a bien bousillé notre système de santé qui était soi-disant trop beau, avec cet universalisme qui pousse à soigner en France n’importe quelle personne de n’importe quel pays et avec parallèlement les milliers de lits supprimés dans les hôpitaux. La bonne santé des pauvres coûte maintenant trop cher surtout s’ils sont français! Alors l’idée du progrès médical, du progrès dans la qualité des soins, des certitudes que tout le monde partageait au XXe siècle, a laissé place à la peur du citoyen à devoir un jour se retrouver aux urgences d’un CHU et y passer un temps si long que des faits divers font état parfois de vieillards morts après avoir été laissés à l’abandon au détour d’un couloir d’hôpital. Et maintenant à 7000 patients près, sept mille sur 67 millions d’habitants, c’est rien du tout, et bien à 7000 malades près nous ne pouvons pas faire face!

Alors aujourd’hui pour affronter une épidémie qui, objectivement, est assez bénigne avec ses, même pas, 200 décès pour le moment, (je rappelle que la grippe asiatique avait fait, en 1958, 100 000 morts rien qu’en France!) l’état casse l’économie d’un pays pour soulager son système de santé déficient. Notre déficit au sortir de la crise sanitaire sera monstrueux. Est-ce voulu puisqu’il semble qu’une certaine ploutocratie se réjouit de ce qui se passe? En tout cas pour le peuple le résultat sera forcément dramatique.

Frédéric Le Quer

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