De Drouot à Utrillo

Par jeudi 28 juin 2018 Permalink 4

L’hôtel Drouot a vécu une journée difficile hier avec un bug informatique qui a, plus d’une heure, interrompu les ventes. En effet les commissaires priseurs comptent dorénavant beaucoup sur les enchères faites, simultanément à la vente en salle, sur internet. Et quand ça ne marche pas, on les voit tout déconfis, énervés même à cause des frais importants que demande Drouot pour un service, à les en croire, plutôt chaotique. Ils souhaiteraient pour les plus grosses maisons, pouvoir utiliser leur propre “live” pour se passer de celui qui leur est imposé, mais c’est refusé… Alors, dans la plupart des salles il a fallu attendre, attendre au point que beaucoup d’acheteurs sur internet ont fini par lâcher l’affaire. Sans doute qu’un manque à gagner a résulté de cette affaire alors que la saison bat son plein avec des objets et des tableaux de plus grande qualité qu’à d’autres périodes de l’année.

Signalons toutefois la vente de deux gouaches sur papier de Maurice Utrillo mises en perspectives de manière très intéressante dans le catalogue de la maison Marc-Arthur Kohn située avenue Matignon. Ces tableaux ont été peints entre 1925 et 1935, époque durant laquelle le peintre vit au château de Saint Bernard dans l’Ain. Sa mère, la peintre Suzanne Valadon a “placé son fils à la campagne”(…) “pour lui éviter des dérives de boisson qui l’aurait conduit à son internement en hôpital psychiatrique”. Des témoignages font néanmoins état de “cuites retentissantes” prises en traversant la Saône pour aller dans le vignoble du Beaujolais! Si cet éloignement de Paris n’empêcha donc pas l’artiste de boire puisqu'”il échangeait à des personnes plus ou moins bienveillantes des œuvres qu’il peignait sur place contre des “pots-de-vin”, un vent d’optimisme souffla dans sa vie au point qu’il se maria en 1935 avec la veuve d’un riche banquier qui lui assura une existence très confortable. Sa palette aussi s’éclaircit avec des couleurs plus “joyeuses” telles que le montre la gouache en une, représentant le château de St Bernard, datée de 1934, 34 x 48,2 cm,  qui fit plus de 17 000 € et celle ci-dessous, 31,2 x 39,5 cm qui fit un tout petit peu plus (250€).SAM_7209

Frédéric Le Quer