Dangereuse russophobie

Par jeudi 27 janvier 2022 Permalink

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont en train de rappeler le personnel de leurs ambassades en Ukraine, et invitent leurs ressortissants à quitter le pays face au risque de conflit. “[Cela pourrait] déclencher une Troisième Guerre mondiale […], c’est fou et ne se serait jamais produit en ma présence” vient de déclarer Donald Trump raisonnablement. Mais 8.500 soldats américains ont reçu l’ordre d’être prêts à quitter leur base pour renforcer le flanc est de l’OTAN. D’après Biden, il y a une unanimité totale des européens derrière lui! Si c’est vrai, honte à nous! Depuis 30 ans, en dépit des engagements pris à la fin de la Guerre froide, affaiblir Moscou et réduire son influence est le but des américains. Et lorsque Moscou réagit face à leurs provocations répétées, son action est qualifiée d’agression. La Russie a néanmoins exigé la semaine dernière le départ des forces de l’Otan basées en Roumanie et en Bulgarie.

Cette détestation de la Russie de la part principalement des anglo-saxons est aussi irrationnelle que dangereuse. Les dirigeants de l’Ukraine actuellement très anti-russes, ceux d’avant qui ne l’étaient pas ont été virés du pouvoir par un putsch fomenté par l’oncle Sam, sont soutenus par les américains. Le pays reste toutefois divisé. Sans parler du Dombass, beaucoup d’ukrainiens en particulier vers Odessa, sur les bords de la mer Noire, ont les yeux de Chimène pour leur grand frère slave et n’attendent qu’une chose, leur rattachement à la Russie.

La politique intérieure américaine est peut-être la raison de ce délire actuel qui pousse à la guerre. À neuf mois des élections de mi-mandat, les sondages sont de plus en plus mauvais pour Joe Biden et Kamala Harris. Les Démocrates vont donc se retrouver en très mauvaise posture en novembre. Sans doute voient-ils une solution pour s’en sortir en rameutant un peuple patriote contre Poutine présenté comme le diable par la plupart des médias.

Cette russophobie ne fait pas reculer Moscou qui refuse de voir les troupes de l’OTAN armées l’Ukraine en menaçant ses frontières. Comment ne pas le comprendre? Malgré les craintes de lundi des marchés financiers internationaux, l’occident n’a pas d’autres choix qu’une retraite en rase campagne. Les Etats Unis savent maintenant que Poutine n’autorisera jamais l’Ukraine à entrer dans l’OTAN ou dans l’Union Européenne. Il reste la solution d’Eric Zemmour avec la finlandisation de ce pays, i. e. une neutralité sous une certaine influence russe inéluctable tant ces pays sont frères.

Frédéric Le Quer

Laisser un commentaire ?