Crispation et révolte populaire

Par samedi 18 janvier 2020 Permalink 1

Deux scènes importantes symptomatiques de l’état de crispation de la société française ont eu lieu hier.

Par ordre chronologique, la première s’est déroulée au siège de la CFDT. Le syndicat collaborationniste a été envahi par quelques dizaines de grévistes. C’est le symbole de l’état d’esprit de l’opinion publique. Cette centrale appelée réformiste par les libéraux est stipendiée par une bonne partie de la population. Les réformistes deviennent des jaunes dans l’état actuel de la mise à bas du système social. Réforme veut toujours dire moins de droit, moins d’avantages. Laurent Berger est le cheval de Troie du gouvernement et du grand patronat ( oui, je sais l’expression est d’un autre temps mais elle a pourtant tout son sens maintenant. Il ne s’agit évidemment pas du petit patron qui s’invente son job avec quelques employés). Berger a pour rôle de faire passer la pilule de la régression sociale. Il fait semblant de revendiquer et se couche quand c’est le moment prétendant avoir obtenu gain de cause comme avec l’âge pivot où il traduit éhontément provisoire par définitif. Le premier ministre est plus honnête que lui. Et maintenant Berger se lamente d’avoir ses locaux envahis quelques minutes. Tout le gouvernement est au chevet de la pauvre victime qui porte même plainte comme n’importe quel ennemi de classe le ferait contre un mouvement ouvrier un peu musclé. ça va le faire: la fille de Brigitte Macron avocate est ex stagiaire à la CFDT et défend les salariés encartés de l’organisation syndicale. Honte à Laurent Berger!

Evidemment la seconde scène est celle d’Emmanuel Macron tentant d’aller au théâtre à Paris comme si de rien n’était! Faut-il qu’il soit complètement déconnecté! Nulle part en France il lui est possible de sortir normalement tant il est impopulaire. Il existe une détestation physique à son encontre qu’aucun président avant lui n’a connu. Même François Hollande, je me souviens de l’avoir croisé un dimanche matin dans une rue avec Trierweiler accompagnés seulement d’un garde du corps qui se tenait derrière alors qu’il était déjà à l’Elysée. Personne ne l’ennuyait. Mais Macron… Macron c’est l’ennemi, celui qui s’emploie à ravager la France sur le plan social, sur le plan migratoire. C’est celui qui fait tabasser les manifestants par sa police et qui demande après à celle-ci de la déontologie! L’hypocrite! C’est celui dont la parole est mensongère. C’est celui qui parle et qui ne dit rien. C’est le néfaste, le nuisible élu par méprise, par bêtise aussi. Alors, maintenant, les français l’attendent au tournant dès qu’il met un pied dehors. Et ils le conspuent. La rue est au bord de l’émeute. Macron n’est plus qu’un facteur de déstabilisation, d’inquiétude, d’instabilité.

Le pouvoir macroniste a, semble-t-il, trouvé son chant du cygne avec la réforme des retraites. Les jacqueries redeviennent de saison.

Frédéric Le Quer

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