Corot, Jean-Baptiste Camille (1796-1875)

Par lundi 22 avril 2019 Permalink 1

En 1831, lorsque Corot expose un paysage au salon, jurées et critiques le qualifient d'”anti-classique” comme les oeuvres de Diaz, Dupré, Rousseau et Huet au même moment. Faire du paysage le sujet principal d’un tableau est en France, à cette époque, une petite révolution. Au milieu du siècle tous les critiques rendront néanmoins hommage au talent de Corot. S’il peint en plein air, sur le motif, Corot achève ses toiles en atelier. “J’ai remarqué que tout ce qui est fait au premier coup d’œil était plus franc, plus poli de forme et qu’on savait parfois profiter de beaucoup de hasard, tandis que lorsqu’on revient, on perd souvent cette teinte harmonieuse primitive. Après mes excursions, j’invite la nature à venir passer quelques jours chez moi; c’est alors que commence ma folie: j’entends chanter les oiseaux, les arbres frissonner sous le vent; je vois couler les ruisseaux et les rivières chargés de mille reflets du ciel et de tout ce qui vit sur les bords; le soleil se couche et se lève chez moi”, dit le peintre habité par son art. Théophile Gautier pense de lui qu’il est né sur “les genoux des muses”! Et les muses vont le suivre partout, en Normandie, en Bretagne, en Bourgogne, en Saintonge, en Picardie, en Auvergne, en Provence, dans la région parisienne bien sûr avec les barbizonniers… Et puis en Suisse, aux Pays-Bas, en Angleterre et en Italie où ses représentations de la campagne romaine illuminent plusieurs salles du musée du Louvre.

Des tableaux signés Corot, on en voit beaucoup en salles des ventes. Quasiment tous sont faux. Il faut dire que le maître ne se formalisait pas quand ses confrères moins doués signaient leur toile de son nom pour se faire un peu d’argent!!! Citons deux résultats. En une, la petite huile sur toile “Souvenir des environs de Montpellier” 17 x 30 cm, fit chez Beaussant Lefèvre à Drouot, le 22 février 2017 137 496 €. Cidessous, une oeuvre des débuts de Corot, à quatre mains avec le peintre Théodore Caruelle d’Aligny, “Environs de Rome”, vers 1828, huile sur papier 26 x 55 cm vient le 27 février dernier de faire 67 600 € à Drouot chez Leclere ovv.

Frédéric Le Quer

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