Convergence des luttes quartiers – ronds points?

Par dimanche 9 juin 2019 Permalink 1

La convergence des luttes entre gilets jaunes et la banlieue semblait être hier d’actualité pour l’acte 30. Quand on dit banlieue, dorénavant, on dit islam. Quand on dit gilets jaunes et ronds points, on dit lutte des classes qui s’accompagne d’un certain nationalisme, en réaction à la classe dirigeante mondialisée et hors sol. Alors, le mouvement s’égare-t-il?

La question n’est pas d’avoir des noirs et des arabes parmi les gilets jaunes. Il y en a depuis le début. Ceux qui viennent se sentent français. R A S. Mais les personnes que les gilets jaunes tentaient de récupérer entre St Denis et Bobigny font partie d’une population avant tout musulmane, s’en revendiquant, pour qui il est, par exemple, impossible de ne pas jeûner actuellement et pour qui des lois dérogeant aux lois de la république s’installent où ils vivent. Par ailleurs, l’affaire Finkielkraut est révélatrice, quand l’islam est représenté en tant que tel, l’antisémitisme n’est jamais bien loin. Les racines du mouvement des gilets jaunes sont, au contraire, profondément françaises. Trop françaises pour ce genre de rapprochement. Et les habitants du 93 ne s’y trompèrent d’ailleurs pas en regardant défiler les manifestants du haut de leurs fenêtres, exactement comme font les bourgeois parisiens quand le VIe arrondissement, par exemple, est traversé! Les problèmes des français de souche ne sont pas ceux des cités. La diversité n’est pas l’affaire des gilets jaunes.

Evidemment, la convergence des luttes entre ces deux groupes qui n’ont pas grand chose en commun, créerait une véritable explosion sociale. Elle n’est pourtant pas probable. La parcellisation du territoire national fait qu’il n’y a rien de commun entre les ronds points et les quartiers. Ils sont loin les uns des autres et les habitants du péri urbain ne rêvent pas de vivre à La Courneuve! Leurs intérêts divergent. Mieux, le business des quartiers ne s’est jamais s’y bien porté depuis que la police est mobilisée contre les ronds points!

Cette voie sans issue, car même si elle était empruntée, la question serait de savoir qui profiterait de l’autre camp au bout du chemin, effraie néanmoins nos médias qui se gardent bien d’en discuter, eux qui aiment tant les débats! Le pouvoir la craint surement à tort, mais il est tellement loin de la population qu’il ne comprend pas grand chose au pays qu’il dirige.

Frédéric Le Quer