Compagnon de la libération

Par mercredi 13 octobre 2021 Permalink 1

-Candidat suivant

-Emile Dumoulin, compagnon de la libération de passage à Cajarc.

-Votre question!

-Est-ce que le schmiblick a fait 39-40?

-Non Monsieur, non!

-ça ne m’étonne pas; ce sont tous des planqués à la télévision.

Et la France entière de se gondoler en écoutant le sketch de Coluche des années 70 avec ce candidat à un jeu radiophonique à qui l’humoriste donnait un comportement ridicule, très militaire et bien trop raide pour une émission complètement loufoque. Les français toujours prompts à se moquer des classes privilégiées riaient aussi de la répartie du compagnon de la libération qu’ils trouvaient bien sentie.

Il s’agissait de la France d’il y a quarante ou cinquante ans plus à l’aise dans l’autodérision que dans la glorification des figures emblématiques de son histoire. Cette attitude fut comme un cancer qui diffusa des métastases dans toutes les couches sociales aboutissant à ne plus prendre la France au sérieux. Cet état d’esprit trop frondeur a fait qu’il a fallu attendre maintenant pour qu’une certaine population se lève et veuille défendre la patrie en danger. Mais la société pervertie semble incapable de rattraper ces années perdues. Les apôtres du reniement tiennent encore la barre bien ferme.

Hubert Germain, le dernier des compagnons de la libération est mort. Les médias qui il y a quelques temps l’auraient ignoré, s’en émeuvent. C’est un pas vers la réhabilitation du passé, un pas qui tente petitement d’aller à contresens des déclarations présidentielles tendant les unes après les autres à nous rendre responsables, coupables de tout, à nous excuser systématiquement, à battre notre coulpe, à nous dévaloriser avec entrain. Avec Macron, la diplomatie des excuses sabote le sentiment national.

En votant dans quelques mois les français devront se souvenir qu’ils ne sont pas les bouffons que leurs dirigeants voudraient qu’ils soient. L’ironie n’est plus de mise quand l’heure est si dramatique, quand il en va de la survie du pays.

Frédéric Le Quer

Laisser un commentaire ?