Colère sociale

Par mardi 3 avril 2018 Permalink 5

La colère sociale va enfin devenir visible. Celle des chômeurs, des temps partiels, des petites gens n’a aucun poids politique. Les dirigeants la regarde de haut, lèvent les sourcils et poursuivent leurs objectifs. En revanche, la colère des salariés mieux insérés que les premiers, dont le travail a un impact sur la vie de la nation, pose un vrai problème à la ploutocratie. Ce sont des heures de travail perdues, des chiffres d’affaires amoindris, des bénéfices érodés quand les conflits durent. Une convergence des luttes naît en ce printemps 2018. La SNCF (concurrence et statut), Air France (salaire), Carrefour (salaire), le secteur de l’énergie (salaire), les éboueurs (salaire), les étudiants (sélection à l’entrée du supérieur) ont commencé. Imaginons un instant que demain les enseignants rarement en retard d’une grève, la poste idem, les raffineries, les routiers vu le prix du diesel rejoignent le mouvement et le pays est totalement à l’arrêt. Ce n’est pas utopique de penser ça possible. Quand les citoyens auront compris qu’ils ont beaucoup moins à perdre que leurs patrons (du public ou du privé), les raisons pour eux de rentrer dans le rang seront difficiles à trouver et ce n’est pas la propagande Bouygues, Drahi ou Bolloré qui y changera quoique ce soit. A ce propos, signalons que dans l’hystérie anti gréviste de tous les médias, la radio France Culture semble savoir raison gardée!

En élisant Macron, les citoyens ont rêvé “changement” comme dans les années 70 un chanteur rêvait “New York”. Rien n’était incarné. Les français n’ont pas vu venir l’ultralibéralisme bruxellois tant ils croyaient en l’état providence. Personne ne leur a parlé du creusement exponentiel des inégalités, de leurs fins de mois toujours plus compliquées avec en parallèle des milliards s’étalant avec vulgarité et indécence dans certains milieux alors qu’eux ont du mal à voir la queue d’un euro! Les affidés des riches dans notre régime devenu une kleptocratie se démènent actuellement pour faire passer la pilule aux pauvres. Ils leur promettent des lendemains qui chantent pendant que des présents enchanteurs sont déjà offerts à ceux qui n’en ont pas besoin. Mais le peuple comme Sœur Anne il ne voit rien venir! “Rien à perdre”, alors, pourrait devenir le slogan d’un printemps comme la France sait en concocter…

Frédéric Le Quer