Chu Teh-chun (1920-2014)

Par Dimanche 11 mars 2018 Permalink 2

Quand une toile de Chu Teh-chun passe en salle des ventes aux enchères, c’est dorénavant l’assurance d’avoir au moins un résultat à six chiffres au cours de la vacation! Le peintre chinois naturalisé français a pourtant gardé une cote raisonnable tout au long du XXe siècle. Il a vécu à Vitry sur Seine, la banlieue rouge, rythmant son travail de quelques voyages dans sa Chine natale où Lin Fengmian avait été son professeur. En Europe, comme tout le monde il admire Cézanne, mais surtout la découverte de l’oeuvre abstraite de Nicolas de Stael influence ses créations. Son oeuvre marquée dorénavant par ses représentations mentales sans contraintes géométriques exprime une émotion ambivalente due à une palette allant des rouges chauds ou violents aux bleus rappelant l’élément liquide. En une, la toile datée 1984-1986, intitulée “Joie”, 140 x 111 cm, fut acquise le 15 décembre 2013 chez Herbette svv à Doullens 797 706 € par le commerce asiatique.

Comme vous le voyez, Chu Teh-chun flirte entre un expressionnisme abstrait à rapprocher de l’action painting américain et l’abstraction lyrique plus féminine, plus sensuelle. L’aquarelle ci-dessous, 37,6 x 53,4 cm, vers 1965, est un autre exemple de ce mixte et fut adjugé chez Millon 0vv le 6 mars 2017 59 800 € (les dessins sont moins chers que les huiles, naturellement).SAM_6473

Le geste du peintre qu’on imagine fiévreux, créateur et une palette lumineuse et large procurent un trouble universellement éprouvé de l’orient à l’occident. Mentionnons encore la toile ci-dessous, 81 x 65 cm, qui le 16 décembre 2017 chez Aguttes ovv à Drouot fit 150 450 €.SAM_6475

Et finissons par celle titrée “Automne”, 196 x 98 cm, de 1978, qui chez Kapandji-Morhange et Lombrail-Teucquam se vendit le 9 juin 2016 à Drouot, 693 000 €.SAM_6476

Frédéric Le Quer