Chemnitz et ses leçons

Par dimanche 2 septembre 2018 Permalink 11

Ils étaient plus de 8000 à manifester hier samedi à Chemnitz. Une partie défilait en faveur de la politique migratoire de Merkel, sous le style de bannière, “Le cœur est plus fort que la haine”, dont la confondante mièvrerie était peut-être faite pour provoquer l’adversaire… Sait-on jamais? L’autre partie contre l’immigration se réunissait, comme elle se réunit depuis 1995 en Saxe (ça commence à faire long!), pour justement contester la politique migratoire du pays. Un peu de castagne au moment de la dispersion des deux défilés, mais sinon tout s’est passé sans incident.

Coté médias, les journalistes ont l’air fâché que tout le monde sache que ce sont des demandeurs d’asile qui ont tué le jeune allemand de Chemnitz. Si l’acte en lui-même ne semble pas les choquer plus que ça, sa dénonciation publique, probablement par une fuite au sein de la police, est à leurs yeux plus grave encore en témoignant d’une collusion entre l’extrême droite et l’administration. La propagande trouve des angles d’attaque parfois sidérants!

Coté politique, le parti AfD qui dans le Land de Saxe rassembla 27% des suffrages aux dernières élections, est évidemment sur la brèche. Les autres partis crient à la récupération qui attise “la haine de la rue”. Vue la tension actuelle, un nouveau meurtre d’un allemand par des migrants conduirait sans aucun doute à des scènes de lynchage.

Incontestablement la Willkommenspolitik a du plomb dans l’aile. Incontestablement, l’agitation actuelle révèle combien les habitants de Chemnitz se sentent en insécurité. Incontestablement aussi, celle-ci est due à l’immigration voulue par la chancelière. Incontestablement enfin, le mal-être de la population, au lieu d’être regardé avec compassion par les élites allemandes et la presse internationale officielle, est stigmatisé avec suffisance comme une réaction xénophobe.

Mais Chemnitz reflète aussi les ratés de la ploutocratie européenne. Heureusement qu’elle n’est pas infaillible! Après avoir étouffé toute velléité de contestation de la vague migratoire, elle est dorénavant, alors qu’elle croyait avoir gagné définitivement, tout près de devoir faire marche arrière dans son projet de “grand remplacement”. Une population à la culture judéo chrétienne manifeste enfin, dans de plus en plus d’endroit à l’intérieur de l’UE, un instinct de survie qui rend la propagande pour l’accueil des exilés presque vaine.

Rien n’est cependant joué. Des reportages sur des migrants en Amérique du sud, en Birmanie, en Inde ou n’importe où ailleurs, sont diffusés à l’envi pour faire pleurer dans les chaumières. On voit vite le sens subliminal de ce genre d’information! Et puis certains hommes politiques comme Le Drian n’hésitent pas à rejeter par avance une Union Européenne dont l’assemblée ne serait pas composé comme ils le veulent. On sait depuis longtemps que le sens de la démocratie des européistes s’arrêtent quand ils perdent une élection.

L’Union Européenne, loin d’être la paix, est vecteur de guerre civile. Les élections du printemps prochain vont être animées. Chemnitz n’est qu’un avant goût.

Frédéric Le Quer