Charlie, vous avez dit Charlie?

Par lundi 8 janvier 2018 Permalink 8

Trois ans après, qu’est-ce que veut dire être Charlie? Moins d’un jeune sous la trentaine sur deux se dit l’être. Tout le monde se souvient de ce grand défilé dans la veine pétainiste d’un dimanche après-midi sous la bannière de “Je suis Charlie”. Pétainiste, parce qu’il s’agissait d’une France voulant collaborer avec l’ennemi à condition surtout qu’on ne la maltraitât plus. Une France de lâches plongée dans les compromissions. Une France de déserteurs refusant le combat la peur au ventre. Une France unie comme elle le fut sous Pétain. Le parti socialiste était en première ligne, un peu comme la gauche fut avec l’extrême droite en première ligne à Vichy. “Je suis Charlie”, c’était accepté l’immigration à outrance, l’envahissement, cette diversité qui pousse la population de renoncement en renoncement à oublier ce qu’elle est et ce qu’elle doit à ses ancêtres pour laisser un autre peuple se constituer sur son territoire. On retrouve ce genre de phénomène en biologie avec un organisme qui petit à petit détruit celui dans lequel il est venu s’installer.

Mais depuis quelques temps un glissement sémantique se dessine dans la notion “Je suis Charlie”. L’idée de résistance émerge à tel point que les grands médias tous favorables à la capitulation évitent maintenant de se revendiquer comme Charlie. Charlie apparaît être un nom un peu trop occidental! Et puis Charlie rappelle tous les massacres de l’époque Hollande. Nos maîtres aimeraient qu’on les oublie un peu. Ils commémorent (comment faire autrement?) mais ne discourent plus. L’antisémitisme? Ce serait bien de banaliser un peu et Gallimard s’en charge… Les chrétiens? Ils commencent à abuser à aller en masse aux messes de Noel ou de Pâques et ce serait bien qu’ils se convertissent à l’islam: le pape s’en charge! Les laïcards? Une partie fait le job et dénonce systématiquement avec force tout ce qui est judéo-chrétien, mais une autre ne lâche pas les musulmans en vilipendant leur hégémonisme… Et Charlie commence à ressembler à ces derniers. Charlie devient “non à l’islam”. Charlie devient le symbole de la liberté d’expression. Charlie devient la résistance au totalitarisme, à la théocratie rampante. Charlie devient réactionnaire!

Ici, si ça continue on va peut-être bientôt devenir Charlie.

Frédéric Le Quer