Charles-Henri Contencin (1898-1955)

Par dimanche 29 décembre 2019 Permalink 1

Tout chalet de montagne digne de ce nom appartenant à un propriétaire argenté arbore sur un mur un tableau de Charles-Henri Contencin. L’artiste est devenu un must surtout dans les Alpes. De ses prédispositions pour le dessin et de son enfance chez sa grand-mère dans l’Oberland bernois lui est venue une oeuvre faite de neige, de glaciers, de névés, de piques rocheux, de pentes abruptes et de petits villages portant haut leur clocher avant la ruée vers l’or blanc. Bien sûr, il fit partie de la Société des peintres de montagne. Ce qui a plu et qui plait toujours dans les toiles ou les panneaux de bois de Contencin, c’est cette lumière extraordinaire des hauts sommets qu’il reproduit comme nul autre pareil grâce à une palette très claire que quelques touches vraiment sombres viennent brutaliser.

Régulièrement, grâce à sa production abondante, Charles-Henri Contencin passe dans les salles des ventes. Quelques prix: en une, “Eglise du Tour”, huile sur isorel, 46 x 55 cm, proposée par Blanchet & associée à Drouot le 20 décembre 2017, fit 23 940 €. Ci-dessous “Le vieux village de Val d’isère”, huile sur isorel 46 x 65 cm était vendu par la même maison spécialisée dans les tableaux de montagne, le 30 mars 2017, 19 530 €.

Les budgets plus serrés pouvaient s’offrir chez De Baecque & Associées à Drouot le 18 janvier 2017 “Le glacier blanc dans le massif des Ecrins”, une huile sur panneau, 27 x 41 cm, pour 5 250 € (juste ci-dessous) ou, (image un peu plus bas) à nouveau chez Blanchet, le 30 mars 2019, “Le lac blanc et l’aiguille Verte”, 54 x 75 cm, pour 7 749 €.

Pour conclure, je ne résiste pas, un peu de Jean Ferrat: “Ils quittent un à un le pays Pour s’en aller gagner leur vie Loin de la terre où ils sont nés Depuis longtemps ils en rêvaient De la ville et de ses secrets Du formica et du ciné Les vieux ça n’était pas original Quand ils s’essuyaient machinal D’un revers de manche les lèvres Mais ils savaient tous à propos Tuer la caille ou le perdreau Et manger la tomme de chèvre Pourtant que la montagne est
belle Comment peut-on s’imaginer En voyant un vol d’hirondelles Que l’automne vient d’arriver ? Avec leurs mains dessus leurs têtes Ils avaient monté des murettes Jusqu’au sommet de la colline Qu’importent les jours les années Ils avaient tous l’âme bien née Noueuse comme un pied de vigne Les vignes elles courent dans la forêt Le vin ne sera plus tiré C’était une horrible piquette Mais il faisait des centenaires A ne plus que savoir en faire S’il ne vous tournait pas la tête Pourtant que la montagne est belle Comment peut-on s’imaginer En voyant un vol d’hirondelles Que l’automne vient d’arriver ? Deux chèvres et puis quelques moutons Une année bonne et l’autre non Et sans vacances et sans sorties Les filles veulent aller au bal Il n’y a rien de plus normal Que de vouloir vivre sa vie Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires De quoi attendre sans s’en faire Que l’heure de la retraite sonne Il faut savoir ce que l’on aime Et rentrer dans son H.L.M. Manger du poulet aux hormones Pourtant que la montagne est belle Comment peut-on s’imaginer En voyant un vol d’hirondelles Que l’automne vient d’arriver?”

Frédéric Le Quer

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