Charles Cordier (1827-1905)

Par dimanche 22 décembre 2019 Permalink 1

Les statues orientalistes de Charles Cordier font de lui un artiste ethnologue à la production réaliste, domaine quasi scientifique inhabituel au XIXe siècle. C’est à Paris avec pour modèle un esclave soudanais affranchi qu’il se frotte à cette matière nouvelle dans le domaine de la sculpture. Puis ce seront les voyages en Afrique et en Asie qui donneront à son oeuvre une profondeur permettant à l’amateur d’art occidental de caractériser certains groupes humains vivant dans les colonies françaises. Le travail de Charles Cordier ne se limite néanmoins pas à l’exotisme des habitants des terres lointaines et il participe aux grands chantiers parisiens comme l’Opéra sous Napoléon III. On peut voir en une qu’il ne dédaigne pas laisser courir ses ciseaux sur un marbre blanc pour valoriser un sujet princier. Il s’agit d’un buste de la princesse Mathilde Bonaparte haut de 90 cm signé sur le piétement que Prunier ovv à Louviers a adjugé le 18 juin 2017 57 700 €.

Les charmes de l’Afrique et particulièrement de l’Algérie l’obsède néanmoins au point de transformer son atelier parisien en un décor mauresque du plus bel effet. Il utilise le marbre onyx d’Algérie dont les carrières viennent d’être découverte et aime à jouer sur la patine de ses bronzes. Ci-dessous, la “Chanteuse mauresque”, épreuve en bronze à patine brune foncée signée sous le bras gauche, 43,5 cm a été vendue à Alençon par Orne enchères le 1er décembre 2018 43 050 €.

L’original valant toujours mieux que la copie Charles Cordier finira ses jours en Algérie.

Frédéric Le Quer

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