C’est Molière qu’on assassine!

Par mercredi 17 février 2021 Permalink 2

Si la diversité ne va pas à Molière, Molière ira à la diversité. Les cerveaux s’activent pour réécrire les pièces de notre plus grand auteur dramatique dont la langue n’a plus l’heur de séduire. L’exigence de Tartuffe, “Cachez ce sein que je ne saurais voir!” est en train de se transformer en “Zy vas, mets ta burqa, zarma!”. Mais les traducteurs hésitent encore à cause des “s” à “vas” et à “mets” qui fleurent les formes colonialistes venues tout droit du privilège blanc. En revanche une belle unanimité a accueilli la traduction du “On n’a pas besoin de lumière, quand on est conduit par le Ciel” de la pièce “Dom Juan ou le festin de pierre” par un simple “Allah akbar”. Quant à “L’école des femmes” et au “du coté de la barbe est toute la puissance”, il a été décidé de laisser intact l’alexandrin. Mais sans le dire,  poussant ainsi hypocritement la diversité à faire des vers sans le savoir… Encore une vacherie d’impérialiste!

On est toutefois heureux de voir que tout ça suit son petit bonhomme de chemin, la prochaine étape étant de changer la troupe du Français pour en faire quelque chose de racialiste et intersectionnelle. Heureusement des tournures de phrases décadentes usitées au XVIIe siècle, il ne restera rien. Du passé, faisons table rase, malgré quelques mères de familles bourgeoises et réactionnaires qui, me suis-je laissé dire, veulent continuer en cachette à faire ingurgiter des temps révolus comme le passé simple à leurs enfants et s’obstinent à acheter des versions originales du “Club des cinq” canal historique. Honte à celles et ceux, euh, faites excuse, honte à celleux, se complaisant dans des formes grammaticales inégalitaires et donc racistes!

L’identité linguistique française se doit d’être la figure de proue d’une mondialisation heureuse. Parler français, pourquoi pas, à la rigueur, mais le baragouiner, c’est mieux!

Frédéric Le Quer

 

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