Paulin, Pierre (1927-2009)

Par Dimanche 8 avril 2018 Permalink 1

Le citoyen connait Pierre Paulin pour avoir visité ou vu à la télé la salle à manger et le fumoir qu'il a aménagés dans les appartements privés de l'Elysée pour les Pompidou en 1971. Ces curieuses pièces ont séduit François Mitterrand qui dix ans plus tard demande au designer de meubler son bureau du salon doré. On retrouve la patte de cet officiel de la création française de la deuxième partie du XXe siècle à la maison de la radio, à l'exposition universelle d'Osaka en 70, à la gare de Lyon, à celle de Versailles, sur Airbus pour Air Inter, etc... Etudiant à la prestigieuse école Camondo, Pierre Paulin est d'abord sculpteur comme son grand oncle avant de se lancer dans le design comme son oncle, designer automobile. Cette voie lui apporte gloire et célébrité en lui permettant de mettre son imagination débridée au service d'une époque férue de concepts novateurs. Ses meubles sont demeurés des pièces emblématiques des années 70 et les créations de Pierre Paulin très datées attirent les collectionneurs. La table basse en une (h 31 cm, diam 100 cm) dessinée pour l'Elysée en 1972 avec un piétement éclairant fit chez Drouot estimation en mars 2017 50 840 €. ...

Fouace, Guillaume (1837-1895)

Par Samedi 7 avril 2018 Permalink 1

Guillaume Fouace ne fait pas partie de ces frondeurs marquant l'histoire de l'art à partie des années 1860 qu'on appellera plus tard les impressionnistes. Tous rejetés du Salon, lui y expose sans peine à partir de 1870. Sa facture classique aux tons sombres plait. Ses origines paysannes ne poussant pas l'artiste à se révolter contre ses aînés, il présente de très académiques portraits et paysages exaltant des existences modestes et silencieuses pour la plupart de sa région natale, la Normandie. Les choses en seraient restées là et Guillaume Fouace ne serait qu'un bon barbouilleur de plus parmi des dizaines d'autres au XIXe siècle, si celui-ci ne s'était mis à peindre des natures mortes. Toute son hyper sensibilité apparaît alors dans des arrangements méticuleux et intimistes et sa technique fait des prouesses. Les amateurs d'art d'aujourd'hui ne s'y trompent pas. Ce sont avant tout les natures mortes de Fouace qu'ils veulent s'offrir et ils sont prêts pour ça à dépenser des milliers d'€. Le plateau d’huîtres en une, une huile sur toile de 1883, avec une étiquette d'exposition de la galerie Charpentier, fut adjugé le 10 juin 2017 à Vannes par Jack-Philippe Ruellan ovv, 24 800 €. Le fromage sous cloche,  ci-dessous, ...

Drouot: Vente courante avec Félicien Rops ou pas!

Par Jeudi 5 avril 2018 Permalink 1

Hier à Drouot, chez Tessier Sarrou ovv, une bonne vente courante était organisée. Une bonne vente courante comme on n'en voit de moins en moins, hélas! Des objets divers et variés sur lesquels les acheteurs prennent leur responsabilité, pas de liste, pas de catalogue, sont proposés à une cadence élevée ne laissant que peu la place à l'hésitation de la part de celui qui est intéressé. Il faut foncer ou ne pas acheter. On n'est jamais tout à fait sûr, jusqu'au moment de rentrer chez soi, d'avoir acquis quelque chose de bien ou une cochonnerie de plus; il a fallu décider vite en faisant confiance à son coup d’œil! ça n'empêche pas une ambiance sympathique dans la salle comble grâce au commissaire priseur détendu. Son rôle est aussi d'être cool car les enchérisseurs ne doivent pas stresser, ni se poser trop de questions. Donner du rythme sans créer de tension est une alchimie pas facile à réussir... Donc, salle 1, au premier étage de l'hotel Drouot, la vente à l'encan débuta comme d'habitude par des livres. Les libraires parisiens s'agglutinaient autour de chaque lot proposé laissant peu de chance, à celui qui n'en était pas, d'acheter quoique que ce soit. D'ailleurs ...

Le Christ ressuscité

Par Dimanche 1 avril 2018 Permalink 1

Aujourd'hui c'est Pâques, le Christ est ressuscité et c'est parce qu'il est ressuscité que les chrétiens croient en lui. C'est LE moment clé de la religion chrétienne. Le jour J. L'événement qu'on y croit ou non, a changé le monde. S'il continue de provoquer des guerres et des destructions massives, il a donné de l'espoir à des milliards de croyants. L'espoir que la vie n'est pas vaine. L'espoir un jour de ressusciter d'entre les morts. L'espoir d'être aimé au point de voir Jésus Christ se sacrifier pour chacun des vivants. Le christianisme c'est l'amour mais pas un amour innommable, désincarné. L'amour des gens. Il ne demande pas d'oublier sa chair car c'est aussi la religion de la chair, du corps, de la souffrance. Au point de devenir une foi cannibale puisqu'on avale cette chair à la messe. Sans la croquer. Tout rond. Du pain azyme miraculeusement transformé en corps du Christ. Le christianisme est décidément une religion physique.  Et puis il y a ce personnage clé, Marie Madeleine, la pécheresse repentie, repentie grâce à son seigneur. Elle est la messagère,  celle qui voit et reconnait Jésus. Alors Jésus lui demande ou peut-être même supplie  "Ne me retiens pas!" Comme quoi cette ...

Jean Lurçat (1892-1966)

Par Samedi 31 mars 2018 Permalink 1

Jean Lurçat s'attache à développer ses talents de créateur sur de nombreux supports. Evidemment c'est au travers de la tapisserie qu'il est resté le plus connu du public. Mais sa première partie de carrière, entre les deux guerres, le voit se réaliser en tant que peintre bien qu'il ait déjà tâté de la tapisserie à ses début avec sa mère. . Dans les années 50, la poterie va aussi lui plaire et il dessine pour le centre potier de St Vicens de nombreux projets pour décorer les faïences. En peinture d'abord, un onirisme mâtiné de surréalisme apparaît souvent dans ses œuvres. La toile, ci-dessous, montre l'influence de son ainé Giorgio de Chrico mais aussi de Ozenfant et Le Corbusier. 65 x 100, elle appartient à la série Smyrne réalisée entre 1926 et 1927 et fut présentée par la Société stéphanoise d'enchères svv le 25 octobre 2013 avec une estimation oscillant entre 6 et 8000 €. Passons du coté des céramiques, matière qu'il travaille donc dans les Pyrénées Orientales! Leurs passages en salle des ventes ne laissent pas indifférents les collectionneurs qui retrouvent là la fantaisie des tapisseries. Ci-dessous, le vase de 72,5 cm de haut dessiné par Jean Lurçat, présenté à Aix ...

La manufacture de verre Venini

Par Dimanche 25 mars 2018 Permalink 1

La manufacture des verres Venini, propriété de Paolo Venini, sur l'île de Murano, au nord de Venise, apparaît en deux temps. Avec Giacomo Cappelin, Paolo Venini fonde en 1921 la maison Cappelin Venini & Cie en prenant Vittorio Zecchin comme directeur artistique pour s'inspirer des créations vénitiennes du XVIe siècle; puis, quatre ans plus tard, chacun crée sa propre société en s'allouant les services de verriers et de techniciens renommés comme Carlo Scarpa qui rejoint la maison Venini en 1932. Ci-dessous, le vase balustre opaque et coloré vers 1936, Venini et Carlo Scarpa, h 53 cm, fit le 7 mars 2012 à l'espace Tajan à Paris 2 550 €. Autre exemple, en 1937, avec la céramiste suédoise Tyra Lundgren qui supervise le travail d'après ses modèles confiés à Boboni l'un des meilleurs artisans verrier et crée le genre de vase ci-dessous estimé chez Piasa à Paris en 2014 entre 2000 et 3000 €. Paolo Venini est lui-même un créateur de talent. Le bol Murina gris et lattimo vers 1954, ci-dessous, h 12 cm, diamètre 21,5 cm fut adjugé chez Camard svv à Drouot pour 13 385 €. Cela ne l'empêche pas après guerre de s'entourer d'artistes de premier plan comme  Fulvio Bianconi, Gio Ponti et Tobia Scarpa. Cidessous, ...

Othon Friesz (1879-1949)

Par Samedi 24 mars 2018 Permalink 1

Jeune artiste, Othon Friesz extériorise la violence qu'il a en lui, par une palette sombre abusant des noirs. Il a 26 ans au commencement de la période fauve et naturellement, il en est avec Matisse, Vlaminck, Derain... Le peintre ne tombe pas du ciel en ce début du XXe siècle. Au Havre chez son professeur Charles Lhuillier, il a côtoyé pendant ses études Georges Braque et Raoul Dufy. Le fauvisme avec ses aplats de couleurs vives ne durera pas longtemps et Othon Friesz, sa fougue romantique s'estompant avec l'âge, va naturellement éclaircir sa palette en s'attachant à traduire sur la toile des atmosphères plus naturalistes. Avec la première guerre mondiale il reviendra néanmoins un temps aux couleurs sombres. Toute sa vie Othon Friesz fut une artiste reconnu, un peu trop peut-être sous l'occupation. On pourrait dire de lui qu'il devint commercial avec le temps, mais il ne chercha jamais à courir derrière les grands mouvements qui marquèrent l'histoire de l'art comme le cubisme ou l'abstraction. Il conserva toute sa vie son gout pour la tradition académique que le retour à l'ordre en peinture mis en exergue dans les années 20. Un catalogue raisonné de l'oeuvre d'Othon Friesz réalisé par Odile Aittouares est actuellement ...

Jean Souverbie (1891-1981)

Par Dimanche 18 mars 2018 Permalink 2

Jean Souverbie aime avant tout à peindre les femmes mais très différemment d'un Van Dongen ou d'un Domergue. Reconnu de ses pairs et aimé des galeristes et des critiques, il déclare à propos de son travail: " Il fallait revenir au sens de la construction et du rythme, à une organisation logique des lignes, des surfaces et des volumes, bref, à une rigueur obstinée chère à Léonard de Vinci." (La gazette Drouot n°1501). Cette affirmation à mettre à l'aune de la fascination du peintre pour les figures antiques, est en accord avec le sentiment d'une génération d'artistes qui adhérèrent au mouvement du "retour à l'ordre" en réinterprétant l'idéal classique. Jean Souverbie en accord avec lui-même maîtrise parfaitement son dessin et la composition de ses œuvres aux figures féminines sculpturales, hellénistiques, qui amènent l’artiste à être  qualifié parfois  de "cubiste antique". L'homme est aussi un admirateur de la manière classique, figurative du Picasso des années 20 et cela se voit. En une,  le "nu à la corbeille de fruit", 100 x 65 cm, vendu chez Millon svv, à Drouot, le 27 novembre 2013, fit 116 034 €. Souverbie qui a appris son métier à l'académie Julian et à l'académie Ranson, a aussi été ...

Lebasque et Truphémus sous le feu des enchères

Par Jeudi 15 mars 2018 Permalink 2

Deux artistes dont on a déjà parlé sur ce blog, étaient hier représentés lors d'une bonne vente listée à Drouot organisée par la maison de vente Le Mouel ovv. Henri Lebasque d'abord  et Jacques Truphémus ensuite étaient sous le feu des enchères. Les deux toiles de Lebasque, post-impressionniste typique, bourgeois, sage, appliqué, de bon gout, dont le sillon sur le marché de l'art est bien creusé depuis longtemps, un peu comme une valeur sure au niveau de quelques dizaines de milliers d'€ tout de même, étaient estimées entre 10 000 et 15 000 € chaque. Elles n'avaient rien de folichon! La nature morte ci-dessous, 59,5 x 81 cm, était un peu plus élaborée avec son bouquet sa table de jardin et son transat dans un patio comme aime à peindre l'artiste que celle plus bas représentant juste un bouquet, 46 x 33 cm. Les prix s'en ressentirent évidemment puisque la première fut adjugé 25 625 € alors que la seconde n'atteignit "que" 12 125 €, ce qui à mon avis était déjà bien payé... Les dessins de l'artiste (deux étaient présentés aussi) réputé surtout en tant que coloriste ne valent pas bien chers (à peine quelques centaines d'€). En fait le tableau ...

Chu Teh-chun (1920-2014)

Par Dimanche 11 mars 2018 Permalink 2

Quand une toile de Chu Teh-chun passe en salle des ventes aux enchères, c'est dorénavant l'assurance d'avoir au moins un résultat à six chiffres au cours de la vacation! Le peintre chinois naturalisé français a pourtant gardé une cote raisonnable tout au long du XXe siècle. Il a vécu à Vitry sur Seine, la banlieue rouge, rythmant son travail de quelques voyages dans sa Chine natale où Lin Fengmian avait été son professeur. En Europe, comme tout le monde il admire Cézanne, mais surtout la découverte de l'oeuvre abstraite de Nicolas de Stael influence ses créations. Son oeuvre marquée dorénavant par ses représentations mentales sans contraintes géométriques exprime une émotion ambivalente due à une palette allant des rouges chauds ou violents aux bleus rappelant l'élément liquide. En une, la toile datée 1984-1986, intitulée "Joie", 140 x 111 cm, fut acquise le 15 décembre 2013 chez Herbette svv à Doullens 797 706 € par le commerce asiatique. Comme vous le voyez, Chu Teh-chun flirte entre un expressionnisme abstrait à rapprocher de l'action painting américain et l'abstraction lyrique plus féminine, plus sensuelle. L'aquarelle ci-dessous, 37,6 x 53,4 cm, vers 1965, est un autre exemple de ce mixte et fut adjugé chez Millon 0vv ...