Harry Eliott (1882-1959)

Par samedi 16 mars 2019 Permalink 1

De son véritable nom, Charles-Edmond Hermet, le français Harry Eliott est un dessinateur dont le travail illustre des scènes de son temps avec humour et jovialité. Moines, courses hippiques, chasses, banquets conviviaux et scènes de voyageurs en diligence sont ses sujets de prédilection. Son anglomanie le pousse souvent vers une iconographie assez "british" avec une certaine naïveté voulue, recherchée même. Surnommé "le gentleman illustrateur normand", il crée de nombreuses affiches publicitaires pour des marques d'automobiles ou de cycles, des vins, des bières, des spiritueux, des biscuits, etc... S'il connait le succès de son vivant, sa fin de vie sera particulièrement triste puisqu'après la mort de sa femme, il sombre dans l'alcool et meurt totalement ruiné. Ses pochoirs s'aperçoivent souvent dans les ventes aux enchères et sont financièrement accessibles pour tout à chacun. En une les deux pochoirs, le bon repas et les crêpes, signés dans la planche en bas à gauche, 36,7 x 26,5 cm. Taches et jaunissement, se sont vendus hier chez Drouot Estimation, 37 €. La gravure ci-dessous, golf avec un caddie, 20 x 32 cm, en très bon état fit chez Estim Nation le 8 juillet 2018, 18 €. En revanche concernant les aquarelles d'Harry Eliott forcément plus rares, ...

Moulin à café de toutes les convoitises

Par jeudi 14 mars 2019 Permalink 4

"Moulin à café de forme entonnoir en fer forgé, sculpté et ciselé. La trémie tronconique est dotée d'un couvercle monté sur charnière à patte en forme de lambrequin. Le bouton poussoir figure un masque grotesque, tandis que le cache-entrée de la manivelle est en forme de cupule rehaussée d'une rosace. Sous le couvercle, le nom gravé du fabricant C BONIS ou Bonie (la graphie n'est pas évidente à déchiffrer). Circulaire à sa base, la noix est de section carrée en partie haute pour faciliter l'engagement des grains. La cage, sur laquelle vient se fixer l'étau fleurdelisé est agrémentée de moulures festonnées. Le conduit, tronconique et facetté, est doté de deux attaches dans lesquelles passaient les liens servant à maintenir le sac recevant la mouture. Montée sur un axe mouluré, la manivelle elliptique est de section dégressive sur toute sa longueur. Probablement Saint-Etienne. Début du XVIIIe siècle (bouton en bois tourné de la manivelle postérieur). Ce modèle est particulièrement soigné dans son exécution. Hauteur: 16 cm - Diamètre: 10,9 cm" C'est le descriptif de la maison Fraysse à Drouot qui vendait, ce jour 14 mars 2019, cet objet, en une, estimé entre 2 000 et 3 000 €. Objet rare et ancien incontestablement. ...

Toulouse Lautrec et les affiches

Par samedi 9 mars 2019 Permalink 2

Quand Henri de Toulouse Lautrec demande à son ami Pierre Bonnard de l'emmener chez l'imprimeur Ancourt, il se fait initier à la technique de la lithographie. A partir de 1893, il compose ses affiches directement sur la pierre calcaire sans dessin préparatoire. Le génie inventif de l'artiste révolutionne l'art de la publicité rendu possible par la loi du 29 juillet 1881 qui consacre la liberté de la presse et la liberté d'affichage. Ses cadrages brutaux, l'utilisation de couleurs a minima, l'audace de ses portraits sont les caractéristiques de son travail qui marque indubitablement le monde de la Belle Epoque avec Montmartre, ses filles et son french cancan. Les collectionneurs ne s'y trompent pas et les prix des affiches originales de Toulouse Lautrec font régulièrement de beaux scores. L'affiche originale en une de 1893, 124,1 x 91 cm, premier état, imprimée par Chaix à Paris, représentant Jane Avril, danseuse star au Moulin Rouge, observez le cadrage incroyable avec le violoncelliste au premier plan, fut adjugée le 26 janvier 2019 chez Villefranche sur Saône ovv, 19 375 €. La passagère du 54, promenade en yacht, ci-dessous, lithographiée par Toulouse Lautrec, se pavanait à hauteur de 8 932 € le 25 mars 2017 ...

Dessin d’Eugène Delacroix (1798-1863) à Drouot

Par jeudi 28 février 2019 Permalink 1

La perfection glacée et la précision absolue dans l'étude d'un modèle ne sont pas la tasse de thé d'Eugène Delacroix. Le révolté, certainement pas extrémiste pour autant, rejette les normes de l'académie avec son insistance pour une reproduction exacte. Les effets de couleurs sont son grand oeuvre pour placer son art au service de l'imagination. Il préfère Rubens à Raphael. Toutefois ses études n'en sont pas moins nombreuses et une feuille de loin en loin apparaît lors d'une vacation à l'Hotel Drouot. C'était le cas chez Muizon Rieunier ovv ce 27 février 2019 avec les " Deux études de bras " en une, crayon noir, cachet d'atelier en bas à gauche, quelques rousseurs, légèrement insolé. Le négoce internationale, une maison britannique, se l'est offerte pour 2 125 €, son acheteur en salle se bagarrant contre un téléphone. L'oeuvre est assez modeste mais son auteur fait partie des plus grands. Cette même feuille a d'ailleurs été vendue le double en juin dernier... Curieux! On peut comparer ce résultat avec celui de l'étude de dos d'homme et de bras, ci-dessous, crayon noir, 19 x 26 cm, cachet en bas à droite, vendue chez Beaussant Lefèvre ovv le 7 mars 2018, 8125 €. Beaucoup ...

Gustave Doré (1832-1883)

Par dimanche 24 février 2019 Permalink 1

Le jeune prodige du dessin, Gustave Doré, marcha très tôt dans les pas d'Honoré Daumier. "Je n'avais d'autre idée que de me hisser à la carrière des arts", dira-t-il plus tard. Ses caricatures d'abord le rendent célèbre. Ses illustrations, il en réalise près de 10 000, pour des monuments littéraires tels que la Bible, Rabelais, Milton, Cervantès, Shakespeare, Balzac, Poe, Perrault, La Fontaine, marquées par une imagination incroyable assoiffée de détails, font preuve d’innovations graphiques dont l'influence est encore perceptible de nos jours, par exemple dans les lumières du cinéma fantastique ou plus directement dans le travail des étudiants en illustration lui rendant régulièrement hommage. Le crayon de Doré recherche l'effet saisissant plus qu'une esthétique du beau surement un peu mièvre à son gout. Peut-être cela jouera-t-il sur ses échecs répétés de son vivant en tant que peintre, un centaine de tableaux à son actif ou sculpteur, une cinquantaine de réalisations avec par exemple le monument en bronze d'Alexandre Dumas père toujours visible à Paris, arts dans lesquels il rêvera jusqu'à la fin de sa vie de s'imposer sans y parvenir. La lithographie dédicacée à David d'Angers, en une, représente l'allégorie du suicide de Gérard de Nerval par pendaison avec l'accès ...

Bourdelle, Emile Antoine (1861-1929)

Par samedi 16 février 2019 Permalink 1

La réputation d'artiste d'Antoine Emile Bourdelle ne fait que croître toute sa vie et c'est à l’apogée de sa carrière qu'il meurt en 1929. A seulement 15 ans Antoine Bourdelle sculpte un buste d'Ingres, natif comme lui de Montauban et entre à l'école des Beaux Arts de Toulouse. A 23 ans il monte à Paris où tout se joue pour un jeune ambitieux. Repéré au Salon de Artistes Français, il obtient une médaille à l'exposition universelle de 1889. Bourdelle rejoint ensuite l'atelier Falguière puis celui de Jules Dalou. Sa rencontre avec Rodin est décisive et il devient pendant 15 ans l'un de ses praticiens. Dans cet atelier, le sculpteur travaille tout type de support et sa façon de penser les visages avec, par exemple, la série des bustes de Beethoven, le rapproche du grand maître. D'importantes commandes publiques comme celle de Montauban, un monument aux morts de la guerre de 1870, 8 ans de travail, ou celle en la mémoire du général Alvéar en Argentine, 11 ans de travail, vont lui permettre de voler de ses propres ailes. Toute son existence, Antoine Bourdelle sculpte, moule, taille, pétrit. Si à la fin de sa vie il envisage de créer un ...

Pierre-Paul Rubens (1577-1640)

Par samedi 9 février 2019 Permalink 1

Pierre-Paul Rubens a l'art de donner à ses tableaux de l'animation, du mouvement, de la vie. Son existence est sur le même tempo. Ses commandes affluent de toute part. Des artistes de l'époque viennent suivre nombreux son enseignement heureux de travailler sous sa direction. Après qu'il ait peint une petite esquisse, ses élèves exécutent le gros de l'oeuvre. Le maître ne revient qu'à la fin pour rectifier, embellir, amener cette magie qui fait de ses compositions des chefs d'oeuvre. Sa réputation à travers l'Europe est extraordinaire. Il magnifie les puissants et sert leur politique par des toiles exaltant leurs vertus. Rubens, voyageant d'une cour à l'autre en grand seigneur, remplit aussi des missions diplomatiques. Mais toujours l'art reste au cœur de son existence et il trouve le temps de correspondre en latin avec d'autres érudits sur des sujets comme l'archéologie. Cet homme hors norme, très ami avec Jan Brueghel dit de Velours avec qui il collabore, (ce dernier peint les fleurs) a de nombreux disciples dont le plus célèbre est Anton Van Dick (1599-1641). Une exposition en 2015 à la Royal Academy of Arts de Londres avait pour titre: "Rubens et son héritage: de Van Dick à Cézanne". Il y ...

Verlinde, Claude né en 1927

Par samedi 2 février 2019 Permalink 1

Les tableaux de Claude Verlinde boudés des musées français mais recherchés par les collectionneurs, sont exposés dans le monde entier, des États-Unis au Japon, de Bruxelles à Montréal. Ce français aux parents flamands intègre l'académie de la Grande Chaumière. Ses origines peut-être le poussent à s'inspirer de la peinture fantastique primitive avec des maîtres tels que Cranach, Bosch, Ensor. Il participe dans les années 60 au réalisme fantastique, mouvement de contre culture qui aime à s'intéresser aux phénomènes paranormaux, à l'alchimie, aux anciennes civilisations disparues, aux ovnis et à la futurologie. Il écrit dans la revue Planète fondée par Louis Pauwels qui met en exergue: "Rien de ce qui est étrange ne nous est étranger". Dans son atelier, se trouvent des livres sur l’alchimie, l’anatomie, les ex-voto... Avec un tel pedigree, vous devinez que les peintures de Claude Verlinde sont étranges, déconcertantes, inquiétantes. Et ça ne fait même pas peur à ceux qui apprécient son travail. La preuve: Le tableau en une, ronde surréaliste de 1972, 46 x 61 cm, était estimé entre 8 000 et 10 000 € lors d'une vente chez Quimper enchères le 13 décembre 2014. Celui ci-dessous intitulé "le parfum" se vendit 20 000 € plus ...

Camille Pissaro (1830-1903)

Par samedi 26 janvier 2019 Permalink 2

Le danois Camille Pissaro ( et oui, il garde sa nationalité jusqu'à sa mort!), débute sa carrière d'artiste aux Antilles où il est né et au Venezuela. En 1855, il vient en France puis il expose au Salon "sans éveiller le moindre intérêt du public" dixit John Rewald dans sa monographie de Cézanne. D'ailleurs le peintre est en opposition constante avec les autorités officielles et participe à partir de 1863 au Salon des refusés avec tous les futurs impressionnistes si célèbres de nos jours. Mais même là, des années durant, E. H. Gombrich dans son "Histoire de l'art" explique: "Devant un tableau comme cette "impression" de boulevard au soleil", en une, visible à Washington, "oeuvre d'un des esprits les plus systématiques de l'impressionnisme, ce public refusait de se reconnaître dans la série de taches informes qui figure la foule des passants. C'est l'idée abstraite d'une foule et des individus la composant qui les empêchait de regarder sans préjugé." A la différence de ses collègues épris de Turner, Pissaro se réclame des grands classiques de la peinture française du XVIIIe siècle sans doute porté par son amour de la nature qui vient de son enfance "ce qui fait que nous sortons ...

Lin Fengmian (1900-1991)

Par samedi 19 janvier 2019 Permalink 2

Certains artistes encore méconnus du grand public s'arrachent néanmoins dans les salles des ventes. Le peintre chinois Lin Fengmian est aujourd'hui de ceux-là, aidés, comme tous les différents versants de l'art de son pays, par la volonté de rapatrier les œuvres importantes que l'empire du milieu a vu partir vers l'occident le siècle dernier. La jeunesse de Lin Fengmian se déroule juste après la chute de l'empire. Sa famille de peintres décèle en lui les dons qui en feront un artiste majeur du XXe siècle. A 19 ans il étudie à Shanghai les arts séculaires orientaux. A 20 ans à Paris, il travaille la peinture à l'huile et découvre Matisse, Picasso, Modigliani, Derain. Lin Fengmian déclinera ensuite son travail en conciliant l'encre, le médium de son cher pays et l'huile, celui des occidentaux. Il renoncera aussi aux longs rouleaux pour des formats assez carrés. Le peintre rentre en Chine dans les années 20 au lieu de rester en France ce qui probablement a longtemps nui à sa réputation à l'international. Les postes officiels qu'il y occupe, lui permettent d'avoir comme élèves Chu Teh Chun ou Zao Wou Ki dont la carrière en occident les a rendus plus célèbres que leur professeur. ...