Yan Pei-Ming (né en 1960)

Par dimanche 16 février 2020 Permalink 1

Personne ne parle mieux de Yan Pei-Ming que Yan Pei-Ming! Alors citons le peintre d'origine chinoise installé en France depuis 1980 surtout connu pour ses grandes toiles représentant des portraits monochromes un peu flous comme ceux de Mao, Bruce Lee, Michael Jackson, Obama, peints à coup de balais, de rouleaux et de gros pinceaux! "La représentation de la réalité ne m'intéresse pas" dit-il, "car pour moi il n'y a pas de réalité vraie ou de réalité absolue. A priori, il n'y a pas de mensonge non plus. Avec le portrait, je livre seulement une possibilité, une hypothèse". Et pour livrer cette "hypothèse" l'artiste avoue que "le travail de la peinture est un travail quotidien, il y a vraiment cette notion de labeur (...) Je dirais que mon oeuvre est un travail engagé: elle dépeint une certaine vision du monde, personnelle, souvent sombre". Alors Yan Pei-Ming qualifie sa démarche d'"attaque de détermination qui a un sens à la fois spirituel, moral, mais aussi critique". Il faut savoir que ce genre de propos reflétant une indéniable autosatisfaction, l'homme en a à la pelle. Il a raison. ça marche très fort pour lui au point, il y a quelques mois, d'avoir été comparé ...

Auguste Herbin (1882-1960)

Par samedi 15 février 2020 Permalink 1

"Toute l'action de la peinture réside dans le rapport des couleurs entre elles, dans le rapport des formes entre elles et dans le rapport entre les formes et les couleurs". Comme le montre cette phrase d'Auguste Herbin, l'artiste français est peut-être avant tout un intellectuel. Dès ses débuts, il côtoie Braque, Picasso, Vasarely. Ce sont alors les périodes impressionnistes et cubistes par lesquels il démarre. Puis petit à petit ses tableaux sont plus abstraits avec néanmoins une période figurative entre 1922 et 1926 qu'il reniera plus tard. Les tons très lumineux qu'il choisit d'assembler rappellent évidemment Matisse mais sont aussi précurseurs d'une peinture contemporaine qui use et abuse, peut-être, du fluo. Le travail d'Auguste Herbin reste un des plus beaux exemples de l'art abstrait géométrique en exprimant pour reprendre ses termes, "une vision spirituelle de l'univers". Si, chez Christie's à New York, Herbin a dépassé les 200 000 € il y a peu, citons quelques résultats en France. En une, la composition sur fond bleu, 1940, gouache sur papier, signée et datée en bas à droite, 32 x 26 cm fit chez Cornette de Saint Cyr près de 9 000 €. Ci-dessous un portrait de 1923, sa période figurative qu'il n'aime ...

Oscars: Pas de récompense pour le frenchie nanard

Par lundi 10 février 2020 Permalink 1

Hier à Hollywood, "Les misérables", film qui accumule les clichés bien pensants où la police est un nœud de vipères, où les imams sont de grands pacificateurs, où les quartiers sont pleins de jeunes qui naissent bons mais sont corrompus par la société, "Les misérables", donc, n'a eu aucun prix aux Oscars. La laborieuse resucée d'un aphorisme de Coluche "Si la société nous rejette, c'est parce qu'elle veut oublier que c'est elle qui nous a créés" pris au premier degré, ne convainc que nos médias qui n'ont pas économisé leurs forces pour promouvoir le nanard. Mais ailleurs, là où il est possible de s'affranchir d'un politiquement correct mortifère, le génie de notre diversité laisse de marbre. Les étrangers sont mêmes accablés de voir ce que la France est devenue, de voir comme les français se renient. Le choix de l'Oscar du meilleur film pour une oeuvre sud coréenne n'est d'ailleurs pas anodin. Si Hollywood reste sensible aux problèmes sociétaux du XXIe siècle, il met à l'honneur l'un des pays qui a su rester lui-même. Tout l'inverse de la France. C'est sans doute la pulsion de vie américaine qui veut ça, son acharnement à faire d'un pays jeune un pays éternel. Notre ...

André Marfaing (1925-1987)

Par dimanche 9 février 2020 Permalink 1

Il n'y a pas que Soulages dans la vie! André Marfaing aime la lumière et pour mieux la mettre en évidence, il utilise dans ses tableaux le blanc et le noir, un noir qui n'est pas monochrome, un noir où toutes ses nuances sont appelées à la rescousse des œuvres abstraites de l'artiste toulousain. André Marfaing appartient à la génération des peintres abstraits de l'après-guerre. Il use de larges aplats pour mettre en évidence une gestuelle toujours très appréciée des amateurs. Certaines de ses réalisations rappellent l'art de la calligraphie chinoise, un reflet du cosmos comme si Marfaing était pénétré d'une énergie venue de plus profond que lui. Son style enthousiasme le public des ventes aux enchères, telle cette "composition 1967" en une, huile sur toile de 54 x 81 cm, qui à Toulouse chez Vedovato ovv le 12 juin 2019 faisait 27 900 €. Notons aussi ce score de 46 080 € chez Gros & Delettrez à Drouot du 23 novembre 2016, pour "Composition" datée "3-57", une huile sur toile 150 x 88 cm (ci-dessous). Pour terminer avec quelque chose de plus minimaliste et de moins cher, l'acrylique sur papier marouflé sur toile, ci-dessous, 65 x 54 cm, se décrochait ...

Jacques Louis David à Drouot?

Par mercredi 5 février 2020 Permalink 1

Le 20 juin 1789, c'est dans la salle du jeu de paume construite dans le château de Versailles sous Louis XIV que les députés du Tiers-Etat des états-généraux font le serment de ne pas se séparer avant l'élaboration d'une constitution. La décision est un acte fondateur de la révolution française. L'abbé Sieyès qui était présent lors du serment, avait, au mois de janvier précédent, fait prendre conscience à ce groupe social de sa force avec des mots formidables: " 1° Qu’est-ce que le Tiers-État ? Tout. 2º Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. 3º Que demande-t-il ? À y devenir quelque chose." Jacques Louis David, l'artiste peintre qui siégea à la Convention, se saisit naturellement de l'événement du serment du jeu de paume pour réaliser un tableau historique. Les bouleversements de la révolution ont fait que l'oeuvre ne fut jamais achevée. Néanmoins de nombreuses études préparatoires existent visibles dans différents musées. Hier à Drouot lors d'une vente courante sans catalogue est apparu un dessin (ci-dessous) signé David montrant deux hommes prêtés serment tout près l'un de l'autre à la manière du tableau inachevé. Cadre compris, l'oeuvre mesurait environ 70 cm de haut. Ayant jugé qu'il s'agissait d'un faux, la ...

Maurice Brianchon (1899-1979)

Par dimanche 2 février 2020 Permalink 2

Maurice Brianchon est un peintre dont on regrette la cherté de ses tableaux sereins, à la technique rigoureuse et merveilleusement colorés. On a envie d'avoir chez soi un de ses paysages, une de ses scènes de genre, une nature morte, pourquoi pas, qui ont un je-ne-sais-quoi de sensibilité les rapprochant souvent du petit chef d'oeuvre. L'artiste fait la synthèse entre impressionnisme et fauvisme pour le bonheur de l'observateur. On pense parfois à Matisse en regardant son travail. Né et élevé dans la Sarthe, Brianchon monte à Paris pour une carrière dont il apprend les bases d'abord aux Beaux Arts puis à l'école des Arts Décoratifs avec comme professeur Edouard Morand, le père de l'écrivain, Paul Morand. Peut-être est-ce à cause de ses premières commandes venues de l'opéra de Paris, mais toute sa vie Brianchon travaillera pour les scènes parisiennes comme par exemple avec Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault. Concernant ses tableaux la période la plus recherchée des amateurs est celle de sa quarantaine. Il habitait pendant la guerre dans le XVIe arrondissement. Par la suite son atelier du Périgord deviendra l'antre du maître. Parlons argent! En une, "L'atelier de Truffière", 1968, huile sur toile 65 x 81 cm faisait 24 ...

Rembrandt Harmenszoon Van Rijn (1606-1669)

Par samedi 1 février 2020 Permalink 1

Rembrandt est d'une certaine manière l'archétype de l'artiste maudit avec une carrière qui monta au zénith comme pour mieux s'étioler dans la misère d'une fin de vie où rien ne lui est épargné. Ses autoportraits reflètent bien les splendeurs et les misères de son existence. Il en fit près de cent. Jamais peintre ne s'était autant disséqué. Les portraits de jeunesse dévoilent l'enthousiasme d'un homme passionné de son art. Ceux du maître de Leyde au moment de sa gloire affirment sa réussite sociale. A la fin de sa vie Rembrandt regarde le vieillard qu'il est devenu avec un réalisme non dénué d'une certaine bienveillance. Ce sont souvent les derniers portraits que les amateurs d'art préfèrent aujourd'hui. Et pourtant sa situation financière est à ce moment catastrophique. Sa première femme est morte. Titus, seul survivant des enfants de celle-ci, mourra un an avant lui. Après sa mort, Rembrandt est très vite reconnu comme un génie complètement innovant tout en ayant su demeuré un grand classique. Sur le marché de l'art les Rembrandt sont rarissimes. Le Louvre a en 2015 raté l'occasion de voir entrer dans ses collections deux grands portraits du maître que vendait une branche des Rotschild. Il n'en a ...

Jean-Francis Auburtin (Paris 1866- Dieppe 1930)

Par dimanche 26 janvier 2020 Permalink 1

Jean-Francis (ou Jean-François) Auburtin est célèbre pour ses décors d'inspiration symboliste. Grand fresquiste, il œuvre pour des bâtiments ou publics comme la Sorbonne et le Conseil d’État, ou privés comme le restaurant du Buffet de la gare de Lyon à Paris. Mais Auburtin est aussi un peintre de chevalet dont l'oeuvre comprend des centaines d'huiles, gouaches et aquarelles. Elève de Puvis de Chavanne, les accents symbolistes de sa peinture se retrouvent aussi dans ses paysages de Méditerranée, de Bretagne et de Normandie où il croise un jour, sur le chemin des douaniers, un certain Claude Monet, de 25 ans son aîné... Cet ancien élève des Beaux Arts, fondateur du salon d'automne, connait de son vivant la fortune critique d'un peintre et décorateur en vue. Oublié après sa mort, Jean-Francis reste actuellement dans les salles de vente aux enchères relativement abordable. En une, Les Falaises blanches , gouache, 30 x 69 cm obtenaient chez Beaussant Lefèvre ovv à Drouot un peu plus de 4 000 €. Ci-dessous, une huile sur carton représentant un bord de mer 45 x 56 cm obtenait chez Ader à Drouot 2750 €. Enfin, attribuées à Jean-Francis Auburtin Paris, 1866 - Dieppe, 1930, Les falaises d'Etretat, plume et encre ...

Le meuble à secrets

Par samedi 25 janvier 2020 Permalink 1

Si le meuble à secrets aussi appelé meuble à complications, meuble à surprises, meuble à transformations, existe depuis l'antiquité, il a été redécouvert au XVIIe siècle et a connu son heure de gloire de la seconde moitié du XVIIIe siècle jusqu'au premier empire. Son utilité est de dissimuler dans la sphère privée lettres et papiers personnels. Les secrets de ce mobilier sont comme les mots de passe d'aujourd'hui, seulement connus de leur utilisateur. Leur intérêt pendant la période trouble de la révolution décuple. L'évocation d'un meuble à secrets fait inévitablement penser à un mécanisme qui par son fonctionnement avec une clé ou la pression d'un discret bouton libère une cache mais le secret apparaît aussi dans un double fond derrière un tiroir ou sur le coté d'un meuble contenant plusieurs casiers invisibles de prime abord. Le secrétaire est le meuble le plus adapté pour dissimuler aux yeux indiscrets papiers, billets galants ou argent. Parmi les grands ébénistes attirés par la complication de tels meubles, citons en premier Oeben et son successeur Riesener bien sur, voir leur célèbre secrétaire à cylindre présenté à Louis XV, mais on peut aussi nommer par exemple Roentgen à Coblence, (oui un grand ébéniste qui ne ...

Gilbert Poillerat (1902-1988)

Par dimanche 19 janvier 2020 Permalink 1

Le maître ferronnier Gilbert Poillerat crée pendant sa période de gloire qui va des années trente aux années cinquante, années durant lesquelles il donne le ton aux arts décoratifs français, un mobilier inattendu et élégant revisitant le baroque et le néoclassique en utilisant le fer, le bronze, le marbre ou le verre. Ses audaces ornementales apparaissent dans toute leur splendeur dans ses grilles, ses tables, ses consoles, ses chenets, ses luminaires ou ses miroirs comme en une le miroir sorcière en fer forgé à patine doré figurant un soleil rayonnant vers 1940-45, diamètre 92 cm vendu chez Aguttes svv à Deauville le 18 juillet 2014 plus de 14 000 €. Formé dans les années 20 à l'école Boulle, Gilbert Poillerat est au commencement de sa carrière dessinateur pour Edgar Brandt dans l'atelier du boulevard Murat dans le XVIe arrondissement de Paris ( https://politiqart.com/edgar-brandt-1880-1960/ ). Il entre en 1927 comme directeur dans une entreprise de charpente et de construction métallique où il dispose des moyens de l'industrie pour donner libre court à son imagination et devenir comme l'appelle La Gazette Drouot, un "designer baroque". En 1946, Poillerat s'installe à son compte. L'Elysée et Matignon lui passent quelques commandes qu'il réalise dans une ...