Tête de mort à Drouot

Par dimanche 25 juillet 2021 Permalink 1

Une collection éclectique qui mit un quart de siècle à se constituer, était dispersée lors de ttois vacations, il y a deux semaines à Drouot par la maison Auction Art Rémy Le Fur. Signe des temps, les objets les plus morbides furent très convoités. Evidemment, plus élégamment, ils sont souvent qualifiés de "memento mori" ( souviens-toi que tu vas mourir) ce qui leur donne un caractère littéraire, philosophique qui traverse les siècles et fait curieusement parfois oublier à leurs riches possesseurs qu'en effet, ils mourront comme les autres... Commençons avec la première journée par un bronze ci-dessous de 24 cm de haut qui trouva preneur à plus de 1700 €. Continuons par un crâne en bois sculpté haut de 23 cm qui fit environ 1250 €. Extasions nous avec un crâne anthropométrique, le squelette désarticulé, les os se rapprochant ou s'écartant grâce à une molette, par Edmée François Chauvot de Beauchêne, vers 1820, H.: 52 cm ci-dessous qui approcha les 6000 €. Ensuite arrêtons nous sur un squelette articulé en tilleul sculpté et patiné du XIXème siècle, H.: 32 cm qui frôla les 1400 €. La seconde journée proposait par exemple le bénitier fait d'ossements humains que ne n'ai pas résisté à mettre en une, à vasque ...

Jacqueline Marval (1866-1932)

Par dimanche 18 juillet 2021 Permalink 0

Certains destins s'accomplissent à la suite d'un drame. Celui de Jacqueline Marval est de ceux-là. A la mort de son fils, elle envoie balader sa vie, divorce, s'assume d'abord financièrement comme brodeuse de gilet à Grenoble, puis monte à Paris, rencontre le peintre Jules Flandrin avec qui elle s'installe à Montparnasse, devient peintre elle-même. Le marchand Antoine Vollard achète ses œuvres à la suite de sa première participation au Salon des indépendants en 1901, ce sera ensuite au tour d'Eugène Druet et Berthe Weill de s'intéresser à sa carrière. "Qu'il se nomme impressionnisme, expressionnisme, l'art ne finit pas" écrivait Jacqueline Marval. Cette immersion dans la peinture donnant des œuvres modernes dans l'air des avant-gardes du début du XXe siècle la firent apprécier de Matisse, Picabia ou Van Dongen. L'artiste un peu oublié de nos jours était très influente dans le monde des arts de son vivant. On lui demandera à plusieurs reprises de produire les affiches des salons, d’illustrer les cartons d’invitation et les couvertures des catalogues de salons et des événements parisiens : Salon d’Automne, Bal de l’Amicale aux Artistes… La cote de Jacqueline Marval est assez stable. L'oeuvre en une, "les baigneuses" vers 1905, huile sur toile, 55 x 46 ...

Pierre-Eugène Montézin (1874-1946)

Par samedi 17 juillet 2021 Permalink 1

L'histoire est belle et ce n'est pas une légende comme celle de Molière mort sur scène. Pierre-Eugène Montézin est décédé devant son chevalet en plein air en Bretagne à 72 ans lors d'une séance de travail. Le peintre postimpressionniste était depuis un an assis sur le siège de Vuillard à l'académie des beaux-arts. De tout temps Pierre-Eugène Montézin aima se rendre au cœur des paysages champêtres pour pratiquer sa peinture grandement influencée par Monet d'abord mais aussi Sisley ou Pissaro. Il peignait surtout les bords des rivières ombragés, les scènes de fenaison ou les soleils vibrants, plus rarement les temps de pluie ou les chutes de neige. Un peu boudé à ses débuts par le jury du Salon, en 1920, après la première guerre mondiale à laquelle il participa, il fut élu à l'unanimité à la présidence du Salon des Artistes Français. Les honneurs officiels se firent nombreux tout au long de sa carrière comme lorsqu'il reçut commande d'une fresque pour la salle des pas perdus du tribunal de Chambéry; il y répondit par une scène de fenaison. Pourtant artistiquement en retrait par rapport aux révolutions picturales que la France connait au même moment, les postimpressionnistes sont particulièrement appréciés des collectionneurs. Alors ...

Paul Chabas (1869-1937)

Par dimanche 11 juillet 2021 Permalink 1

Paul Chabas, peintre nantais, monta à Paris, s'inscrivit à l'académie Julian pour parfaire son métier et travailla dans les ateliers de William Bouguereau et de Tony Robert-Fleury. Avec de tels maîtres, il ne pouvait devenir qu'un artiste académique de l'entre deux siècles. Le XXe qui a tant inventé et tant compté dans l'histoire de l'art, l'a alors scrupuleusement oublié et Chabas ne commence à refaire surface que maintenant avec des collectionneurs attirés par ses nus féminins au bord de l'eau subtilement érotiques. De son vivant l'artiste est bien récompensé par ses contemporains avec, par exemple, le prix du Salon en 1899 ou une médaille d'honneur au salon de Paris de 1912. Une de ses œuvres exposée en 1913 aux Etats-Unis, à Chicago exactement, fit même scandale dans le climat ambiant de pudibonderie qui régnait là-bas. Un léger parfum de souffre entourait Paul Chabas et des élégantes parisiennes aimaient à raconter avoir été le modèle du peintre. Ce succès l'incita à continuer à peindre inlassablement ses jeunes filles en fleurs. A l'époque, ses austères portraits de la bonne société plaisaient aussi. La réhabilitation actuelle de Chabas ne va pas encore jusqu'à eux. Concernant sa cote, tout en sachant qu'il y a beaucoup d'invendus, ...

Ce soir je serai la plus belle

Par samedi 10 juillet 2021 Permalink 1

Je vais prendre ce matin notre France par le tout petit bout de la lorgnette mais comme cette focale est révélatrice! A la télé en ce moment, à l'occasion d'une publicité, est matraquée une vieille chanson de Sylvie Vartan, chantée par une autre personne dont la voix convient d'ailleurs bien, "Ce soir je serai la plus belle". C'est charmant et plutôt bien trouvé pour les réparations d'entretien d'une Renault d'occasion qui, passée dans les mains du garage ad hoc, devient la plus belle, elle aussi! Donc a priori, circulez, il n'y a rien à voir. Sauf que si vous êtes attentif, vous remarquerez ceci: "Ce soir je serai la plus belle pour aller danser pour évincer toutes celles que tu as aimées". Le chanteur de la pub de 2021 dit "tu a(s) aimées" sans la liaison, probablement ne fait-il pas non plus l'accord mais ça on ne le saura jamais! Sylvie Vartan en revanche dans les années 60 s'appliquait, et ça devait lui venir naturellement, à faire la liaison. A mon oreille la consonance "a plus loin aimé" n'était pas naturelle. Mais c'est l'oreille d'un vieux con de l'âge. Au XVIIe siècle les théoriciens des vers de la tragédie classique avait réglé la ...

Sverchkov, Nicolai Egorovitch (1817-1898)

Par dimanche 4 juillet 2021 Permalink 1

Nicolai Egorovitch Sverchkov est un peintre officiel de scènes historiques et de batailles très apprécié sous le règne du tsar Alexandre II. De nos jours ce sont ses tableaux privés plus que ses œuvres officielles que les amateurs aiment et la manière dont il peint ses modèles de prédilection que sont les chevaux continue d'être aussi admirée qu'à son époque. En ce temps là, Théophile Gauthier qui vécut longtemps en Russie, écrivait de lui à propos de sa peinture des équidés: " Il connait admirablement les ressorts de leurs jarrets nerveux, il sait entrelacer les veines sur leur col fumant, faire jaillir le feu de leurs prunelles et de leurs narines". Le grand public français partageait cet enthousiasme pour Sverchkov au moment où il vécut à Paris entre 1862 et 1864. Napoléon III acquerra même une de ses toiles, "Retour de la chasse à l'ours", et lui accordera la légion d'honneur. Le tableau en une présenté chez Sotheby's à Londres le 3 juin 2016, Chasse au loup, 1878, dépassa les 230 000 €. Ci-dessous, "La troïka dans la neige au soleil couchant" de 1882, 107 x 84,5 cm, fit à Bordeaux le 24 mai 2017 chez Blanchy & Lacombe ovv 56 870 ...

Rubens (1577-1640)

Par samedi 3 juillet 2021 Permalink 1

De son vivant Pierre-Paul Rubens était appelé "Prince de la peinture et peintre des princes". Il reste considéré de nos jours comme le plus grand artiste baroque d'Europe du nord. Venues de partout, les commandes pleuvent. Il les assume avec le concours d'un atelier nombreux. 500 œuvres environ lui sont attribuées. En Italie entre 1600 et 1608, il parfait sa culture et définit son style. Sa manière s'inspire du Caravage avec ses figures à mi hauteur et son traitement de la lumière qui se focalise sur les visages et les corps. Il ne fait pas de dessin préparatoire pour ses esquisses mais enduit directement sa toile d'une préparation brune avant de peindre. Ensuite "son vigoureux pinceau met frénétiquement en mouvement les formes et les couleurs vives. Il recourt aux techniques virtuoses du raccourci et de la torsion (...), rend lisible l'enchevêtrement des corps" (gazette Drouot, Sophie Reyssat). Les oeuvres du maître flamand sont rarissimes sur le marché, la plupart figurant dans des collections privées ou publiques. Quelques exemples de prix néanmoins. En une, Sainte Marguerite, huile sur panneau de chêne, 2 planches non parquetées, 33 x 45,7 cm, esquisse pour un élément de plafond disparu dans les flammes, (Rubens réalise lui-même ses esquisses) ...

Werner Scholz (1898-1982)

Par dimanche 27 juin 2021 Permalink 1

Werner Scholz est un peintre germano-autrichien membre de la seconde génération d'artistes expressionnistes allemands. En effet dès avant la première guerre mondiale, la vision subjective de l'artiste plutôt que le sujet lui-même avait donné l'expressionnisme. Les portraits, les nus, les paysages, les scènes de la vie berlinoise se caractérisaient par des couleurs vives et acides posées violemment déformant les thèmes choisis en exagérant les formes. L'école naturaliste s'en trouvait toute bouleversée! Avec Werner Scholz, les tons sont plus sombres, plus mats et telluriques mais la violence reste la même pour décrire la vie citadine et la misère de la petite bourgeoisie de la capitale allemande entre les deux guerres. Inéluctablement, il est exposé dans la tristement célèbre "exposition d'art dégénéré" organisée à Munich en 1937 par le régime nazi. Depuis 1933, Adolphe Hitler invectivait les recherches menées par les expressionnistes allemands à partir de 1910. Werner Scholz après avoir réalisé des tableaux résolument contre le régime, s'exilera en 1939 dans la région du Tyrol. Les années 70 vont voir un regain d'intérêt porté à l'oeuvre de cet artiste engagé. La galerie Fricker, par exemple, du boulevard Haussmann à Paris organise en 1973 une grande exposition à son propos. C'est d'ailleurs dans cette ...

Manolo Valdès (né en 1942)

Par samedi 26 juin 2021 Permalink 1

L'espagnol Manolo Valdès est un artiste qui aime à s'approprier les maîtres anciens pour placer l'histoire de l'art au cœur de son travail. Ses portraits de femmes ont quelque chose des figures de Matisse. Ses œuvres cubisantes revisite Picasso. Ses grandes Menines de bronze sont un hommage à Vélasquez. Etc, etc... Evidemment l'artiste ne donne pas dans la copie servile mais il continue et sublime l'inspiration de ses débuts lorsqu'il cofondait le collectif de Pop Art espagnol, Equipo Crônica, actif entre 1965 et 1982. La valeur iconique des images prend avec l'érudit Manolo Valdès une dimension instructive et audacieuse. Toute la gageure de son travail réside dans ce paradoxe: son originalité créatrice réveille l'inconscient collectif. En fait l'alchimie consiste à transformer une oeuvre historique du patrimoine culturel occidental avec un medium et un style lui donnant une image moderne. Pour ce faire il maîtrise à la fois, la sculpture, la peinture, le dessin ou la gravure. Manolo Valdès est bien prisé par les amateurs d'art. En une chez Fauve Paris ovv le 9 mars 2017, Reina Mariana de 1986, huile sur toile contrecollée sur panneau, 150 x 105 cm réalisa 160 020 €. Ci-dessous, Ménine, sculpture en verre bleu signée et ...

Elizabeth Eyre de Lanux (1894-1996)

Par dimanche 20 juin 2021 Permalink 1

Elizabeth Eyre de Lanux est une riche américaine, artiste, designer, peintre, dessinatrice, graveure, issue d'une prestigieuse famille parente de George Washington. Elle est aussi l'épouse d'un diplomate français, Pierre Combret de Lanux (1887-1955), secrétaire d'André Gide avant la première guerre mondiale. Saisie par l'objectif de Man Ray, la jeune femme a typiquement la silhouette des années folles. Avant qu'Elizabeth Eyre de Lanux ne vienne en France jusqu'en 1935, la crise économique la forçant à rentrer dans son pays ensuite, elle fait de brillantes études d'art à New-York et expose en 1917 au Salon de la Society Independant Artists en même temps que Duchamp présente son fameux urinoir, "Fontaine". Une vie de patachon marque ensuite sa période parisienne. Elle fréquente les cercles littéraires et artistiques d'avant-garde. Elle rencontre, entre autres, Picasso, Picabia, Capa ou Neruda et devient la maîtresse d'Aragon ou de Drieu La Rochelle. Elle brille dans le tout Paris, attire avec ses mœurs sulfureuses et devient l'amante de Natalie Barney, une femme de lettre américaine. Elle continue néanmoins de travailler, rencontre Eileen Gray et la créatrice anglaise Evelyn Wyld avec qui elle réalise des ensembles décoratifs allant toutes les deux jusqu'à ouvrir une boutique à Cannes. Après avoir jeté sa gourme, ...

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