“J’accuse” de Roman Polanski

Par dimanche 17 novembre 2019 Permalink 1

J'ai voté hier avec mon porte-monnaie en allant voir le film de Polanski, "J'accuse". 14,50 € pour admirer une oeuvre de plus du génial réalisateur. Et zut à sa dernière accusatrice en date abusée d'après ses dires il y a 44 ans! 44 ans et un certain milieu qu'on pourrait curieusement calqué sur celui des mondialistes ultralibéraux et macronistes, faisant fi du droit, se sentant au-dessus du droit, verse des larmes de crocodile pour soutenir une femme qui soudain retrouve la mémoire. Toutes ces salades sont folles comme le monde dans lequel on vit et sont bien loin de défendre un tant soit peu la vraie maltraitance féminine, celle qui tue parfois. Elles la ridiculisent et c'est honteux. Alors, le film? Picquart, l'officier de l'armée française qui défend l'honneur de Dreyfus, est le véritable personnage central. L'antisémitisme de la bourgeoisie de l'époque est stipendié. L'époque, la belle époque, est décrite par petites touches comme celle d'un déjeuner sur l'herbe, celle d'un baron Charlus tripotant son amant dans la cour d'un hôtel particulier de VIIe arrondissement de Paris, celle d'une soirée chez Mme de Guermantes ou chez les Verdurin. Les acteurs sont tous formidables (une mention spéciale pour Emmanuelle Seigner). Personnellement je ...

Guardi, Venise et vedute

Par samedi 16 novembre 2019 Permalink 1

La peinture de vedute, de vues, est le grand genre italien du XVIIIe siècle. A Venise, plus qu'ailleurs, les voyageurs affluaient du monde entier. En rapporter un souvenir était un must. Le maître Franceso Guardi (1712-1793) excella à rendre à l'art vénitien sa splendeur et son sens du spectacle. Ce dernier trait classe l'artiste dans le genre de la peinture baroque en développant le mouvement dans de simples vues de villes. Ses œuvres se regardent de loin pour laisser vagabonder son imagination mais quand l'observateur se rapproche du tableau, il est émerveillé de voir le minimum de moyen utilisé par l'artiste pour faire vivre un gondolier, des badauds sur un pont, des pêcheurs au travail. Francesco Guardi, le plus grand des vedutisti vénitiens, suggère aidé en cela par un choix de couleur et une lumière reconnaissables entre mille. Les tableaux de Guardi sont rares sur le marché de l'art. Quand l'un d'entre eux apparaît, il faut miser plusieurs centaines de milliers d'euros pour avoir une chance de se l'approprier. Guardi est pour les musées et les milliardaires comme c'était d'ailleurs le cas de son vivant. A l'heure où Venise s'enfonce sous la mer, la vedute semble encore plus prisée comme une ...

Auguste Chabaud (1882-1955)

Par dimanche 10 novembre 2019 Permalink 1

En peignant les gens et les paysages qui l'entourèrent à Paris, d'abord, au commencement de sa carrière puis en Provence, Auguste Chabaud sut construire une oeuvre à la fois empreinte de la modernité de son temps mais aussi ancrée dans la ruralité. Ami de Matisse et de Derain, le fauvisme caractérise longtemps la peinture de l'artiste. Le succès vient vite. De son atelier à Montmartre, il saisit la vie nocturne parisienne avec des tons vifs et un dessin assez simple qui va néanmoins droit à l'effet recherché. Les cernes noires bien tracées dans ses toiles accentuent la force des couleurs. Chabaud séduit, qu'il s'intéresse aux filles de joie ou aux paysages des Alpilles où il s'installe définitivement à partir de 1919. Sa palette se réduit alors pour laisser une place de plus en plus importante au bleu profond qu'il choisit pour magnifier le cagnard. En ce moment la cote d'Auguste Chabaud se porte particulièrement bien. Attention cependant, ce genre de petit maître a souvent une production irrégulière et des résultats élevés côtoient de nombreuses mises en vente de tableaux qui ne trouvent pas preneur. Notons aussi que l'artiste a aussi touché à la sculpture! En une, "les filles en verts" de 1907, ...

Nicolas Schöffer (1912-1992)

Par samedi 9 novembre 2019 Permalink 1

Sculpteur d'origine hongroise installé à Paris depuis 1936, Nicolas Schöffer se conçoit comme un artiste ingénieur travaillant dans la ville pour la société. Artiste multidisciplinaire, représentant majeur de l'art cinétique, précurseur de l'art électronique et numérique, il explore dans des formes les plus diverses «l'intégration constructive et dynamique de l'espace dans l'oeuvre plastique». Vous remarquerez ce jargon venu d'un temps où le progrès des sciences faisait encore rêver! Alors continuons dans cette veine un peu nostalgique... Nicolas Schöffer développe ses concepts de « spatiodynamisme», de «luminodynamisme», d'«art cybernétique» (à Liège est conçu par lui une tour cybernétique, par exemple), de «chromodynamisme», fondés sur l'usage des nouvelles technologies appliquées à tous les domaines de l'espace, de la lumière et du temps. Si ses premières sculptures en métal datent du milieu des années 1940, il va se faire connaitre avec ses sculptures animées d’un mouvement mécanique, de lumière et de son. Puis très soucieux d'un art ouvert au plus grand nombre, il réalisera entre autres la première oeuvre d'art fabriquée d'une manière industrielle en grande série. En une, une oeuvre monumentale, Lux "sculpture spacioluminodynamique", 1974-1975, acier découpé, 280 x 110 x 113 cm qui fut vendu le 7 mai 2015 à Drouot par ...

Tom Wesselmann (1931-2004)

Par dimanche 3 novembre 2019 Permalink 1

S'il fallait composer une lignée d'artistes du XXe siècle à maintenant dans laquelle s'insérerait Tom Wesselmann, elle pourrait être ainsi faite: Henri Matisse-Roy Lichtenstein-Tom Wesselmann-Jeff Koons. En plein expressionnisme abstrait new-yorkais, le pop art donne une nouvelle jeunesse à l'expression artistique figurative. Tom Wesselmann est dessinateur avant d'être peintre. Diplômé de psychologie, il sent remarquablement l'air du temps et choisit son objectif: désacraliser l'oeuvre d'art. Pour cela le nu féminin très stylisé, sans yeux le plus souvent, mais resté sensuel, sexuel même, lui offre un champ d'investigation inépuisable alors qu'en même temps la société de consommation utilise la femme à outrance pour vendre tout et n'importe quoi. C'est là qu'entre en jeu la nature morte dans ses œuvres, comme une critique d'un monde de la publicité déshumanisé. Le graphisme est moderne comme une bande dessinée. Les couleurs sont vives. Le message est limpide pour ses contemporains. Tom Wesselmann a énormément de succès. Le tableau en une, vendu chez Christie's le 11 mai 2011, 152,4 x 121,9 cm, une technique mixte exécutée en 1961 appelée "Le grand nu américain 21" fit 3 330 500 $ soit en € du jour 2 982 300 €. Ci-Dessous, chez Versailles enchères le 9 juillet 2017, ...

Joaquim Torres Garcia (1874-1949)

Par samedi 2 novembre 2019 Permalink 1

Joaquim Torres Garcia est l'exemple de l'artiste cosmopolite dans le domaine pictural comme d'autres de ses contemporains, comme Larbaud par exemple, l'étaient en littérature. Né en Uruguay, adolescent à Barcelone, il voyage en Belgique, en Italie, en Angleterre mais est surtout attiré par Paris où il vit entre 1926 et 1932. Après ce sera Madrid, Montevideo, New York... Et il mourra dans son pays natal! Evidemment ses œuvres sont marqués par ses incessants voyages au point qu'il est dit que "Joaquim Torres Garcia porte en lui la synthèse des arts de plusieurs continents". Marqué par la rupture stylistique que représente "Les demoiselles d'Avignon", le peintre est séduit par le futurisme de Mondrian et son cubisme carrément abstrait. Bref Torres Garcia picore là où ses pérégrinations le mènent pour néanmoins inventer une oeuvre parfaitement originale. Du coup l'artiste est cher dans les salles de vente, même s'il ne faut pas non plus trop se monter la tête, vous allez voir. En une, "Composition constructive", 73 x 60, cm trouva preneur chez Sotheby's le 28 mai 2013 contre la somme rondelette de 1 445 000 $ soit en € du jour 1 291 000 €. Signalons aussi dans un genre bien moins ...

Ruhlmann, Jacques, Emile (1879-1933)

Par dimanche 27 octobre 2019 Permalink 1

D'une famille alsacienne vivant à Paris, guerre de 1870 oblige, Jacques Emile Ruhlmann reprend l'entreprise de peinture de son père en 1902. Il la développe avec une section de décoration dans laquelle les ateliers d'ébénisterie, de menuiserie, de tapisserie et de miroiterie trouvent leur place. Très vite le succès arrive et les commandes affluent du monde entier. L'exceptionnelle personnalité de Jacques Emile Ruhlmann va agréger autour d'elle des artistes de la période art déco pour qui le raffinement réservé à une élite est l'objectif premier de chaque meuble créé comme un objet d'art. "Comme le pur-sang sélectionné et élevé à grand frais pour des courses inutiles sert en définitive à améliorer la race utilitaire du carrossier ou du cheval d'arme, l'objet de grand luxe devient l'étalon de la production courante", dixit Rulhmann lui-même. En vue de renouer avec la haute qualité des productions du passé des formes simples alliées à des matériaux précieux exaltent des créations où sont pris les soins les plus attentifs au moindre détail décoratif ou de fabrication. Ses meubles n'ont pour autant rien d'uniforme puisque à coté de lourds bahuts ou de fauteuils massifs à l'influence cubiste, se côtoient des forment légères, élégantes, étirées et galbées. Et ...

Aristide Maillol (1861-1944)

Par samedi 26 octobre 2019 Permalink 1

Le nu féminin est le thème favori d'Aristide Maillol. L'artiste n'est pas que sculpteur mais aussi peintre et dessinateur. Il apprend son métier dans les ateliers de Gérôme et Cabanel et se lie d'amitié avec Bourdelle, les nabis Vuillard, Denis, Bonnard et est même l'un des premiers à fréquenter Picasso. S'il faut le qualifier Maurice Denis le classe comme un classique primitif. Maillol, lui déclarait qu'il travaillait "comme si rien n'existait, comme si je n'avais rien appris. je suis le premier homme qui fait de la sculpture". En tout cas, la solide culture classique et le gout pour l'art grec de ce méditerranéen rendent ses œuvres toute en rondeur, sinueuses, attirantes et tactiles, parfaitement équilibrées. Peut-être plus que d'autres sculpteurs, les dessins de Maillol au crayon ou à la sanguine fournissent les éléments indispensables pour appréhender la genèse des oeuvres, la masse plastique de ses femmes nues en donnant un cadre à ses sculptures. En 1900, Aristide Maillol expose ses premières réalisations au salon d'automne. Cinq ans plus tard il présente "La Méditerranée", cycle de sculpture à la gloire de la femme. "La plupart de ses académies féminines obéissent au canon de "la femme à dix têtes" selon lequel le corps ...

Théo Tobiasse (1927-2012)

Par dimanche 20 octobre 2019 Permalink 1

Quand on dit Théo Tobiasse, on pense aussi souvent à son aîné Marc Chagall. Juifs ashkénazes tous les deux, le premier est d'origine lituanienne pendant que le second est d'origine biélorusse (500 km de frontières séparent les deux pays). L'exil, la religion, la poésie des œuvres due à une certaine nostalgie, la femme, la France, aussi, sont d'autres points communs aux deux artistes. En 1961 Théo Tobiasse remporte le prix de la jeune peinture méditerranéenne. La côte d'azur ne l'oubliera jamais, commémorant le 90e anniversaire de sa naissance à Vallauris, à St Paul de Vence et au Cannet, ville où il a décoré la chapelle St Sauveur sur le thème de "La vie est une fête". L'artiste resté toute sa vie fidèle à sa région d'adoption a néanmoins eu une carrière internationale exposant dès les années 60 à New York, tiens avec Chagall, un autre point commun, Venise, Jérusalem, Londres, Prague, Los Angeles... et bien sûr Paris. L'homme, ami de César ou Arman est stylistiquement très indépendant. Pluridisciplinaire - peinture, gravure, vitraux, céramique -, ses travaux se caractérisent par un surréalisme, non pas semblable à Dali, mais pour ainsi dire, primitif. Quelques années après sa mort Tobiasse continue à bien se ...

Félicien Rops Namur 1833 – Corbeil-Essonnes 1890

Par samedi 12 octobre 2019 Permalink 1

Félicien Rops est le peintre de la bourgeoisie décadente et libidineuse. Les déviances de cette classe sociale décrites crûment dans les œuvres du peintre dont la vie personnelle orageuse n'est pas sans choquée, lui permettent de laisser libre cours à son imaginaire érotique. La littérature et en particuliers "Les fleurs du mal" de Baudelaire lui fournissent matière aux scènes lubriques et débauchées dans un répertoire iconographique néanmoins symboliste où transpercent les thèmes de la mort, du diable et bien sûr de la femme sexuellement insatiable et dangereuse. A l'époque de la naissance de la psychanalyse, l'artiste suscite un vif intérêt de la part des intellectuels en particulier viennois. Mais au lieu d'être lugubre sa peinture emprunte d'ironie s'amuse de scènes scabreuses. On peut même penser qu'un dessinateur comme Reiser s'est inspiré de son lointain prédécesseur belge. J'ai déjà donné des résultats de vente aux enchères à propos de Félicien Rops lors d'une chronique du 5 avril 2018 qu'on peut retrouver là: https://politiqart.com/drouot-vente-courante-avec-felicien-rops-ou-pas/ Citons néanmoins ce résultat chez Tajan du 24 mai 2017 de 87 920 €, image en une, La tentation de saint Antoine, pastel et grattage. Et montrons le dessin ci-dessous vendu chez Pierre Bergé dans une vente du ...