Louis Vuitton, des malles hors de prix!

Par dimanche 23 septembre 2018 Permalink 3

Quand un film tourné n'importe où dans le monde, cherche à montrer la belle surface financière d'un voyageur, celui-ci possédera des bagages en toile imperméable et résistante, marquée du célèbre monogramme en lettres d'or LV  pour Louis Vuitton. Louis Vuitton (1821-1892), apprenti à 16 ans, emballe les vêtements fragiles et encombrants de l'impératrice Eugénie dès 1852. Ce sera le départ de la maison Louis Vuitton Malletier, créée en 1854 près de la place Vendôme. L'entrepreneur invente ensuite des malles plates en peuplier facilement empilables pour les voyages puis crée la malle à casiers, la malle-lit ou la malle étanche en zinc pour les colonies... La maison ne s'arrêtera jamais de sortir de nouvelles malle comme celle, ci-dessous, par exemple en 2004, la malle Mars en résine de Yuko Torii. Après Louis, vient son fils Georges Vuitton (1857-1936) qui imagine la toile Monogram plus difficile à contrefaire que les anciennes, une serrure inviolable défiée par le magicien Oudini et de nombreuses malles en rapport avec l'automobile qui a le vent en poupe. A sa mort, Gaston-Louis Vuitton (1883-1970), l'héritier direct, prend la relève et dote les malles de penderies, de tiroirs, de casiers pour les chapeaux ou les rend transformables en bibliothèque ou ...

La famille Moreau une dynastie de sculpteurs

Par samedi 22 septembre 2018 Permalink 1

Les Moreau d'origine bourguignonne furent sculpteurs au XIXe et au début du XXe siècle. Le père, Jean-Baptiste (1797-1855), connu pour avoir restauré les tombeaux des ducs de Bourgogne endommagés pendant la révolution, mit le pied à l'étrier de ses trois fils, Mathurin Moreau (1822-1912), François dit Hippolyte-François Moreau (1832-1927) et Mathurin dit Auguste Moreau (1834-1917) qui apprirent la sculpture dans l'atelier paternel. Leur formation est néanmoins achevé à Paris dans l'atelier du sculpteur dijonnais, François Jouffroy, et grâce aux cours de Ramey et de Dumont. En ce XIXe siècle qui aimait tant décerner des prix, Mathurin Moreau fut second prix de Rome et obtint divers récompenses au Salon. Hippolyte-François se fait un prénom notamment lors de l'exposition universelle de 1878 où il obtient une récompense. Quant à Auguste, lui, le moins connu de son vivant, il ne reçut jamais de récompense officielle. L'oeuvre des trois frères se ressemble un peu et on la retrouve fréquemment en bronze ou en régule ornant une pendule par exemple, aussi en étain parfois. Leurs marbres en revanche, forcément plus rares sont très disputés dans les salles des ventes. Donnons des exemples en commençant par l’aîné! Le marbre blanc de Mathurin Moreau, ci-dessus, intitulé "La source", ...

Les journées du patrimoine 2018

Par lundi 17 septembre 2018 Permalink 2

Le weekend des journées du patrimoine a encore montré l'inintérêt que les personnes issues de l'immigration portaient à la culture française. On pouvait faire la queue n'importe où, jamais d'arabes, jamais d'africains. Chaque année, l'échec totale de la politique d'intégration est actée pendant ces deux jours. Aucune appropriation du passé de la France de la part des nouveaux entrants n'est perceptible. C'est aussi l'échec total de l'éducation nationale et de ses enseignants qui se reflète ici: quand on remplace la généalogie de l'histoire par de la sous culture, quand, dans les médias, on met au même niveau un concert de musique de variété avec celui d'un opéra, on obtient une classe de décérébrés sans passé et à l'avenir plus que compromis. Mais peut-être que pour intéresser cette fameuse diversité chère au cœur de notre président, fallait-il encore ouvrir les portes en grand de nos plus importants musées. Ni Orsay, ni le Louvre n'étaient gratuits! Alors qu'à Londres, les musées nationaux sont d'accès libre toute l'année, ne demandant que l'obole des visiteurs de bonne volonté, la France n'est même plus capable d'ouvrir ses lieux mythiques à tous, l'espace d'un samedi et d'un dimanche. Quelle pitié! Ce ministère de la culture part en ...

Troubadour

Par dimanche 9 septembre 2018 Permalink 1

Les artistes peintres du style troubadour aimaient Raphael, Poussin et les primitifs toscans. Imprégnés par la nostalgie d'une France monarchique à jamais disparue, les châteaux médiévaux, les cryptes, les églises, les tombeaux, les jours de tournoi sont les décors et l'occasion de scènes inspirées de l'histoire de France, d'Angleterre et de partout en Europe. Elles sont colorées ces scènes. Elles sont aussi parfois pathétiques ou romantiques. Traités en petit format, les collectionneurs du XIXe siècle, le XIXe siècle étant le siècle du style troubadour allant avec le renouveau de l'art gothique, les collectionneurs, donc, se les arrachent. Traités en grand format, le style troubadour s'offre la part du lion des commandes publiques dans les ministères, les mairies, les gares, voire aussi dans les dictionnaires pour illustrées avec une certaine emphase un événement de notre histoire. Cette réappropriation artistique, partout en Europe, d'un passé national se fait au dépens des scènes de l'antiquité et des mythologies. Même les très grands peintres en sont friands comme Ingres ou Delacroix. Mais les architectes et les créateurs d'objets d'art ne sont pas en reste pour participer à ce qui est appelé le néogothique ou le néo renaissance. Par exemple, une paire de candélabres en bronze ...

François Décorchemont (1880-1970)

Par dimanche 15 juillet 2018 Permalink 1

François Décorchemont est une figure majeure des arts du feu de la première moitié du XXe siècle. Dans sa famille quatre générations d'artistes artisans sculpteurs l'avait précédé. Naturellement il intègre l'école des arts décoratifs où son père enseigne la sculpture. "Par nature et par gout, il se destinait à la peinture qu'il n'a jamais abandonné et en laquelle il avait foi. Toutefois sous l'impulsion de son père qui pensait obtenir des résultats pratiques et rémunérateurs, il suivit la voie où il s'est fait connaître" écrivait son épouse. Alors le verrier devint un véritable alchimiste de la couleur et traduit ses dons d'abord avec la grammaire naturaliste de l'art nouveau puis avec celle des lignes épurées de l'art déco. Si ses premières créations sont des grès, très vite François Décorchemont s'épanouit avec les pâtes de verre. Les ornements décoratifs sont originaux mais surtout l'artiste transformé en chimiste les décline plus ou moins épaisses, plus ou moins opaques et produit ainsi des pièces jouant merveilleusement avec la lumière. Avec un  tel pedigree, les petits objets de vitrine, signés Décorchemont, fabriqués en toutes petites séries, valent très chers. Le vase calice aux papillons, en une, de seulement 12,8 cm de hauteur, vendu chez Millon le 26 ...

Edouard Cortès (1882-1959)

Par samedi 14 juillet 2018 Permalink 1

Les vibrants paysages de Paris ont fait la renommée du peintre Edouard Cortès. Une évaporation de l'eau venue de pavés mouillés, une brume qui se déchire, un soleil qu'on devine en train de percé font l'atmosphère des scènes de genre du peintre. Et c'est alors qu'Edouard Cortès séduit vraiment en prenant un quartier de la capitale dans l'instantanéité d'un passant qui traverse, d'une mère de famille qui flâne, d'une marchande de quatre saisons qui travaille, d'un fiacre se dirigeant vers sa destination. Le peintre nous fait ainsi revivre le Paris de la belle époque dans d'importantes compositions permettant à l'observateur de s'immerger dans un temps révolu avec une double nostalgie. Celle d'abord, particulière à cette fin du XIXe siècle, qui voit de nombreux intellectuels s'insurger contre le Paris né des travaux du baron Haussmann ayant fait disparaître en partie la ville médiévale trop souvent composée de ruelles sombres, d'artères sales et de coupe-gorges sordides pour voir naître ces avenues à l'unité architecturale qui fait son charme dorénavant. Un nostalgie d'aujourd'hui aussi où toute une vie bourgeoise du passé se dévoile dans une ambiance tellement plus douce que celle offerte maintenant qu'on ne peut que jalouser tous ces personnages amoureusement ébauchés par ...

Ernest Chaplet (1835-1909)

Par dimanche 8 juillet 2018 Permalink 1

En 1872, Ernest Chaplet invente à Bourg-La-Reine le décor à barbotine peint directement sur la terre cuite au pinceau avec un mélange d'argile liquide colorée, comme sur une toile. D'audacieux effets de matière avec des décors plus abstraits qu'avant naissent de cette technique. Cela n'empêche pas Ernest Chaplet, sculpteur et céramiste de s'intéresser en tant qu'artiste à tout ce qui repose sur la transformation d'une matière minérale par la chaleur comme bien sur aussi la porcelaine. En une, le délicat vase cylindrique, de sa production, de 30,8 cm de hauteur, est en porcelaine émaillée rouge flammé en 1886 et surémaillée vers 1891. Il  se vendit chez Tajan svv, le 22 mai 2014, 26 796 €. Si la marque de fabrique du céramiste a longtemps été un fameux grès brun brut comme cette jardinière, ci-dessous, sur table en bois et cuvelage métallique avec la marque en creux au chapelet ainsi que celle "H&C" de l'atelier Blomet, 86 x 55 x 34 cm, estimée dans une vente à Limoges en 2012 entre 6 000 et 8 000 € sans trouver preneur, Ernest Chaplet révolutionne aussi la spécialité avec des vases et des plats au décor japonisant qu'il réalise aux commandes de la manufacture d'Auteuil appartenant ...

Francis Picabia (1879-1953) à Drouot

Par dimanche 1 juillet 2018 Permalink 1

L'huile sur toile en une de Francis Picabia était jeudi 28 juin sous le feu des enchères à l’hôtel Drouot présentée par la maison de vente Jean-Marc Delvaux. Si la vacation ne proposait aucune autre oeuvre de ce niveau, cela n'a pas empêché les collectionneurs d'être bien présents. Le catalogue relate une anecdote où le peintre encore enfant discute avec son grand-père photographe amateur: «Tu veux devenir peintre ? Bientôt nous (les photographes) aurons rendu la peinture inutile. Nous reproduirons toutes les formes et toutes les couleurs mieux et plus vite !», Francis Picabia aurait répondu: «Tu peux photographier un paysage, mais non les idées que j'ai dans la tête. Nous ferons des tableaux qui n'imiteront pas la nature.» Le tableau (54 x 65 cm) vendu, représentant des peupliers à Moret en 1904 correspond à la période impressionniste du maître influencée par Pissaro et Sisley. Après 1909, Francis Picabia rompt avec le figuratif pour devenir l'un des fondateurs de l'art abstrait. Et toc pour le grand-père! L'oeuvre qui nous préoccupe fut adjugée environ 206 000 € environ après une dure bagarre entre plusieurs téléphones. Frédéric Le Quer PS: Sur Picabia voir aussi: https://politiqart.com/francis-picabia-1879-1953-liconoclaste/  

De Drouot à Utrillo

Par jeudi 28 juin 2018 Permalink 4

L’hôtel Drouot a vécu une journée difficile hier avec un bug informatique qui a, plus d'une heure, interrompu les ventes. En effet les commissaires priseurs comptent dorénavant beaucoup sur les enchères faites, simultanément à la vente en salle, sur internet. Et quand ça ne marche pas, on les voit tout déconfis, énervés même à cause des frais importants que demande Drouot pour un service, à les en croire, plutôt chaotique. Ils souhaiteraient pour les plus grosses maisons, pouvoir utiliser leur propre "live" pour se passer de celui qui leur est imposé, mais c'est refusé... Alors, dans la plupart des salles il a fallu attendre, attendre au point que beaucoup d'acheteurs sur internet ont fini par lâcher l'affaire. Sans doute qu'un manque à gagner a résulté de cette affaire alors que la saison bat son plein avec des objets et des tableaux de plus grande qualité qu'à d'autres périodes de l'année. Signalons toutefois la vente de deux gouaches sur papier de Maurice Utrillo mises en perspectives de manière très intéressante dans le catalogue de la maison Marc-Arthur Kohn située avenue Matignon. Ces tableaux ont été peints entre 1925 et 1935, époque durant laquelle le peintre vit au château de Saint Bernard dans ...

Jules Cavaillès (1901-1977)

Par samedi 16 juin 2018 Permalink 1

Combien de fois Jules Cavaillès a-t-il pu peindre des femmes, sa femme, essentiellement, devant une fenêtre laissant voir un paysage, de face ou de dos! Peut-être ressentait-il un besoin de liberté chez sa compagne, un désir d'évasion... Tout est très bourgeois dans la peinture de l'artiste. Elle sait rendre l'impression du bonheur grâce aux masses de couleurs pures distribuées en surfaces distinctes. Son style s'insère au sein d'un groupe de huit peintres, les peintres de la réalité poétique. Enfance heureuse dans le Tarn. Jeunesse heureuse aussi à Paris (il s'installe à La Ruche), élève à l'académie Julian. Vie professionnelle réussie avec en 1936 le prix Blumenthal. Engagement à la tête d'un groupe de résistants dans le maquis languedocien récompensé après la guerre lorsqu'il devient conservateur du Musée des Augustins de Toulouse, et l’année suivante, Professeur à l’École des Arts Décoratifs de Paris. Décidément tout a bien marché pour Jules Cavaillès qui peut se considérer comme un petit maître dans son art. Néanmoins, de nos jours, ses fortunes sont assez diverses dans les salles des ventes. Les œuvres sont un peu datées, vraisemblablement... Celle en une, de 1975, avait beaucoup séduit lors de la dispersion couronnée de succès du fonds Cavaillès de la ...