Jean Fautrier (1898-1964)

Par Samedi 21 avril 2018 Permalink 1

Jean Fautrier est un artiste méconnu du grand public. Souvent, toujours, provocant, André Malraux a parfois dit de lui qu'il était aussi complaisant. Plusieurs périodes marquent son oeuvre très éclectique. Figuratif à vingt ans, (en une autoportrait de 1918, 70 x 55 cm, vendu chez Périgord auction le 17 mai 2017 sur la base d'une estimation entre 15000 et 20 000 €), les tendances informelles de son travail apparaissent dès 28 ans, mais c'est à plus de quarante ans qu'il se tourne plus radicalement vers l'abstraction avec sa série des têtes d'otage, une technique mixte de plâtre sur papier incisé et peint marouflé sur toile, sa production la plus fameuse, la mieux prisée mais carrément introuvable sur le marché de l'art même à quelques centaines de milliers d'€. Jean Fautrier est actuellement l'objet d'une grande rétrospective au très agréable musée d'art moderne de la ville de Paris. Concernant les oeuvres qu'on peut trouver à vendre aux enchères concernant l'artiste, mentionnons, par exemple, ci-dessous, ce nu de dos, huile sur toile de 41 x 33 cm de 1925 (on sent l'influence de l'école de Paris!) qui fit chez Christie 20 000 €. ou encore cette tête ci-dessous, de 1920 à la craie, au fusain ...

Inflation du prix du dinosaure

Par Samedi 14 avril 2018 Permalink 2

La vente à l’hôtel Drouot à Paris chez Binoche et Giquello ovv des deux dinosaures découverts dans le Wyoming et "restaurés" par des chercheurs italiens a été très médiatisée. A raison puisque les scores sont impressionnants pour ces animaux datant du jurassique supérieur, soit il y a 145 à 165 millions d'années. Le premier dinosaure, un "petit" carnivore de 3,80 mètres de long appelé scientifiquement Allosaurus jimmadseni, complet à 60 % fit 1 443 820 €. Par comparaison, signalons qu'un squelette complet d'allosaurus de 7,50 m avait fait à, Lyon, le 10 décembre 2016, chez Aguttes ovv, 1 128 375 €.  Le second dinosaure, Kaatedocus siberi diplodocus, un long spécimen de 12 mètres dont on ne sait pas grand chose à en croire le catalogue, mais qui d'après la mise en scène proposée dans la salle d'exposition, voir image à la une, aurait comme prédateur le petit teigneux allosaurus (il tourne son long cou pour le voir arriver, sentant sa mort venir!), fit presque autant, soit 1 407 700 €. Mais intéressons nous à l'ambiance de la vacation! Les deux salles les plus prestigieuses au premier étage avaient été réquisitionnées pour l'occasion aménagées de tentures noires dans un éclairage tamisé fait ...

Paulin, Pierre (1927-2009)

Par Dimanche 8 avril 2018 Permalink 1

Le citoyen connait Pierre Paulin pour avoir visité ou vu à la télé la salle à manger et le fumoir qu'il a aménagés dans les appartements privés de l'Elysée pour les Pompidou en 1971. Ces curieuses pièces ont séduit François Mitterrand qui dix ans plus tard demande au designer de meubler son bureau du salon doré. On retrouve la patte de cet officiel de la création française de la deuxième partie du XXe siècle à la maison de la radio, à l'exposition universelle d'Osaka en 70, à la gare de Lyon, à celle de Versailles, sur Airbus pour Air Inter, etc... Etudiant à la prestigieuse école Camondo, Pierre Paulin est d'abord sculpteur comme son grand oncle avant de se lancer dans le design comme son oncle, designer automobile. Cette voie lui apporte gloire et célébrité en lui permettant de mettre son imagination débridée au service d'une époque férue de concepts novateurs. Ses meubles sont demeurés des pièces emblématiques des années 70 et les créations de Pierre Paulin très datées attirent les collectionneurs. La table basse en une (h 31 cm, diam 100 cm) dessinée pour l'Elysée en 1972 avec un piétement éclairant fit chez Drouot estimation en mars 2017 50 840 €. ...

Fouace, Guillaume (1837-1895)

Par Samedi 7 avril 2018 Permalink 1

Guillaume Fouace ne fait pas partie de ces frondeurs marquant l'histoire de l'art à partie des années 1860 qu'on appellera plus tard les impressionnistes. Tous rejetés du Salon, lui y expose sans peine à partir de 1870. Sa facture classique aux tons sombres plait. Ses origines paysannes ne poussant pas l'artiste à se révolter contre ses aînés, il présente de très académiques portraits et paysages exaltant des existences modestes et silencieuses pour la plupart de sa région natale, la Normandie. Les choses en seraient restées là et Guillaume Fouace ne serait qu'un bon barbouilleur de plus parmi des dizaines d'autres au XIXe siècle, si celui-ci ne s'était mis à peindre des natures mortes. Toute son hyper sensibilité apparaît alors dans des arrangements méticuleux et intimistes et sa technique fait des prouesses. Les amateurs d'art d'aujourd'hui ne s'y trompent pas. Ce sont avant tout les natures mortes de Fouace qu'ils veulent s'offrir et ils sont prêts pour ça à dépenser des milliers d'€. Le plateau d’huîtres en une, une huile sur toile de 1883, avec une étiquette d'exposition de la galerie Charpentier, fut adjugé le 10 juin 2017 à Vannes par Jack-Philippe Ruellan ovv, 24 800 €. Le fromage sous cloche,  ci-dessous, ...

Drouot: Vente courante avec Félicien Rops ou pas!

Par Jeudi 5 avril 2018 Permalink 1

Hier à Drouot, chez Tessier Sarrou ovv, une bonne vente courante était organisée. Une bonne vente courante comme on n'en voit de moins en moins, hélas! Des objets divers et variés sur lesquels les acheteurs prennent leur responsabilité, pas de liste, pas de catalogue, sont proposés à une cadence élevée ne laissant que peu la place à l'hésitation de la part de celui qui est intéressé. Il faut foncer ou ne pas acheter. On n'est jamais tout à fait sûr, jusqu'au moment de rentrer chez soi, d'avoir acquis quelque chose de bien ou une cochonnerie de plus; il a fallu décider vite en faisant confiance à son coup d’œil! ça n'empêche pas une ambiance sympathique dans la salle comble grâce au commissaire priseur détendu. Son rôle est aussi d'être cool car les enchérisseurs ne doivent pas stresser, ni se poser trop de questions. Donner du rythme sans créer de tension est une alchimie pas facile à réussir... Donc, salle 1, au premier étage de l'hotel Drouot, la vente à l'encan débuta comme d'habitude par des livres. Les libraires parisiens s'agglutinaient autour de chaque lot proposé laissant peu de chance, à celui qui n'en était pas, d'acheter quoique que ce soit. D'ailleurs ...

Le Christ ressuscité

Par Dimanche 1 avril 2018 Permalink 1

Aujourd'hui c'est Pâques, le Christ est ressuscité et c'est parce qu'il est ressuscité que les chrétiens croient en lui. C'est LE moment clé de la religion chrétienne. Le jour J. L'événement qu'on y croit ou non, a changé le monde. S'il continue de provoquer des guerres et des destructions massives, il a donné de l'espoir à des milliards de croyants. L'espoir que la vie n'est pas vaine. L'espoir un jour de ressusciter d'entre les morts. L'espoir d'être aimé au point de voir Jésus Christ se sacrifier pour chacun des vivants. Le christianisme c'est l'amour mais pas un amour innommable, désincarné. L'amour des gens. Il ne demande pas d'oublier sa chair car c'est aussi la religion de la chair, du corps, de la souffrance. Au point de devenir une foi cannibale puisqu'on avale cette chair à la messe. Sans la croquer. Tout rond. Du pain azyme miraculeusement transformé en corps du Christ. Le christianisme est décidément une religion physique.  Et puis il y a ce personnage clé, Marie Madeleine, la pécheresse repentie, repentie grâce à son seigneur. Elle est la messagère,  celle qui voit et reconnait Jésus. Alors Jésus lui demande ou peut-être même supplie  "Ne me retiens pas!" Comme quoi cette ...

Jean Lurçat (1892-1966)

Par Samedi 31 mars 2018 Permalink 1

Jean Lurçat s'attache à développer ses talents de créateur sur de nombreux supports. Evidemment c'est au travers de la tapisserie qu'il est resté le plus connu du public. Mais sa première partie de carrière, entre les deux guerres, le voit se réaliser en tant que peintre bien qu'il ait déjà tâté de la tapisserie à ses début avec sa mère. . Dans les années 50, la poterie va aussi lui plaire et il dessine pour le centre potier de St Vicens de nombreux projets pour décorer les faïences. En peinture d'abord, un onirisme mâtiné de surréalisme apparaît souvent dans ses œuvres. La toile, ci-dessous, montre l'influence de son ainé Giorgio de Chrico mais aussi de Ozenfant et Le Corbusier. 65 x 100, elle appartient à la série Smyrne réalisée entre 1926 et 1927 et fut présentée par la Société stéphanoise d'enchères svv le 25 octobre 2013 avec une estimation oscillant entre 6 et 8000 €. Passons du coté des céramiques, matière qu'il travaille donc dans les Pyrénées Orientales! Leurs passages en salle des ventes ne laissent pas indifférents les collectionneurs qui retrouvent là la fantaisie des tapisseries. Ci-dessous, le vase de 72,5 cm de haut dessiné par Jean Lurçat, présenté à Aix ...

La manufacture de verre Venini

Par Dimanche 25 mars 2018 Permalink 1

La manufacture des verres Venini, propriété de Paolo Venini, sur l'île de Murano, au nord de Venise, apparaît en deux temps. Avec Giacomo Cappelin, Paolo Venini fonde en 1921 la maison Cappelin Venini & Cie en prenant Vittorio Zecchin comme directeur artistique pour s'inspirer des créations vénitiennes du XVIe siècle; puis, quatre ans plus tard, chacun crée sa propre société en s'allouant les services de verriers et de techniciens renommés comme Carlo Scarpa qui rejoint la maison Venini en 1932. Ci-dessous, le vase balustre opaque et coloré vers 1936, Venini et Carlo Scarpa, h 53 cm, fit le 7 mars 2012 à l'espace Tajan à Paris 2 550 €. Autre exemple, en 1937, avec la céramiste suédoise Tyra Lundgren qui supervise le travail d'après ses modèles confiés à Boboni l'un des meilleurs artisans verrier et crée le genre de vase ci-dessous estimé chez Piasa à Paris en 2014 entre 2000 et 3000 €. Paolo Venini est lui-même un créateur de talent. Le bol Murina gris et lattimo vers 1954, ci-dessous, h 12 cm, diamètre 21,5 cm fut adjugé chez Camard svv à Drouot pour 13 385 €. Cela ne l'empêche pas après guerre de s'entourer d'artistes de premier plan comme  Fulvio Bianconi, Gio Ponti et Tobia Scarpa. Cidessous, ...

Othon Friesz (1879-1949)

Par Samedi 24 mars 2018 Permalink 1

Jeune artiste, Othon Friesz extériorise la violence qu'il a en lui, par une palette sombre abusant des noirs. Il a 26 ans au commencement de la période fauve et naturellement, il en est avec Matisse, Vlaminck, Derain... Le peintre ne tombe pas du ciel en ce début du XXe siècle. Au Havre chez son professeur Charles Lhuillier, il a côtoyé pendant ses études Georges Braque et Raoul Dufy. Le fauvisme avec ses aplats de couleurs vives ne durera pas longtemps et Othon Friesz, sa fougue romantique s'estompant avec l'âge, va naturellement éclaircir sa palette en s'attachant à traduire sur la toile des atmosphères plus naturalistes. Avec la première guerre mondiale il reviendra néanmoins un temps aux couleurs sombres. Toute sa vie Othon Friesz fut une artiste reconnu, un peu trop peut-être sous l'occupation. On pourrait dire de lui qu'il devint commercial avec le temps, mais il ne chercha jamais à courir derrière les grands mouvements qui marquèrent l'histoire de l'art comme le cubisme ou l'abstraction. Il conserva toute sa vie son gout pour la tradition académique que le retour à l'ordre en peinture mis en exergue dans les années 20. Un catalogue raisonné de l'oeuvre d'Othon Friesz réalisé par Odile Aittouares est actuellement ...

Jean Souverbie (1891-1981)

Par Dimanche 18 mars 2018 Permalink 2

Jean Souverbie aime avant tout à peindre les femmes mais très différemment d'un Van Dongen ou d'un Domergue. Reconnu de ses pairs et aimé des galeristes et des critiques, il déclare à propos de son travail: " Il fallait revenir au sens de la construction et du rythme, à une organisation logique des lignes, des surfaces et des volumes, bref, à une rigueur obstinée chère à Léonard de Vinci." (La gazette Drouot n°1501). Cette affirmation à mettre à l'aune de la fascination du peintre pour les figures antiques, est en accord avec le sentiment d'une génération d'artistes qui adhérèrent au mouvement du "retour à l'ordre" en réinterprétant l'idéal classique. Jean Souverbie en accord avec lui-même maîtrise parfaitement son dessin et la composition de ses œuvres aux figures féminines sculpturales, hellénistiques, qui amènent l’artiste à être  qualifié parfois  de "cubiste antique". L'homme est aussi un admirateur de la manière classique, figurative du Picasso des années 20 et cela se voit. En une,  le "nu à la corbeille de fruit", 100 x 65 cm, vendu chez Millon svv, à Drouot, le 27 novembre 2013, fit 116 034 €. Souverbie qui a appris son métier à l'académie Julian et à l'académie Ranson, a aussi été ...