François Marius Granet (1755-1849)

Par dimanche 13 septembre 2020 Permalink 1

François Marius Granet est non seulement influencé par le néoclassicisme en vogue durant sa carrière, mais aussi par la peinture hollandaise du XVIIe siècle. Cela donne à ses tableaux souvent très sombres, mâtinés de scènes de genre, une véritable originalité. A Aix-en-Provence, le jeune homme apprend son métier. A Aix en Provence, le vieillard finira sa longue vie. Le musée d'Aix-en-Provence qui porte son nom lui doit une grande partie de sa collection de peinture hollandaise puisque, sans héritier, Granet légua tout à sa ville de prédilection; à cette époque éclectique la frontière entre artiste et collectionneur est quasiment imperceptible. La vie de Granet l'emmène à Paris où grâce à Auguste de Forbin son ami d'enfance, il fréquente l'atelier de Jacques Louis David, habite avec Giraudet et Ingres dans le couvent désaffecté des Capucins et y peint le cloître obstinément jusqu'à se considérer comme un "peintre chrétien". En 1802, c'est le voyage à Rome, long voyage de 20 ans. Quand il rentre malgré son inimitié avec Vivant Denon qui dédaigna dans le temps son talent, il obtient, grâce toujours à Forbin qui a succédé depuis 1816 à Denon comme directeur général du musée du Louvre, le prestigieux poste de conservateur des peintures ...

Alphonse Osbert (1857-1939)

Par samedi 12 septembre 2020 Permalink 1

Le peintre symboliste Alphonse Osbert exprime son art par des paysages caractéristiques animées de femmes évanescentes. Plus que de longs discours, quelques mots viennent à l'esprit à propos de l'oeuvre de l'artiste: symbolisme, bien sûr, force poétique, onirisme, muses, nymphes, vierges, vastes paysages, lacs et forêts, lumière et couleur, rêve, idéalisation, mélancolie, Arcadie, aurore ou crépuscule... Osbert a rencontré Maurice Denis mais Puvis de Chavannes est celui qui l'influence principalement et l'introduit dans les milieux, en cette fin du XIXe siècle, où l'image incarne l'idée abstraite. Alors des Beaux Arts de Paris, direction le Salon des Indépendants puis tout naturellement les Salons de la Rose-Croix organisés par Joséphin Péladan à partir de 1892. Des œuvres monumentales proches de l'allégorie lui garantiront des commandes de l'état, par exemple dans les établissements thermales de Vichy ou dans la mairie de Bourg-la-Reine, et sa présence dans les musées nationaux. Le style d'Alphonse Osbert très décoratif plait. Décoratif, le mot est lâché. "Déco", "très déco" comme disent les commissaires priseurs pour lancer la vente d'un objet lors d'une vacation qui s'essouffle un peu. Trop déco Osbert pour voir sa cote atteindre des sommets. Des prix honnêtes néanmoins pour le marché de l'art français. Jugez plutôt! En une, ...

Hippolyte Flandrin (1809-1864)

Par dimanche 19 juillet 2020 Permalink 1

Si Hippolyte Flandrin n'est pas un peintre du XVIIe siècle comme je l'entends dire à la télévision où la culture est prise par dessus la jambe, il n'en demeure pas moins que la destruction du tableau de la cathédrale de Nantes est très triste. En 1859, dans la Revue des Deux Mondes, l'artiste était salué comme « le plus grand peintre religieux que la France ait vu naître depuis Lesueur (1616-1655) »! Le peintre lyonnais a, dans la manière de Jean Auguste Dominique Ingres, réveillé en son temps l'art religieux catholique avec notamment cette oeuvre en une de 1836 visible dans la cathédrale Saint Pierre et Saint Paul dorénavant détruite, intitulée "Saint Clair guérissant les aveugles". D'autres églises à Paris et en province ont des décorations murales de Flandrin mais au train où vont les choses, au rythme où les "accidents" concernant le patrimoine français se multiplient, on peut se demander ce qu'il en restera dans quelques années. Si l'on veut se rappeler d'Hippolyte Flandrin, il sera donc peut-être plus sûr de se tourner vers le marché de l'art et les collectionneurs privés. Le beau portrait, ci-dessus, par exemple, 117 x 90 cm, fut vendu chez Thierry de Maigret à Drouot pour environ ...

Nicolas Bertin (1667, 68 – 1736)

Par mardi 14 juillet 2020 Permalink 1

Quand il formula les théories du classicisme en 1667, André Félibien plaça la peinture d’histoire au sommet de la hiérarchie des genres. Nicolas Bertin est un peintre d'histoire admis à l'académie royale de peinture et de sculpture en 1703. Les sujets mythologiques lui sont chers. Il est fréquent de voir présenter dans les salles des ventes des œuvres "attribués à Nicolas Bertin", "de l'entourage de Nicolas Bertin", "de l'atelier de Nicolas Bertin". On ne prête qu'aux riches! Plus rarement sont proposé des tableaux incontestablement "de" Nicolas Bertin, tel celui ci-dessous que Sotheby's vendit 12 500 € le 21 juin 2012, "L'enfer des Danaïdes", huile sur panneau, 45,5 x 59 cm. Jamais un autoportrait de Nicolas Bertin n'est présenté en salle des ventes, et pour cause, on n'en connait qu'un seul peint par l'artiste (en une). La maison Fraysse le dévoilait aux amateurs d'art ancien lors de la vacation du 8 juillet 2020 avec une estimation modeste ne dépassant pas 4000 €. C'est le problème des œuvres atypiques chez les artistes, ou elles sont boudées par les acheteurs, ou elles s'envolent. Celle-ci, sous le feu des enchères, faisait environ 35 500 €! 75 x 54 cm elle a été peinte après 1709, ...

Chaim Soutine (1893-1943)

Par samedi 11 juillet 2020 Permalink 1

Si Chaim Soutine est un peintre tourmenté, il n'est pas  pour autant maudit. Venu de Lituanie, il s'installe en 1912 à Paris, vit à La Ruche, l'espèce de phalanstère pour artistes de tous horizons puis cité Falguière. Un peu avant trente ans, grâce au marchand d'art Paul Guillaume, ses tableaux entrent dans la collection de l'américain Paul Barnes et l'artiste connait le succès. Cet éminent représentant de l'école de Paris était jusque là pris pour un fou sauf par son ami Modigliani. Il devient un génie forcément torturé au caractère excentrique continuant à déchirer ses toiles à la moindre réflexion comme la fois où le mari de Madeleine Castaing, décoratrice amie du peintre, a osé un malencontreux rapprochement avec une oeuvre de Renoir . Un autre témoignage d'une habituée de la maison Zborowski va dans ce sens: "Quand Soutine était sur le départ (...) , nous ramenions à Paris des toiles que Mme Zborowska rattrapait un peu partout. Le chauffeur apportait ses "rescapés" à la maison et Jacques, le restaurateur, rentoilait le tout". Sur les marché financiers de nos jours, on appellerait ça de la destruction de valeur... Ou pas, la rareté faisant la cherté. Seules 500 œuvres sont répertoriés comme ...

Emile Schuffenecker (1851-1934)

Par samedi 4 juillet 2020 Permalink 1

Emile Schuffenecker est au commencement le collègue de bureau de Paul Gauguin. C'est un peu court mais tout à coup s'ouvre le monde de l'impressionnisme, du post-impressionnisme et des liens plus ou moins étroits qui liaient de nombreux artistes désormais célèbres. Les deux hommes se sont connus quand ils travaillaient dans la finance. Ensuite, durant leur carrière de peintre ensemble à Pont Aven, par exemple, Schuffenecker a bien souvent financé Gauguin, ne serait-ce que pour ses voyages à Tahiti. La mise en relation d'Emile Bernard et de Gauguin est aussi due à Schuffenecker. Mais à ce dernier, il est aussi possible d'accrocher Pissaro qui avait d'ailleurs une piètre estime des talents artistiques de son cadet pourtant reçu premier au concours d'enseignement du dessin mais qui refusa qu'il expose au salon des indépendants en 1883 malgré le soutien de Manet. Le problème de Schuffenecker est qu'il n'a pas de style propre. Comme une éponge il s'imprègne de celui des génies qu'il côtoie sans arriver vraiment à le personnaliser. Peut-être, par manque de confiance en lui les étudie-t-il trop au point de connaitre par cœur la peinture de Van Gogh, au point que les médias firent passer Schuffenecker pour un faussaire. Il n'y ...

Louise Abbéma revient à Drouot

Par jeudi 2 juillet 2020 Permalink 1

Lors de l'article sur Louise Abbéma ( https://politiqart.com/louise-abbema-1858-1927/ ), nous avions évoqué le tableau, en une représentant un autoportrait de l'artiste qui se peignait à coté d'un canon devant Paris en 1914, 1915. Celui-ci n'avait pas trouvé preneur à Drouot en 2014 et était à nouveau offert à la convoitise des amateurs d'art ce jour chez Beaussant-Lefèvre ovv toujours à Drouot mais dans une autre maison. Et bien dans une salle à moitié vide, distanciation sociale oblige, dans un hôtel Drouot un peu triste, ayant perdu apparemment les deux tiers de ses visiteurs journaliers, le tableau fut néanmoins bataillé entre internet et le crieur qui avait un ordre d'un de ses clients. Les enchères débutèrent à 200 € et finirent à 550 € ce qui correspond avec les frais à environ 700 €, soit grosso modo le prix de l'estimation ancienne, celle du jour étant de 400. Les 5 ou 6 années entre les deux présentations en salle publique avaient suffi à faire oublier l'oeuvre qui se vendit sans faire de miracle malgré le soutien de l'expert qui la trouvait très intéressante, mais compte tenu d'un marché exsangue, du sujet assez désuet et du peintre un peu démodé, à un ...

Jules-Charles Le Bozec (1898-1973)

Par dimanche 28 juin 2020 Permalink 1

C'est pour concilier amour de la Bretagne, foi catholique et architecture que Jules-Charles Le Bozec fonde avec James Bouillé et Xavier de Langlais « l’Atelier Breton d’Art Chrétien » dont la raison d'être consiste à "s'inspirer de la tradition bretonne authentique (...) et la rénover dans un sens moderne en conformité avec l'esprit liturgique le plus pur". Ensemble ils construisent en 1935 la Chapelle Saint Joseph à Lannion. On doit au sculpteur Jules-Charles Le Bozec le Christ qui surplombe l'entrée. Ceux qui connaissent Saint Anne d'Auray apprécient aussi du même artiste le mémorial aux bretons morts pour la France durant la première guerre mondiale, un bas relief hommage de la "Bretagne à ses enfants". Jules-Charles Le Bozec a bien laissé sa trace dans sa région natale. En 1937, il réalise les sculptures de la chapelle de Koat-Keo à Scrignac dans le Finistère. En 1947, il sculpte dans le granit la statue de Notre Dame de Kerdro érigée à la pointe de Kerpenhir. Cet artiste qui commence sa carrière avec les seiz breur, s'attache à garder vivante l'âme bretonne de ses racines celtes à son catholicisme. La statue en chêne de Le Bozec, en une, "L'arracheuse de pommes de terre", 63,5 cm, qui ...

Mathilde Poulvelari (1876-1956

Par samedi 27 juin 2020 Permalink 1

Si l'art brut est une niche très intellectuelle de l'art moderne, l'art naïf en est une espèce de subdivision douteuse à l’esthétique qui, lorsqu'elle est hors norme, fait crier au miracle (le douanier Rousseau), mais qui bien souvent se révèle trop simpliste pour véhiculer une pensée élaborée. Mathilde Poulvari est entre les deux. L'artiste est une autodidacte plutôt décalée prétendant être venu à la peinture pas les esprits des maîtres anciens Velázquez, Goya et Rembrandt. Totalement dédaignée à sa mort, sans héritier, ni argent, cette bordelaise eut son atelier vendu à l'encan sur le pas de sa porte au prix des châssis! De très bonnes affaires furent faites ce jour là puisque Mathilde Poulvelari retrouve de nos jours, aux yeux des amateurs d'art, quelques lettres de noblesse. Citons le tableau en une, "Le char de la victoire", huile sur toile 100 x 73 cm, qui obtint à Marseille chez Leclère svv, le 3 décembre 2011, une enchère à 10 000 €. Faisons aussi état d'une vente à venir chez De Baecque & associés à Marseille le 30 juin 2020 où trois tableaux de l'artiste, Poulvelarie y est écrit avec un e à la fin, issus d'un collection d'art naïf seront présentés ...

Joseph Roux et ses descendants

Par dimanche 21 juin 2020 Permalink 1

Le portrait de bateau est un genre pictural né grâce à un jeune homme de Martigues, Joseph Roux (1752-1793). Certes le combat naval est depuis le XVIIe siècle un grand sujet de la peinture hollandaise, mais la boutique d'accastillage de Joseph va avec lui et surtout son fils, Ange-Joseph Antoine (1765-1835) souvent prénommé simplement Joseph aussi, proposer des aquarelles, de leur création, de bateaux de commerce ou de guerre, remarquables par leurs détails techniques, les couleurs du ciel et de la mer, la vue aussi, parfois, en arrière plan, de quelques sites caractéristiques de la région marseillaise. La précisions des œuvres de ces artistes montrant des navires avec tous leurs gréements au port ou au cours d'événements maritimes va attirer une clientèle d'armateurs et de capitaines. Quelques ex-votos ( l'ex voto est une manière artistique de remercier la providence) sont aussi visibles à Notre Dame de la Garde. Trois fils assureront la suite du business familial Mathieu Antoine (1799-1872), Frédéric (1805-1870) qui reçoit d'ailleurs une formation artistique dans l'atelier d'Horace Vernet et s'installera au Havre, et François (1811-1882) qui sera nommé peintre officiel de la marine en 1875. L'essor de la photographie stoppera l'élan de cette belle famille. Leurs aquarelles sont ...