Fantin-Latour, Henri-Théodore (1836-1904)

Par samedi 20 février 2021 Permalink 1

Bien qu'il soit marqué par les courants artistiques de son temps, le romantisme et le réalisme, bien qu'il admire Courbet, bien qu'il soit l'ami de Monet, de Manet et de Renoir, Fantin-Latour reste un peintre difficilement classable entre rêve et réalité. Son enseignement académique dans l'atelier de Lecocq de Boisbaudran, puis à l'école des beaux arts en 1854, l'amène, dans un grand respect des anciens, à les copier inlassablement. Mais sa propension naturelle à l'intimisme le voit peindre ses fameuses natures mortes aux fleurs différentes des natures mortes de Chardin car empreintes de la luminosité impressionniste. Cela ne l'empêcha pas tout au long de sa carrière de composer aussi des scènes allégoriques rappelant l'art d'Antoine Watteau dans lesquelles son imagination rencontre son âme poétique. Mais c'est seulement à la fin de sa vie que Fantin-Latour saura les imposer dans son oeuvre. Hier dans une petite vente courante mais néanmoins listée pour internet puisque les mesures barrière rendent l'hôtel Drouot difficile d'accès, le tableau, en une, (32,5 x 47 cm), huile sur toile avec une signature Fantin-Latour dite apocryphe (i. e. pas de la main du peintre) était présenté sur la base d'une estimation entre 300 et 500 €. Les amateurs plus ...

Alexandre Cabanel (1823-1889)

Par dimanche 14 février 2021 Permalink 1

Alexandre Cabanel représente l'art officiel sous le second empire et un peu après, considéré comme celui d'une classe sociale privilégiée. A ce titre, comparé aux expériences des romantiques, des réalistes ou des impressionnistes, il est méprisé après sa mort et aujourd'hui encore, le journal pour intellectuels "Le Monde" continue de le qualifier de médiocre. Comme tous les jugements définitifs celui-ci est injuste et le marché de l'art, valeur étalon dans un monde capitaliste, relève régulièrement la cote du peintre. D'ailleurs, issu d'un milieu modeste, que pouvait-il faire qu'écouter l'enseignement académique de ses maîtres pour être remarqué au Salon, pince-fesse annuel, bastion du conservatisme artistique, et ainsi faire carrière? En 1845, vainqueur du grand prix de Rome (peinture), excusez du peu, il part pour cinq ans à la villa Médicis et ses admirations vont vers Titien, Raphael, Bronzino. De retour à Paris, les succès d'honneur viendront régulièrement récompenser ce maître un peu trop sage héritier et gardien des traditions du dessin, de l'étude de nu, du travail en atelier et de l'imitation des anciens. Chez Sotheby's, "La naissance de Venus", en une, une huile sur panneau de 24,1 x 44,1 cm, étude du chef d'oeuvre visible à Orsay, vendue à New York le 1er ...

Paul Huet (1803-1869)

Par samedi 13 février 2021 Permalink 1

A l'époque de Paul Huet, c'est en Angleterre que le paysage romantique donne pleinement sa mesure. Turner représente la beauté terrible des paysages déchaînés pendant que Constable plus subtilement dévoile l'ambiance champêtre qui l'imprègne. Même si Paul Huet fait un voyage en Italie, il aime les paysages du nord qu'il dépeint plutôt à la manière de Turner. Il devient aussi spécialiste de la technique très prisée outre-Manche de l'aquarelle car l'artiste aime à peindre sur le motif avant l'école de Barbizon et l'impressionnisme. Sur le marché de l'art actuellement, ce n'est pas facile pour les peintres paysagistes du XIXe siècle. Les cotes vont plutôt vers le sud, comme disent les bousiers. Paul Huet n'échappe pas à la règle bien que ses aquarelles tirent encore leur épingle du jeu. Ci-dessous, la vue d'Honfleur, aquarelle, 28 x 58 cm, de la succesion Binoche, famille de commissaires priseurs, fit 10 128 € chez Fraysse ovv et Binoche et Giquello ovv, le 24 juin 2019. Une autre aquarelle avec une provenance anonyme mais venue de l'atelier d'artiste, vendue chez Christie's le 27 mai 2020, n'atteignit pas les 10 000 € (45,4 x 33 cm). Et maintenant une suite de 3 huiles, la première sur toile et les deux ...

Pieter Brueghel Le Jeune à Drouot

Par samedi 6 février 2021 Permalink 1

Nous avions évoqué fin de l'année dernière Pieter Brueghel Le Jeune (1564-1638) excellent copiste de la peinture de son père Pieter Brueghel L'Ancien. Une dizaine de tableaux sont proposés aux enchères par an de l'artiste. La vente du 29 janvier 2021 des maisons de vente Matthias & Oger-Blanchet proposait cette fois une oeuvre originale signée, celle en une, estimée entre 500 et 700 mille euros. Je la mentionne parce que le tableau faisait l'objet de plusieurs pages dans l'intéressant catalogue où était montrée la signature dont "la graphie indique un tableau peint après 1616. D'autres photos ont été prises sous "réflectographie infrarouge" . "Ce procédé traverse les couches picturales et permet d'atteindre la préparation du fond". Ainsi donc apparaît le dessin préparatoire avant que Brueghel ait appliqué les couches de peinture. Il est visible que, si le dessin structure la composition finale, il y manque parfois un personnage ou des moutons qui seront par la suite peints directement. On voit aussi que les visages sont traités de manière assez grossière sans détail ni expression à l'inverse de ce que le peintre fait quand il copie son père. Le tableau fut vendu dans un hôtel Drouot à moitié confiné plus d'un million trois cent ...

Luca Giordano (Naples, 1634-1705)

Par dimanche 31 janvier 2021 Permalink 1

Luca Giordano est un grand représentant du baroque napolitain. Très doué, il est capable de peindre à une extraordinaire vitesse ce qui a parfois pu le transformer en phénomène de foire. Ses pastiches d’œuvres à la manière des grands maîtres du passé ont longtemps confondu les critiques. Mais ce ne sont là qu'anecdotes. Luca Giordano a un rôle déterminant dans le renouveau de la peinture italienne à la charnière du XVIIe et XVIIIe siècle. A ses premières œuvres, au moment de la grande peste de Naples où meurt la moitié de la population de la ville, marquées par le ténébrisme avec un clair obscur permettant un naturalisme et une violence caravagesque, se succèdent, grâce à ses voyages à Rome et à Venise qui enrichissent sa technique picturale, des productions toujours dynamiques mais lumineuses inspirées par la veine de Pierre de Cortone et marquées par la tradition vénitienne. Si ses premiers périples le voient venir tel un élève, il est considéré lors les voyages qu'il effectuera ensuite, comme un maître respecté dont les œuvres sont copiées à leur tour. Luca Giordano anticipe l'art du siècle suivant. Son influence est grandissante et sa renommée le place au centre des grandes commandes et des ...

“50 mn inside”, tout un programme!

Par dimanche 24 janvier 2021 Permalink 1

Une émission hier sur TF1 narguait le besogneux, insultait le travailleur, bafouait le confiné. "50 mn inside", rien que le titre prétentieux en dit long, présenté par un grec semblant imbu de lui-même et surement très con vu les poses "avantageuses" qu'il prenait, gratifiait le français moyen dans son lotissement à la sortie du village, allongé de force sur le canapé du salon à cause du couvre feu, d'une série de reportages où des richards se gobergeaient dans des endroits qui lui seraient à tout jamais inaccessibles. Cerise sur le gâteau, Carla Bruni qui portait au bas mot 15 000 € de fringues sur elle, berçait de sa douce musique qui couvrait malgré tout sa voix, ce monde enchanté; c'était peut-être sa punition à ce monde enchanté, chaque médaille a quand même son revers! Quand elle avait fini de chuinter, au lieu du soulagement qu'eut pu ressentir tout être normalement constitué, la chanteuse gratifiait le gaulois réfractaire de ses considérations géopolitiques. Bref on peut dire que ça ne s'arrêtait jamais et l’entraînante émission qui visiblement n'avait peur de rien et surtout pas du ridicule, nous gâtait d'images inoubliables où le présentateur contorsionné, prenait en photo la gonzesse à Sarko. Imaginez un ...

Paul Signac (1863-1935)

Par samedi 23 janvier 2021 Permalink 1

Paul Signac prend en charge après la mort de Georges Seurat qu'il admirait, les destinées du néo-impressionnisme (soit, pour faire simple, le pointillisme). Sa femme Berthe préserve après la mort de son mari son héritage artistique. Comme l'artiste est mondialement connu, il sera plus drôle de s'intéresser à sa vie conjugale. Sa femme de la famille Pissaro ne fut guère ménagée par son mari. Lisons des extraits de lettres de celui-ci reprises par "La Gazette Drouot" du 15 février 2019. "J'ai vu avec émotion que l'idée du petit être qui va venir t'attendrissait davantage qu'aux premiers jours. (...). "Celui qui va venir, tu l'aimeras j'en suis sûr, comme étant de moi." Ces phrases sont écrites la veille de la naissance de l'enfant illégitime que Signac a fait à sa voisine l'artiste Jeanne Desgranges qui abandonne pour lui mari et enfants. Plus tard: "Je t'embrasse encore plus tendrement que d'habitude. Hier à 11 heures est venue au monde une grosse petite fille de 6 kg..." (...) " Voilà mon bon vieux (le tendre surnom que Signac donnait à sa femme!), j'espère que la venue au monde de ce petit être nous apportera à toi et à moi un peu de bonheur et contribuera ...

Marcel Duchamp (1887-1968)

Par samedi 16 janvier 2021 Permalink 1

"Je me suis forcé à me contredire pour éviter de me conformer à mon propre goût". Cette curieuse phrase de Marcel Duchamp est plutôt dévastatrice sur l'opinion qu'il a de son travail à moins que ce ne soit de son goût... Mais l'artiste est un intellectuel qui engage vers 1912 au coté de Francis Picabia et de Guillaume Apollinaire une réflexion sur les limites de l'art qu'il poursuivra au sein du mouvement Dada. C'est ainsi qu'après des œuvres drôles, iconoclastes, il invente le "ready made" qui continuera à influencer les artistes des années 80 90 comme Jeff Koons. Sa "Fontaine" qui est un simple urinoir retourné signé R. Mutt, rejetée par les organisateurs d'une exposition en 1917, est emblématique. Disparue mais éditée en 1964 en huit exemplaires, Sotheby's a vendu l'une d'elles à New York en novembre 2020 pour 1,7 million de dollars (1,66 million d'euros), un prix record pour l'artiste (voir en une). Si le mouvement et la dé-composition du mouvement sont les thèmes majeurs des premières œuvres picturales de Marcel Duchamp, sa dernière réalisation est une sorte de sculpture, exploration poétique sur les rapports de l'homme et la femme retrouvée après sa mort endommagée mais dont des reconstructions par différents ...

Alphonse Chanteau (1874-1958)

Par dimanche 10 janvier 2021 Permalink 1

En 1906, Alphonse Chanteau et son frère jumeau, Gabriel, défraient la chronique médiatique en épousant des jumelles avec en plus pour témoins des jumeaux. Tous les deux peintres, ils sont, avant ce coup de pub, déjà bien lancés dans le Paris de la Belle Epoque qui voient en eux des artistes de talent. L'état acquiert d'ailleurs un tableau d'Alphonse d'après Vélasquez, L'infante Marguerite. En 1910 son frère et lui sont nommés peintres de la marine; réformés en 14, cette période de la première guerre mondiale va les voir se séparer, Gabriel dans le midi et Alphonse en Bretagne. Dans la région de nombreux hôtels font appel à Alphonse Chanteau; il ne subsiste néanmoins aujourd'hui de son travail de décorateur que les panneaux de l'hôtel moderne de Crozon au bout du Finistère. La ville lui doit aussi le panneau à la mémoire des victimes de la guerre qui se trouve dans l'église face au retable. Mais s'il faut encore aujourd'hui évoquer l'oeuvre d'Alphonse Chanteau, c'est plutôt le directeur artistique de la Faïencerie de Quimper HB, qu'il faut considérer. A ce poste, il reçoit d'ailleurs une médaille lors de l'exposition coloniale de Paris en 1931. En effet, en pleine période art déco, la manufacture quimpéroise ...

Ary Bitter (1883-1973)

Par samedi 9 janvier 2021 Permalink 1

Ary Bitter natif de Marseille étudie la sculpture aux Beaux Arts dans sa ville natale puis à Paris. Remarqué au salon à 27 ans, sa carrière est boostée avec la période art-déco où les intérieurs aiment à se doter de sculptures ornementales animalières, spécialité de Bitter. Les marseillais peuvent aussi admirer en montant l'escalier de la gare Saint Charles deux groupes allégoriques conçus par le sculpteur à la gloire du commerce de la ville, chacun formé par un lion et un enfant. Mais la grande affaire d'Ary Bitter, celle qui hante les salles de vente de France et de Navarre, est une paire de serre-livre en forme d'éléphants en bronze déclinée dans diverses tailles avec des socles réalisés dans des matériaux variés. Ses ours polaires du même genre n'ont pas eu le même succès... Celui en une, bronze (fonte de Susse frères, une référence), ivoire et marbre vert, 17,5 x 15 x 21 cm fit 10 998 € à St Germain en Laye chez Laurent de Rummel svv le 14 juin 2015. Ci-dessous, 2 autres exemples moins luxueux, les premiers tout en bronze (fondeur Susse frères), 16,5 x 28 cm, socle en bois furent disputés à Chambéry (Savoie enchères svv) le ...