Robert Combas (né en 1957)

Par samedi 21 novembre 2020 Permalink 1

Un téléphone contre internet; les enchères pour l'oeuvre de Robert Combas en une dont l'estimation haute était déjà à 30 000 € ont flambé chez Audap & associés mardi 17 novembre 2020. C'était une vente de bonne tenue, du genre à retrouver au premier étage de l'hôtel Drouot quand celui-ci est ouvert. Là, les lots défilaient des locaux du commissaire priseur devant une caméra retransmettant la vacation en direct sur le web. Au lot 86, celui de Robert Combas, il n'y avait pas que des internautes cliquant pour participer. Des clients s'étaient aussi fait appeler par téléphone. C'est au-dessus de 40 000 € que les choses sérieuses commencèrent. Une personne sur le web ne voulait pas lâcher. On sentait que le téléphone s'exaspérait devant cette résistance. Sa dernière enchère fut joué petit bras à 58 500 €. L'internaute arrondit immédiatement à 60 000 € et remporta l'acrylique sur toile (141 x 80,5 cm) pour 75 480 € frais compris. Le succès de Robert Combas ne se dément pas. Le peintre n'aime pas le vide. Il traque le moindre espace l'emplissant de formes tarabiscotées et de couleurs criardes entourées de cernes noires. Son oeuvre a un coté exalté; il écrit lui-même: "Ma peinture ...

Albert-Ernest Carrier-Belleuse (1824-1887)

Par dimanche 15 novembre 2020 Permalink 1

Albert-Ernest Carrier-Belleuse est un sculpteur élève de David d'Angers aux Beaux Arts de Paris à qui l'on doit de nombreux groupes et bustes qui lui valurent la renommée sous Napoléon III. L'artiste aime à façonner l'élite politique et culturelle du second empire mais les sujets mythologiques l'attirent aussi au point d'être surnommé le Clodion du XIXe siècle. Bref Carrier-Belleuse est bien plus qu'un artiste académique, c'est un créateur inépuisable, précurseur aussi puisqu'il est l'un des tout premiers à comprendre l'intérêt d'une large diffusion de son oeuvre. Son atelier est d'ailleurs quasiment celui d'un entrepreneur où collaborent de nombreux praticiens qui travaillent à la production des modèles du prolifique créateur, des embellissements architecturaux aux statuettes décoratives dans tous les matériaux connus à l'époque. L'un de ses élèves s'appellent Auguste Rodin. Ce dernier reconnaissant sculptera un magistral portrait de son maître placé sur son monument funéraire. Les amateurs des salles des ventes sont friands des sculptures de Carrier-Belleuse. En une, "La fileuse", une oeuvre très éditée, h 68 cm, bronze et ivoire, récoltait néanmoins plus de 7500 € le 27 septembre 2013 à Lille chez Xavier Wattebled svv . Ci-dessous, une "Allégorie de la paix" en marbre de Carrare, h 61 cm, faisait chez ...

Alexandre Séon (1855-1917)

Par samedi 14 novembre 2020 Permalink 1

Lorsqu'on a dit qu'Alexandre Séon est dans le cercle artistique de Puvis de Chavannes, une image de l'oeuvre du peintre vient déjà à l'esprit. Si l'on précise qu'il fut intimement lié au Sâr Peladan avec lequel il fonde en 1891 le Salon de la Rose+Croix, manifestation esthétique d’avant-garde, alors surgit tout un monde de femmes intemporelles venues d'un imaginaire antique ou chrétien peuplant des paysages évanescents. L'idéalisme en art est le projet d'Alexandre Séon qu'il met en pratique au sein du mouvement artistique symboliste et de l'ésotérisme fin de siècle très en vogue dans les milieux intellectuels. Jeu des lignes et harmonie des couleurs caractérisent ses œuvres. Séon aimait une certaine monumentalité mais sa carrière ne lui permit guère de réaliser de grands décors hormis pour la salle des mariages de la mairie de Courbevoie. Des formats plus petits accueillirent donc ses beautés idéales. Une anecdote insolite toutefois: la première guerre mondiale à la fin de sa vie le poussa à dessiner des dessins cauchemardesques que sa famille détruisit après sa mort. Sur le marché de l'art, Alexandre Séon est assez rare. En une, "Les présents de Pomone" (Pomone est une nymphe), huile sur toile, 145,5 x 120 cm était présenté à ...

Zygmunt Menkes (1896-1986)

Par mercredi 11 novembre 2020 Permalink 1

Dans le tableau en une, "La famille", 130 x 97 cm, de Zygmunt Menkes vendu hier lors d'une vente aux enchères sur internet organisée par la maison Millon, les figures humaines sont traitées assez schématiquement avec les têtes en forme de poire et les cous allongés caractéristiques du style de l'artiste. Les ombres profondes autour des yeux intensifient l'humeur mélancolique des personnages. Le peintre sait attraper l'âme juive. Les amateurs d'art l'ont plébiscité à hauteur de 71 500 €. Zygmunt Menkes est classé comme un artiste de l'école de Paris. Même si l'Europe centrale est son terreau d'origine, il s'installe dans la capitale française en 1923, vit dans la cité d'artiste "La Ruche", se lie d'amitié avec Zak et Chagall. Le travail d'Henri Matisse l'influence particulièrement, les couleurs pures du fauvisme caractérisant quelques uns de ses tableaux. Plus tard, certaines de ses œuvres seront aussi comparées à celles de Soutine. L'artiste aime la France, se plait tout particulièrement dans la région de Toulon et ce n'est que contraint par l'histoire qu'il finit par s'installer définitivement à New York en 1939. Ci-dessous, la belle (à mon avis) scène de rue de Paris avec la Sorbonne et le Panthéon (65 x 81 cm) était proposée ...

Loïc Le Groumellec (né en 1957)

Par samedi 7 novembre 2020 Permalink 1

Les menhirs, les croix et les maisons sont les puissants mantras du peintre Loïc Le Groumellec qui exaltant ces sujets déclare: " Ce qui m'intéresse, c'est la confrontation entre l'appartenance à la terre et l'effort pour s'élever". Son travail a un coté art pariétal en moins figuratif ce qui est plutôt à contre courant des artistes de sa génération explorant la figuration libre. La laque, son médium préféré, empêche ses œuvres en noir et gris d'être trop ternes. Et reconnaissons que curieusement ancrées dans l'occidentalité, elles exhalent un parfum de mystère, d'histoire de l'humanité, d'intemporalité. La discrétion de Loïc Le Groumellec, né à Vannes et diplômé des beaux arts de Rennes, ne l'empêche pas d'être convoité dans les salles des ventes aux enchères. La maison, en une, présentée chez Dupont et associé à Morlaix en décembre 2018, contresigné et daté 1994 au dos, 90 x 80 cm, réalisé en laque, trouva preneur à 5 322 €. Ci-dessous la petite peinture sur papier 41,5 x 29,5 cm, intitulée Mégalithes et maison, s'échangea chez Cornette de Saint Cyr à Paris pour près de 1800 €. Mais si vous souhaitiez à peu près la même chose, i. e. Mégalithes et maison, cette fois en laque ...

Claude Pompidou: souvenir, souvenir

Par mercredi 4 novembre 2020 Permalink 1

Des biens meubles contenus dans l'appartement du 24 quai de Béthune (sur l'île Saint Louis à Paris) de 180 m² avec terrasse où vivait Claude Pompidou, la femme du président, décédée en 2011 ont été dispersés lundi sur internet par la maison de vente aux enchères Cornette de Saint Cyr. Cet appartement de 180 m² n’était pas la propriété des Pompidou et le loyer a été payé par l’État jusqu’à la mort de Mme Pompidou en vertu d’un décret de 1975 sur les veuves des présidents. Le fils adoptif du couple, le professeur Alain Pompidou, était sans doute le vendeur des 177 lots proposés ce 2 novembre. L'ensemble était "chic et de bon gout" pour reprendre l'expression de le chatte Princesse dans" Les aristochats", le dessin animé de Disney qui véhicule les valeurs de la riche bourgeoisie. Immanquablement, il y eut pléthore de résultats à 4 chiffres et quelques résultats à 5 qu'il est intéressant de noter. Il y eut d'abord l'indémodable Bernard Buffet,  l'oeuvre, en une, offerte directement par l'artiste à Madame Pompidou, "Trois lys dans un vase", huile sur isorel, signée en bas à droite, 22 x 16 cm qui fit 41 600 €. Un oeuvre de  Lucien Wercollier, ci-dessous, considéré, ...

Nicolas Sageot (1666-1731)

Par lundi 2 novembre 2020 Permalink 1

La bibliothèque en une de l'ébéniste Nicolas Sageot était présentée lors de la vente via internet le 30 octobre dernier chez Gros et Delettrez ovv à Drouot. C'est évidemment l'occasion de s'arrêter sur le digne héritier d'André Charles Boulle qui porta la marqueterie métallique à son plus haut degré de perfectionnement. Les décors caractérisant le style Boulle ont une rigueur et une précision exceptionnelle inspirés parfois par les dessins de Jean Berain (https://politiqart.com/jean-berain-1640-1711-un-dessinateur-dexception/ ). Le rôle des bronzes y est prépondérant. Les créations de Nicolas Sageot sont assez rares sur le marché. "Elles ornent les plus belles collections de part le monde; l'une de ses commodes se trouve notamment à la Wallace collection de Londres et une autre aux arts décoratifs" (dixit la gazette Drouot). Des marqueteries de laiton et d'écailles formant des arabesques et représentant des rinceaux feuillagés, toujours parfaitement maîtrisées, ornent le mobilier de Sageot reçu maître en 1706. A l'apogée de sa carrière en 1720, il liquide son atelier situé rue du Faubourg Saint Antoine mais sombrera dans la folie trois années plus tard. Un exemple d'une splendide commode Louis XIV, ci-dessous, avec sa façade cintrée en marqueterie à contrepartie de laiton sur fond d'écaille brune, ornementation de bronzes ...

Aloys Zötl (1803-1887)

Par samedi 31 octobre 2020 Permalink 1

150 feuilles de l'autrichien Aloys Zötl étaient dispersées avec succès à Drouot en 1956. L'artiste animalier peignit 320 "curieuses" (dixit la Gazette Drouot de l'époque)  curieuses aquarelles représentant un bestiaire puisé dans sa bibliothèque avec une minutie si extraordinaire que pour les dessins les plus soignés chaque poil d'un pelage, chaque pli d'une peau de serpent, chaque écaille d'un poisson y sont tracés. André Breton qui le jour de la vacation avait acheté plusieurs oeuvres de Zötl , n'était pas sans faire de rapprochement avec le travail du Douanier Rousseau. La ressemblance avec un réel qu' Aloys Zötl ne connaissait pas, n'ayant jamais lui-même voyagé, n'était pas le fort du peintre même si d'aucuns le comparent à Pierre-Joseph Redouté ( https://politiqart.com/redoute-pierre-joseph-1759-1840/ ). Halluciné, décalé sont plutôt les adjectifs utilisés pour décrire des feuilles exotiques légendées en allemand et en latin, signées et datées du jour où elles sont terminées. Le psychisme de l'artiste y transparaît, son espèce de folie se devine. C'est sans doute la raison pour laquelle le surréalisme s'est emparé de lui. Une aquarelle de Zötl (ci-dessous) était présentée hier 30 octobre 2020, lors de la vente sur internet, confinement oblige, de la maison Gros et Delettrez. Le poisson saint-pierre, plume et aquarelle sur papier, ...

La raie, Chardin et les autres

Par dimanche 25 octobre 2020 Permalink 1

Au lieu de se pencher sur un artiste, amusons-nous à nous pencher sur un sujet! J'appelle, à la barre, la raie. "Les raies forment un super-ordre de poissons cartilagineux caractérisés par un corps aplati, de grandes nageoires pectorales solidaires du tronc et des fentes branchiales ventrales", nous explique Wikipedia. Cette définition est sans doute une base pour le peintre, une base à contextualiser, une base en transcender. Il nous vient alors à l'esprit Jean-Siméon Chardin (1699-1779). La raie, en une, est son morceau de réception à l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1728. Immédiatement, sa réputation est faite. Diderot, à son corps défendant puisqu'il admet et même théorise que la nature morte est le dernier des sujets de la hiérarchie des genres, ne peut s'empêcher de s'enthousiasmer presque naïvement en écrivant « c'est toujours la nature et la vérité », « c'est toujours une imitation très fidèle de la nature », « c'est la nature même », « Chardin est si vrai, si vrai ». On voit que ce qu'aime le philosophe, c'est la ressemblance avec le réel et pourtant lorsqu'il décrit "La raie" il fait appel à des métaphores et à son imagination. On comprend alors que Chardin a sublimé la nature morte. Marcel Proust est moins ...

Germaine Richier (1902-1959)

Par samedi 24 octobre 2020 Permalink 1

Germaine Richier a su transformer le plomb en or! Lors de la vente Kohn Marc-Arthur à Drouot dont on a parlé dimanche dernier à propos d'un tableau de Jean Metzinger, une sculpture en plomb de 1953 de l'artiste était présentée (en une). En cette période, durant 5 ans, elle produit dans cette matière "un ensemble exceptionnel de pièces uniques montrant toute l'étendue de ses recherches sur la forme", dixit le catalogue de vente. Mais situons un peu Germaine Richier! "À mon goût, ce sont presque uniquement quelques femmes qui sauvent aujourd'hui la peinture, et c'est Richier qui sauve la sculpture" pense d'elle René de Solier, écrivain et critique d'art aujourd'hui oublié, mari de Richier à partir de 1954. Peut-être n'est-il pas très objectif, il oublie d'ailleurs Louise Bourgeois, mais force est de constater que la carrière de l'artiste est une success story. Pieyre de Mandiargues disaient de son ami Germaine qu'elle nous faisait "apercevoir des fièvres et des peurs qui sont primordiales". Que n'eut-elle créé aujourd'hui, sa chauve-souris (ci-dessous), nous en donne un avant goût: . Montée à Paris après un passage à l'école des beaux arts de Montpellier où elle obtient le premier prix de sculpture, elle est la seule élève d'Antoine ...