Camille Pissaro (1830-1903)

Par samedi 26 janvier 2019 Permalink 2

Le danois Camille Pissaro ( et oui, il garde sa nationalité jusqu’à sa mort!), débute sa carrière d’artiste aux Antilles où il est né et au Venezuela. En 1855, il vient en France puis il expose au Salon “sans éveiller le moindre intérêt du public” dixit John Rewald dans sa monographie de Cézanne. D’ailleurs le peintre est en opposition constante avec les autorités officielles et participe à partir de 1863 au Salon des refusés avec tous les futurs impressionnistes si célèbres de nos jours. Mais même là, des années durant, E. H. Gombrich dans son “Histoire de l’art” explique: “Devant un tableau comme cette “impression” de boulevard au soleil”, en une, visible à Washington, “oeuvre d’un des esprits les plus systématiques de l’impressionnisme, ce public refusait de se reconnaître dans la série de taches informes qui figure la foule des passants. C’est l’idée abstraite d’une foule et des individus la composant qui les empêchait de regarder sans préjugé.”

A la différence de ses collègues épris de Turner, Pissaro se réclame des grands classiques de la peinture française du XVIIIe siècle sans doute porté par son amour de la nature qui vient de son enfance “ce qui fait que nous sortons peut-être tous de Pissaro” dit Cézanne en poursuivant: “Il a eu la veine de naître aux Antilles, là, il a appris le dessin sans maître. Il m’a raconté tout ça. En 65, déjà, il éliminait le noir, le bitume, la terre de sienne et les ocres (…). C’est lui, oui, le premier impressionniste”. Sa première toile impressionniste peinte en 1873, “Gelée blanche à Eunery” est au musée d’Orsay. Citons encore Cézanne, puisqu’ils s’aimaient beaucoup, ces deux là: “Monnet et Pissaro, les deux grands maîtres, les deux seuls!”. Il faut dire ici que Camille Pissaro soutient Cézanne contre vents et marées jusqu’à sa mort. Il aide d’ailleurs souvent ses cadets comme le prouve sa noble attitude vis à vis de Signac et Seurat.

Signalons maintenant deux résultats en France où les œuvres du maître y sont rarement en vente. Le premier ci-dessous, un portrait de Cézanne, une eau forte (i. e. un multiple) sur vélin, 21,5 x 26,5 cm fit le premier mars 2017 chez Audap-Mirabeau à Drouot 15 076 €

Le second le 21 novembre 2018, “Dans le pré en automne à Eragny” 65 x 80 cm, une huile sur toile de 1901 demanda à son acquéreur, chez Art Richeliue-Castor Hara ovv, la somme de 1 811 920 €. Un fragment de l’oeuvre ci dessous.

Frédéric Le Quer