Budget de l’Italie

Par mercredi 24 octobre 2018 Permalink 1

La commission européenne rappelle qu’en retoquant le projet de budget de l’Italie, elle travaille pour le peuple transalpin. Si elle le fait de la même manière qu’en Grèce où  280 000 de ses jeunes ont franchi le pas vers l’exil entre 2010 et 2015 , qu’au Portugal où, à la même époque, toutes les cinq minutes un habitant faisait ses valises pour quitter le pays ou qu’en Espagne où il y eut plus d’émigrants que d’immigrés, on comprend la réaction du député italien qui, piétinant la déclaration écrite de Moscovici, déclare “À Strasbourg, j’ai marché (avec une semelle faite en Italie !!!) sur la montagne de mensonges que Moscovici a écrite contre notre pays !!!”

C’est la première fois que la Commission prend une telle décision envers un état de la zone euro. Mais cette décision est bien plus politique qu’économique. L’Italie est un pays qui accumule les excédents courants depuis quatre ans. Si l’Italie est l’économie la plus endettée des pays européens devant la France, l’Allemagne et le Royaume Uni, la détention de sa dette est domestique pour les deux tiers. Son équilibre financier ne dépend donc que de ses citoyens. Bien sur, la situation financière de l’Italie n’est pas bonne mais elle ne dégénérera en crise de la zone € par une crise de la dette souveraine qu’à cause d’une attitude politique qui chercherait à la provoquer.

Seule la psychorigidité germanique relayée par la commission européenne est susceptible d’amener un italexit. Les motifs économico-financiers passent après leur haine du gouvernement qui dirige actuellement l’Italie. Mais quand les passions prennent la pas sur la raison, les pires extrémités sont alors possibles.

Frédéric Le Quer