Brexit sans accord

Par mercredi 28 août 2019 Permalink 5

Un glissement sémantique s’opère doucement à propos du Brexit. Si le Brexit sans accord est complètement envisagé faute de mieux par les brexiters, le Brexit avec accord est devenu l’exigence de ceux qui ne voulaient pas du tout de Brexit. Les dernières élections européennes avec la victoire de Nigel Farage en ont donc fait rabattre aux tenants d’un nouveau référendum dans l’espoir de voir le Royaume-Uni resté dans l’Union Européenne. Comme la majorité des britanniques n’a visiblement pas l’intention de se déjuger, les minoritaires qui refusent de voir leur pays quitter l’UE exigent à corps et à cri un accord dans l’espoir secret qu’il ne change pas grand chose ou qu’il prenne tant de temps que le statu quo demeure en fait. On attendait mieux d’une démocratie si ancienne. Observer les perdants tenter d’embrouiller les électeurs en ayant l’air de respecter leur choix tout en le manipulant afin de lui ôter toute substance correspond assez bien à ce qui s’est passé sur le continent avec les néerlandais ou les français dont le vote sur la constitution européenne n’a pas été pris en compte. Pour la plupart des autres pays l’avis des citoyens n’a purement et simplement pas été demandé! L’UE est une doctrine qui ne supporte décidément pas la contradiction. Sa raison d’être est la généralisation à l’échelle mondiale du libre échange des biens, des services, des êtres humains. Si pour l’UE, l’identité nationale n’est rien, il n’en va pas de même pour les britanniques qui ont avant tout voté en faveur du Brexit pour stopper la submersion migratoire et retrouver leur libre arbitre en matière d’immigration. Les écossais qui n’en ont guère et les travaillistes de Jeremy Corbyn islamophiles et peut-être même antisémites mènent la danse du statu quo soutenus par des personnalités mondialistes comme Tony Blair.

Il apparaîtra sous peu que les pro européens vont se mordre les doigts de ne pas avoir soutenu l’accord que Theresa May avait conclu avec Bruxelles. Fort du soutien de Donald Trump, Boris Johnson semble prêt à renverser la table. Nonobstant des magouilles parlementaristes qui provoqueraient des élections législatives anticipée, la fin octobre actera enfin la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne.

Frédéric Le Quer

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