Bouteflika, un symbole moderne

Par mercredi 6 mars 2019 Permalink 6

Voilà déjà plus de vingt ans que l’Algérie a Bouteflika à sa tête. Les ploutocrates veulent le garder au point de lui faire déposer sa candidature par procuration à partir de son lit d’hôpital genevois. Tout le monde y gagne sauf le peuple algérien dont on se fout pas mal. Voilà déjà plus de 20 ans que la politique menée en France est la même. Les ploutocrates veulent la conserver au point de s’approprier tous les médias du pays pour leur propagande. Tout le monde y gagne sauf le peuple français dont on se fout pas mal. Alors de ressortir de la naphtaline comme en Algérie les vieux politiciens usés jusqu’à la corde, tel Raffarin qui, aux dernières nouvelles, redeviendrait ministre au prochain remaniement. Juppé est bien au chaud. A quand le come back de Jospin? La France n’est guère en mesure de se moquer de la politique algérienne et de leur momie. Mieux même, au niveau de la liberté de la presse, il semble même qu’elle ait des leçons à recevoir de l’autre bord de la Méditerranée. En effet, si Facebook joue un rôle déterminant comme avec les Gilets Jaunes, une presse libre sur le web n’hésite pas à soutenir le soulèvement populaire en cours. “El Watan” par exemple, sur sa page d’accueil du jour parle de la menace vitale permanente qui touche Boutéflika, met en exergue les “imposantes” manifestations étudiantes à Alger sans minimiser la mobilisation et déplore “l’obstination du pouvoir” alors qu’ici on déplore celle des Gilets Jaunes.

Rien ne va en Algérie probablement et une personne correcte, non pas un sauveur, mais juste quelqu’un attaché au bien public manque à l’appel. La kleptocratie et le népotisme sont les deux mamelles du système. Mais chez nous, ce n’est pas mieux: pas d’ascenseur social, “selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir” et les privilèges exorbitants concernant toujours les mêmes mettent les citoyens en rage au point d’avoir fait de l’adage “dur avec les faibles, doux avec les forts” la devise d’Emmanuel Macron.

Frédéric Le Quer

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