Benalla se moque du sénat

Par mardi 22 janvier 2019 Permalink 4

Il y a longtemps que le bicamérisme parlementaire a du mal à se justifier. De Gaulle déjà en 1969 pensait mettre fin au sénat. C’est aussi l’une des premières revendications des gilets jaunes remontés contre la gabegie de l’état. Cependant, ces derniers temps, la haute chambre s’est distinguée par sa commission d’enquête pugnace concernant l’affaire Benalla et ma foi, vus les députés godillots qui sévissent au palais Bourbon, celui du Luxembourg était en train d’acquérir ses lettres de noblesse. Mais l’imparfait semble hélas de mise. Alexandre Benalla a fait hier aux sénateurs un bras d’honneur à chacune de leurs questions qui ne grandit ni l’intéressé plus suspect que jamais de tas de choses louches et de barbouzeries, ni le pouvoir législatif, décidément en pleine décrépitude, incapable de faire parler cet individu.

Donc pendant deux heures, le giton de Macron très sûr de lui a refusé de s’exprimer sous prétexte d’instruction judiciaire. Décidément pour lui comme d’ailleurs pour tout le monde, le législatif est devenu la dernière roue du carrosse de nos institutions. Les passeports diplomatiques? Circulez, ya rien à voir! Ses nombreux voyages depuis son licenciement? Circulez, ya rien à voir! Ses activités réelles actuellement? Circulez, ya rien à voir! Qui l’a employé pendant un mois récemment? Circulez, ya rien à voir!

La commission d’enquête du sénat ne sert plus à rien. La mise en accusation de Benalla apparaît comme une aubaine pour étouffer l’affaire à se demander s’il n’y a pas connivence à ce sujet là aussi, comme par exemple avec la mise en détention de Christophe Dettinger, entre les pouvoirs exécutif et judiciaire. Le pouvoir législatif est squeezé dans ses grandes largeurs. Cet événement à lui seul devrait suffire à changer de régime rapidement.

Frédéric Le Quer