Benalla: commission d’enquête parlementaire

Par lundi 23 juillet 2018 Permalink 6

La commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Benalla donne pour le moment les résultats qu’une commission parlementaire a, de tout temps, dû délivrer: elle noie le poisson, s’enlise dans les détails et permet à chaque intervenant de se dédouaner de toute responsabilité. Que ce soit le préfet de police ou le ministre de l’intérieur, ils n’y sont strictement pour rien, n’ont eu aucune connaissance de la présence d’Alexandre Benalla sur place au moment des faits; c’est tout juste s’ils connaissaient “l’individu”, comme ils disent. Et, sans doute, doit-on les croire puisqu’ils le jurent.

En fait tout le monde sait depuis le début de l’affaire que les responsabilités ne se jouent pas à leur niveau. Certes le préfet de police a sorti de son chapeau un ancien gardien de la paix devenu major et bientôt en retraite: le lampiste parfait coupable de “copinage malsain” avec le tortionnaire de la Contrescarpe. C’est risible, c’est faire fi de l’importance que peut avoir un personnage que tout le monde savait être l’homme de confiance du président de la république sur tout fonctionnaire qui n’a pas cette relation. En effet le seul niveau qui compte dans ce scandale et c’est bien pourquoi il est qualifié “d’état”, c’est celui du chef de l’état. La commission parlementaire pourra bien interroger qui elle veut, la véritable justification à la présence de Benalla le premier mai et à son comportement violent est son sentiment d’impunité dû à sa proximité avec Emmanuel Macron. Le reste est de la blague.

Il est probable que le président espère que l’ensemble des noms prononcés au cours des auditions qui vont se multiplier et durer, c’est nécessaire pour enterrer une question, finiront par ériger un rempart devant sa propre personne afin d’amoindrir le plus possible sa responsabilité. La commission d’enquête parlementaire va-t-elle faire oublier que Benalla n’a cessé d’être promu et non châtier depuis qu’il a molesté des manifestants? La violence de Benalla n’est que le miroir de la violence verbale du président et c’est d’ailleurs pour ça que ce dernier ne lui en n’a pas tenu rigueur quand il a su les faits le lendemain. Jugez plutôt de l’arrogance de Macron qui probablement sert de modèle à Benalla!

-“Vous n’allez pas me faire peur avec votre Tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler.”

-“Les ouvriers GM&S? Ils feraient mieux d’aller chercher un poste plutôt que de foutre le bordel”

-“Il y a des gens qui râlent tout le temps pour tout. Donc râlez!”

-“Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes”

-“Les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien”

Et après on s’étonnera de l’attitude de Benalla. Il copie son mentor avec ses poings et c’est tout.

Frédéric Le Quer