Bel exemple de souverainisme par l’Italie

Par mercredi 14 novembre 2018 Permalink 4

Le choix démocratique italien d’un retour au souverainisme se heurte à une commission européenne prise au piège. Le gouvernement dirigé par Giuseppe Conte mais dont les leaders politiques sont Luigi Di Maio et Matteo Salvini, a décidé de tenir ses promesses électorales. Devant tant d’honnêteté, Bruxelles, pour qui la démocratie s’arrête au niveau de traités éternellement valides,  est sans dessus dessous, mais se retrouve sans moyen réel pour affirmer son autorité. Les italiens ont choisi une relance de leur économie par la demande ce qui ne réussit pas trop mal aux américains et bénéficieront donc d’un revenu minimum universel et d’une baisse des impôts. Malgré les cris d’orfraies de la commission européenne, le déficit public pourrait environner en 2019, 2,4 % du PIB. Quelques dixièmes de pourcentages de plus sur le budget font tout un drame alors que régulièrement entre ce qui est projeté et ce qui arrive vraiment, le hiatus est de cet ordre, voir la France cette année…

Bien que l’euro apparaisse comme “une expérience économique et sociale erronée”, dixit La Ligue, il est devenu pour les européistes, fondamental, incontestable et intangible. En France, la révolte actuelle des gilets jaunes n’est en fait que la conséquence de cette pratique de la monnaie unique qui veut faire des pays du sud des allemands. Les ménages doivent sans cesse payer pour que l’état ait un budget équilibré qui pérennise les grandes fortunes qui ne sont ainsi plus soumises aux dévaluations monétaires et à l’inflation. L’euro est l’instrument d’une politique ultraconservatrice et inégalitaire. Les italiens contournent le problème en faisant un bras d’honneur à Junker, Moscovici, Merkel et Macron et en proclamant que l’euro sera ce qu’ils veulent qu’il soit et non pas ce que d’autres exigent. Ce courage ne peut que réjouir les populations pliant sous le poids du chômage et des taxations.

« Nous travaillons à un budget qui garantisse plus d’emplois, plus de droits à la retraite et moins d’impôts (…). Si cela convient à l’Europe tant mieux, si cela ne convient pas à l’Europe on continue quand même » proclame Salvini. Le souverainisme, c’est aussi ça.

Frédéric Le Quer