Bataclan, aussi un scandale d’état

Par vendredi 15 juin 2018 Permalink 2

Au Bataclan, le vendredi 13 novembre 2015, l’état n’a pas donné le meilleur de lui-même. Qu’elles étaient longues ces rafales de coups de feu dans la salle de spectacle! Qu’ils étaient courts les moments où elles s”arrêtaient pour laisser le temps de recharger les armes! C’était là qu’il fallait saisir sa chance, s’approcher de la sortie de secours, se planquer sous des corps inertes. “Tous ceux qui font les morts, vous avez de la chance qu’on soit pressés”, regretta un terroriste, ce soir-là. Mais tous ceux qui faisaient les morts trop maladroitement pour ne pas être vus en train de remuer se sont pris une balle du balcon vers la fosse. Vers la fosse où l’insoutenable bruit des râles d’agonie des blessés dans cette odeur de fer et de sang qui envahissait tout, reste encore aujourd’hui gravé dans la tête des survivants.

Non, l’état n’a décidément pas donné le meilleur de lui-même au Bataclan. Deux policiers de la BAC se sont couverts de gloire et c’est tout. La force Sentinelle a été bien pire qu’une mascarade. Sa hiérarchie a montré toute sa lâcheté, toute sa veulerie! Les huit militaires présents autour du Bataclan ne sont jamais intervenus. Honte à leurs chefs! Ces chefs qui ont fait exactement la même chose qu’en Afrique où les patrouilles n’ont même pas le droit d’avoir de cartouche insérée dans la chambre d’arme! Les rebelles rient d’eux. Les sous-off dépriment au point d’avoir besoin pour beaucoup d’entre eux d’un suivi psychologique en rentrant en France! Mais là-bas, c’est l’étranger, on sécurise juste les ressortissants français car intervenir est un peu prendre partie, tandis que chez nous, en France, intervenir c’était sauver des civils. L’opération Sentinelle en 2015 a donc été un scandale d’état.

Evidemment, il n’y a pas que les officiers à réprimander. Les politiques, les Hollande, Valls ou Cazeneuve trimballent tous leur lourd dossier à charge. Le dossier de la bien pensance. Celle qui préfère encore voir un innocent mourir plutôt que de prendre le risque de tuer un musulman, même terroriste. Pas de vague. Pas de vague tant qu’il y a peut-être moyen de temporiser. Personne n’ose alors prendre de décision. Et les otages meurent. “Ils ont pris leur temps et les ont tués un par un. Boum, viens là. Boum, viens là.Boum. (…) Si une personne avait eu une arme, les terroristes auraient fui ou se seraient faits tirer dessus” Donald Trump. Une personne ou mieux, un militaire!

Mais les militaires, cette nuit là, etaient aux abonnés absents.

Frédéric Le Quer