Balance ton porc

Par mardi 10 décembre 2019 Permalink 1

J’avais fini de regarder hier sur cnews le débat avec Eric Zemmour et restais sur la même chaîne pour écouter les informations qui arrivent juste en suivant sans intermède publicitaire. Je ne m’attendais à rien de fracassant et n’étais pas déçu. Les lamentations des usagers du train et du métro ainsi que les monstrueux embouteillages parisiens étaient à la une en ce cinquième jour de grève. Mais, il se trouva que, pour illustrer ces nouvelles, une jeune reportrice blonde et jolie de son état avait été missionnée dans une gare pour décrire la situation sur le vif, en direct. On a toujours l’impression que ces jeunes journalistes sont prêts à tuer père et mère pour être là où ils sont et qu’il s’agit pour eux du reportage de leur vie, aussi ringard fut-il. Bref très concernée, la jeune femme avait commencé son boniment au milieu des voyageurs affairés quand un type, un africain, vint l’embrasser sur la joue et continua son chemin comme si de rien n’était, son incivilité commise avec un culot monstrueux. Monstrueux, c’est le bon mot, tant la fille a supporté ce geste avec un effroi perceptible. Pourtant elle a tout fait pour que l’incident ne vienne pas troubler la suite de son propos. Mais ça se voyait. Elle souriait toujours en parlant par automatisme mais ses yeux s’embuaient de larmes. Elle avait eu peur. Le reportage se finit une trentaine de seconde après et j’étais soulagé, elle pourrait débriefer avec son cameraman le geste incongru du saligaud, peut-être pleurer tout son soûl.

Dans les studios, comme ils disent, le présentateur n’eut pas un mot concernant la scène et fit comme si rien ne s’était passé alors que plusieurs dizaines de milliers de gens en avaient été inévitablement témoins.

C’était la France d’aujourd’hui vue pour une fois à la télé. Sous prétexte d’antiracisme plus rien n’est possible de dire, tout doit être supporté du moment que cela vient de la chère diversité. C’était du “balance ton porc”, soft, mais du balance ton porc quand même; mais il fallait néanmoins se taire devant ce qui était incontestablement une agression.

On entend souvent dire que ce pays est foutu. C’est l’effet que ça faisait hier devant la lâcheté de tout le monde, y compris, d’une certaine manière, de l’agressée.

Frédéric Le Quer

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