Autisme et grand débat

Par mardi 2 avril 2019 Permalink 3

Alors que ce 2 avril est la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, Emmanuel Macron poursuit son grand débat national avec les parlementaires. Pourquoi pas, vu qu’on est dans le grand débat permanent? Gouvernement et députés vont pouvoir faire semblant de se chamailler pour que rien ne change jamais! Les gilets jaunes, pourtant, agitent tous les samedis des idées véritablement subversives comme rien de moins que la contestation du système républicain. “La démocratie, pas la république” était écrit sur le gilet d’un manifestant. Evidemment les médias n’en parlent pas. Débattre sans changer l’oligarchie, sans changer la classe sociale dominante, sans changer la partition entre ceux qui font un fric fou et ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts, sans changer ceux qui naissent avec une petit cuillère en argent dans la bouche et ceux qui n’en auront jamais, non pas à cause de leurs mérites mais à cause de leur prédestination implacable, enfin débattre pour surtout ne rien faire sur rien est la mission que se donnent nos élus depuis des décades pour tirer profit du régime sans se casser la nénette! Les autistes au pouvoir et à l’assemblée vont aujourd’hui se régaler: c’est leur journée.

Qu’ils en profitent bien! ça ne durera pas. Des peuples sont faits pour être soumis comme ceux dont la religion les rend inapte à la protestation. Le peuple français, malgré sa transformation à marche forcée, n’est pas de ceux qu’on écrase impunément. Il a compris que l’exercice des droits civiques qu’on lui accorde n’est plus qu’un piège. La citoyenneté passe par la rue, passe par là où le système est fragile. Il est fort dans les arcanes des débats arrangés à sa sauce qui laissent les citoyens penauds étourdis de belles phrases. Il est fragile quand il s’agit de le contester dans son entièreté, quand il s’agit de le révoquer, quand il s’agit de hurler NON. Là il vacille comme il a vacillé en décembre dernier. Le régime actuel ne se corrige pas. On l’abat ou on en crève.

Frédéric Le Quer