Ary Abittan et #Metoo

Par mercredi 3 novembre 2021 Permalink 1

Dans les métamorphoses d’Ovide, une jeune femme Philomèle est effroyablement victime de la violence masculine en étant violée puis mutilée par son beau-frère, l’époux de sa sœur. L’agression subie par la jeune fille en plus du viol lui-même, consiste en un acte sauvage ; sa langue est tirée avec des pinces puis coupée avec une épée pour qu’elle ne puisse jamais rien dire. Surtout ne rien dire. Certain de son impunité le violeur enferme la muette quasi-animalisée dans une étable et la viole à nouveau pendant un an avant que l’heure de la vengeance ne sonne lorsqu’elle peut expliquer son drame à sa sœur.

Depuis ces temps obscures de la mythologie grecque, le mouvement #Metoo est passé par là! La libération de la parole n’attend plus. La curieuse histoire de l’acteur Ary Abittan dont j’ignorai le nom mais dont la tête m’était connue, vient le démontrer à l’extrême. La victime présumée, une jeune femme de 23 ans a une liaison non officielle avec cet homme qui a plus du double de son âge et qui a déjà une relation officielle.

Samedi soir. Elle est chez lui. Ils ont une première relation sexuelle qui se passe normalement. A la seconde, sans doute fallait-il au monsieur un peu de piment pour retrouver sa forme, celui-ci exige de la femme quelque chose d’inappropriée, du moins pour elle. Elle s’exécute, surement forcée en renâclant, mais à peine sortie de l’appartement veut déposer une main courante au commissariat de police. Il semble que le policier qui la reçoit, la pousse à porter plainte ce qu’elle fait. On ne pourra pas ainsi accuser le commissariat de laxisme sur le sujet des violences conjugales!

L’état entre dans l’intimité la plus secrète d’un couple. La justice devra établir ce qui est ou non inapproprié dans une relation sexuelle consentie au départ. L’état pourra aussi s’interroger pour savoir si en fonction des cultures, ou en fonction du vécu des victimes, la sexualité peut être plus ou moins libérées… ça promet d’être croustillant! Éventuellement un tableau excel à venir avec des concordances…

Bien sûr il sera dit que quand une femme dit non c’est non. Mais compte tenu de leur relation, il faudra bien que le juge établisse si les goûts d’Ary Abittan étaient ou non exagérés… C’est d’ailleurs un grand sujet des livres libertins du XVIIIe siècle; l’épouse va voir son confesseur pour se plaindre de ce que lui impose son mari au lit et l’homme d’église l’incite en général à céder. Le juge incitera-t-il la jeune femme à céder à Ary ou punira-t-il Ary et ses goûts sexuels?

Le suspens sera à son comble quand on en saura plus sur ce qu’a voulu faire l’homme et que n’a pas voulu faire la femme. En attendant, merci au mouvement #Metoo de nous régaler de faits divers qui en disent long sur le monde d’aujourd’hui!

Frédéric Le Quer

 

 

Laisser un commentaire ?