Arme nucléaire tactique

Par lundi 2 mai 2022 Permalink

Nos médias ont diffusé à l’envi les images de ce présentateur de la télévision russe menaçant Berlin, Paris et Londres d’une frappe nucléaire. Puis ils n’en parlèrent plus du tout se rendant probablement compte que l’intérêt de ne pas paniquer les populations occidentales était plus grand (en particulier économiquement) que celui de diaboliser un peu plus encore la Russie. A l’évidence si le risque de voir raser de la carte une de ces capitales occidentales est faible, l’utilisation de l’arme nucléaire tactique de la part de la Russie est une possibilité.

Poutine peut un jour, il l’a dit, donner l’ordre d’envoyer une “petite” bombe A ou H à l’arrière du champ de bataille, par exemple en Pologne où sont stockées les livraisons d’arme de l’occident vers l’Ukraine. La Russie a le plus vaste arsenal d’armes de ce type au monde et l’OTAN fait une publicité aberrante de son aide matérielle à l’Ukraine. Les américains multiplient les milliards comme les petits pains en le criant sur tous les toits. Mais même les français qui se disent abusivement discrets, expliquent à la population combien sont importantes leurs livraisons de missiles anti-chars russes.

Nous en serons au stade de la frappe nucléaire tactique le jour où la Russie aura épuisé ses armes conventionnelles sans être venue venu à bout de ses objectifs en s’apercevant qu’elle ne peut lutter contre un ennemi constamment réapprovisionné par l’occident. Que sera prête à faire alors l’Amérique?

C’est un drôle de protégé que ce sont donnés les américains et leurs suiveurs. Un régime installé suite à un coup d’état en 2014 alors qu’une élection démocratique avait mis en place les précédents dirigeants. Puis une autre élection “démocratique” pour légitimer les nouveaux. La corruption de la classe politique est restée à son comble avec par exemple un Zelensky dont on se demande… ou pas, d’où il tient une fortune de près d’un milliard de $ et un peuple particulièrement pauvre beaucoup plus pauvre que le peuple russe par exemple.

Parenthèse fermée mais parenthèse qui laisse un peu pantois et qui interroge sur la sincérité de l’aide apportée à l’Ukraine, pays qui sert d’excuse depuis des années aux Etats Unis pour combattre la Russie en se donnant des airs de grand libérateur. Parenthèse qui pose aussi la question de savoir si un jour des français devront aller mourir pour ce pays où la corruption est endémique et où les inégalités sont patentes. Parenthèse qui aurait dû ouvrir la possibilité à une attitude moins manichéenne de l’occident qui eut pu prôner depuis longtemps l’autodétermination de telle ou telle région ukrainienne pour savoir si elle voulait rester ukrainienne ou redevenir russe. Qu’est-ce que cela aurait vraiment changé pour un pays où les frontières sont tout ce qu’il y a de plus mouvantes?

C’est trop tard mais notre posture est dangereuse et attise les flammes de toutes les rancœurs. La Corée du Nord par exemple en profite actuellement pour se rappeler au bon souvenir de la planète avec ses propres essais nucléaires. Et que penser aussi du Pakistan ou peut-être même de l’Iran que cette situation de l’Europe peut parfaitement désinhiber?

Sur un plan moins guerrier, l’opinion publique de la plupart des anciens pays du bloc soviétique aujourd’hui dans l’UE est favorable à la Russie, un reportage à propos de la Bulgarie en témoignait ce matin encore sur France Culture. Les peuples devront-ils être encore partie négligeables des décisions prises à Bruxelles qui touchent directement leurs conditions de vie avec une énergie qui se raréfie et des prix qui explosent à la hausse? Nous français pensons aussi à nos intérêts économiques bafoués comme chez Renault, par exemple, qui pour un euro symbolique a vendu en toute discrétion Lada aux russes… Pauvre entreprise française qui part en lambeaux!

Est-ce que tout ça peut raisonnablement bien finir?

Frédéric Le Quer

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