Aristide Maillol (1861-1944)

Par samedi 26 octobre 2019 Permalink 1

Le nu féminin est le thème favori d’Aristide Maillol. L’artiste n’est pas que sculpteur mais aussi peintre et dessinateur. Il apprend son métier dans les ateliers de Gérôme et Cabanel et se lie d’amitié avec Bourdelle, les nabis Vuillard, Denis, Bonnard et est même l’un des premiers à fréquenter Picasso. S’il faut le qualifier Maurice Denis le classe comme un classique primitif. Maillol, lui déclarait qu’il travaillait “comme si rien n’existait, comme si je n’avais rien appris. je suis le premier homme qui fait de la sculpture”. En tout cas, la solide culture classique et le gout pour l’art grec de ce méditerranéen rendent ses œuvres toute en rondeur, sinueuses, attirantes et tactiles, parfaitement équilibrées. Peut-être plus que d’autres sculpteurs, les dessins de Maillol au crayon ou à la sanguine fournissent les éléments indispensables pour appréhender la genèse des oeuvres, la masse plastique de ses femmes nues en donnant un cadre à ses sculptures.

En 1900, Aristide Maillol expose ses premières réalisations au salon d’automne. Cinq ans plus tard il présente “La Méditerranée”, cycle de sculpture à la gloire de la femme. “La plupart de ses académies féminines obéissent au canon de “la femme à dix têtes” selon lequel le corps comprend dix fois la tête, emprunté aux imagiers gothiques et aux artistes de la Renaissance”, dixit La Gazette Drouot. Citons enfin à propos de l’oeuvre de Maillol, sa muse Dina Vierny à l’origine du musée Maillol dans le VIIe arrondissement de Paris. Quand une partie de sa collection fut dispersée après son décès en 2009, ce fut l’occasion le 2 décembre 2013 d’un record mondial pour Maillol à 6 177 266 € (voir image ci-dessous): le modèle est Dina, la sculpture se nomme “La rivière”, épreuve d’artiste en plomb fondue dans les années 70 par Georges Rudier (fonte posthume donc), 128 x 220 x 166 cm, les maisons de vente sont Artcurial-Briest-Poulain-F. Tajan SVV et Sotheby’s France SVV.

En une, l’épreuve en bronze à patine brune nuancée, h 80 cm, d’Alexis Rudier du “Nu debout se coiffant” (Baigneuse aux bras levés, 1898) a appartenu au couturier Jean Patou. Vendue le 22 mai 2015 chez Pierre Bergé & associés à Drouot, la statue était convoitée jusqu’à 550 340 €.

Signalons pour finir le carnet n°11 de dessins, d’études, de croquis et d’esquisses, mine de plomb, 205 x 130 mm, provenant de la collection de Melle Wessel, compagne de Lucien Maillol, fils unique d’Aristide Maillol, qui, à Nice, chez Mes Palloc, Courchet et Fède fit 48 000 €.

Frédéric Le Quer

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