Antiparlementarisme

Par mercredi 12 février 2020 Permalink 1

Aucune contestation dans le cadre institutionnel, c’est-à-dire par l’intermédiaire des députés, ne changera quoique ce soit aux décisions présidentielles. Les médias de tout poil tentent de faire croire au peuple à une illusion en évoquant à tout bout de chant le travail parlementaire. Il ne mène strictement à rien. Lundi prochain, l’assemblée nationale votera la réforme des retraites que le gouvernement veut. Hier soir les élus sont venus à l’Elysée faire allégeance à Macron et sont maintenant regonflés à bloc pour jouer plus que jamais… les godillots. Macron pourrait ce matin chanter cette vieille chanson: “Moi, je construis des marionnettes avec de la ficelle et du papier, elles sont jolies mes mignonnettes, je vais vous les présenter…” Oui, pas inutile d’être présentées, les marionnettes! Personne ne les connait!

Les français n’ont pas le système politique qu’on leur fait croire qu’ils ont. Les gilets jaunes le savent. La grandeur de leur révolte est de le clamer haut et fort. L’oligarchie décide seule et toutes les déclarations sur la démocratie représentative sont des leurres qui deviennent néanmoins si gros que plus personne n’y croit vraiment. C’est bien pour ça qu’elles sont tant mises en exergue, pour laborieusement continuer le mensonge. De plus en plus laborieusement. L’assemblée nationale très loin d’être le pouvoir du peuple est l’ultime bâton aux mains de l’oligarchie pour imposer sa volonté, pour faire courber l’échine des contestataires. C’est un bâton que les français ont donné pour se faire battre d’ailleurs. Ils n’avaient rien compris au macronisme et il le découvre quand il est trop tard à leur corps défendant.

Quand la vie d’un peuple est rendue volontairement de plus en plus difficile, il faut forcément penser à la révolution. Les mesures de restrictions au niveau des retraites, au niveau du chômage, au niveau de l'”écologie punitive” ou n’importe quoi d’autre ne représentent rien par rapport à l’argent fabriqué ex nihilo par la BCE toutes les semaines. Leur utilité est juste de briser le petit peuple comme l’immigration sert à le diviser. L’oligarchie assoit son pouvoir par l’exploitation forcenée d’individus trop bêtes pour se défendre. On voit que l’éducation nationale avec ses diplômes à périmètres variables devient partie prenante dans le travail de démolition du citoyen.

L’antiparlementarisme apparaît dès lors comme une pulsion démocratique. Si les gilets jaunes défilent avec des pancartes “RIC” demandant la possibilité de référendums d’initiative citoyenne, c’est parce qu’ils n’ont pas confiance en leurs représentants. Les députés LREM témoignent actuellement du bien fondé de leur propre remise en cause. Quand la représentation nationale faillit, le modèle républicain doit être ranimé. Un certain antiparlementarisme doit maintenant éviter la dérive réactionnaire de nos institutions.

Frédéric Le Quer

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