André Bauchant (1873-1958)

Par samedi 12 février 2022 Permalink

Avec l’art naif, celui qui regarde les tableaux hésitent parfois entre naïveté (réelle ou feinte) et maladresse. Ce n’est pas le cas avec André Bauchant, autodidacte mais consacré dès la quarantaine en entrant dans les collections de Le Corbusier, Serge de Diaghilev, Christian Dior ou Peggy Guggenheim. Le peintre jardinier comme on l’appelait puisqu’il a un moment été botaniste, fait partie des grands. Il eut deux vies, l’une avant la première guerre mondiale et l’autre après.

Et pourtant rien ne l’y prédestinait. Il naît dans une famille paysanne à Château-Renault, l’extrême sud de la riche Beauce n’est pas loin mais on est déjà entré en Touraine; c’est une bourgade ouvrière aux nombreuses tanneries qui ont fermé dans les années 1980 en laissant la ville exsangue. Bref le milieu n’a rien à voir avec celui des beaux arts! Ce sera son milieu jusqu’à 40 ans passés. Heureusement pendant la guerre de 14-18, il a pour mission d’élaborer des relevés de terrain et d’esquisser des croquis panoramiques. C’est la révélation. André Bauchant dit lui-même: “je dessinais les horizons avec la même facilité pour moi que d’écrire une lettre”. Démobilisé il retrouve sa femme qui a perdu l’esprit, tente le tout pour le tout et décide d’accomplir ce pour quoi il est fait, peindre. Le succès arrive vite. Les années 20 le voient être consacré. Il pourra vivre de sa peinture jusqu’à la fin de sa vie.

Hier à Drouot, chez Ader svv lors d’une vente intitulée “Art et utopie”, une série d’œuvres d’André Bauchant, un peu tardive peut-être, était présentée. Celle en une, 65 x 81 cm, de 1957, une huile sur toile, fit environ 7500 €. Celle ci-dessous de la même année, 50 x 65 cm frôla les 2600 €.

Un dernier exemple, cette fois, chez Artcurial en 2012 avec un tableau dans le veine mythologique de Bauchant qui plait particulièrement aux collectionneurs. L’antre de Trophonos, Grèce, 1941, huile sur toile 73,60 x 91,90 cm fit 9009 €.

Frédéric Le Quer

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