Anarcha-féminisme

Par vendredi 12 mars 2021 Permalink 1

Mis à part les habitants du quartier, peu nombreuses sont les personnes à connaitre la petite église parisienne de style gothique de la rue St Denis appelée Saint Leu Saint Gilles. Elle vient pourtant d’être la cible d’un mouvement anarcha-féministe (vous remarquerez le a final à anarcha, rebelle et tellement plus féminin qu’un o) qui a profané sa façade. Les pasionaria du féminisme de gauche ont inscrit à la bombe des slogans comme “Prisons en feu, Macron au milieu” ou “Nik tout” ou encore celui faisant l’objet de l’image en une “mange mes règles sur tes pâtes, bolo” (d’habitude on dit “bolos” pour signifier nul, ringard, mais dans la précipitation et l’excitation d’un acte d’une telle portée révolutionnaire, le s a été oublié).

Cet anarcha-féminisme anti capitaliste est réjouissant. Naïvement le mouvement continue de s’en prendre au pauvre culte catholique qui en a vu d’autres. Il s’inscrit aussi dans la lignée des déclarations de l’inénarrable féministe lesbienne Alice Coffin qui boycotte la musique ou les films créés par des hommes et assume « ne pas avoir un mari”, car ” ça m’expose à ne pas être violée, ne pas être tuée, ne pas être tabassée », ajoutant : « et cela évite que mes enfants le soient aussi ».

Ces “filles”, mais dois-je les genrer?, se piquent aussi d’intersectionnalité.  Dans leur lutte, la race, la religion, le genre et la classe sociale s’entrecroisent. Si vous êtes noire, musulmane, pauvre et mal genrée, queer ou au minimum lesbienne, vous devenez la superwoman de l’activisme militant avec comme ennemi radical le mâle blanc hétérosexuel représentant de l’état exploiteur, oppresseur et patriarcal. L’extravagance d’une telle pensée avec cette absence totale de subtilité, de complexité, cet outrancier manichéisme prête à sourire. D’ailleurs, le but final de l’anarcha féminisme n’est absolument pas de concevoir des structures de pouvoir adaptées à ses revendications mais de détruire toutes celles qui existent.

Nietzsche vient alors à point pour nous recadrer et nous empêcher de rire: « Le grand danger, ce n’est pas le pessimisme, mais l’absurdité de tout ce qui arrive ! La véritable, la grande angoisse, c’est celle-ci : le monde n’a plus de sens ».

Frédéric Le Quer

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