Alain Jacquet (1939-2008)

Par samedi 19 septembre 2020 Permalink 1

“J’estime que mon véritable travail artistique commence en 1961 avec ces œuvres où les couleurs ne sont pas mélangées mais juxtaposées. A la même époque des américains comme Franck Stella juxtaposaient des bandes avec des formes géométriques sans mélanger les couleurs”, explique Alain Jacquet en 1998. Le tableau en une de cette époque, huile sur toile, 212 x 194 cm, fit chez SVV Morand 12 400 €.

Mais le clou de la carrière de l’artiste, représentant alors de la nouvelle figuration, est bien sûr ” Le déjeuner sur l’herbe” de Manet revisité au moyen du médium ancien mais redécouvert par l’industrie américaine qu’est la sérigraphie. Cette technique d’imprimerie permet en 1964 à Alain Jacquet de transformer le tableau impressionniste à la manière d’une affiche publicitaire et de pouvoir multiplier les supports. Si le pastiche est amusant, c’est l’idée même d’oeuvre d’art qui change complètement puisqu’elle est créée de manière mécanique et reproductible à l’envie. Le pop art est lancé en France.

La sérigraphie “Le déjeuner sur l’herbe” 175 x 196, version 1964, venue d’une prestigieuse collection particulière présentée  chez Joron-Derem le 23 juin 2017, sur papier cellulosique marouflé sur toile formant diptyque faisait 88 120 €.

Jacquet va continuer à réinterpréter les maîtres d’hier, Vélasquez, Ingres, école de Fontainebleau, Manet…, dans un registre fragmenté  comme lorsque Gabrielle d’Estrée se transforme en vamp dans cette sérigraphie en couleurs, épreuve hors commerce signée et datée ” 68 ” 55,6 x 76,3 cm, cassure dans la marge supérieure, autrement très belle épreuve qui fit chez Artcurial en 2008, simplement 867 €.
Frédéric Le Quer

PS: Divers articles de la Gazette Drouot m’ont aidé à écrire cette chronique

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