Agnès Buzyn en campagne à Paris

Par lundi 17 février 2020 Permalink 1

Pour Macron, un peu comme depuis le début, les chiens aboient, sa caravane passe. Les tumultes de la majorité ou ceux de la rue n’ont pas de prises sur le président. Alors que Benjamin Griveaux sort sous les pleurs de l’oligarchie et les rires du peuple, Agnès Buzyn le remplace pour candidater à la mairie de Paris.

Pourtant la politique de cette dame au ministère de la santé a été, on ne peut plus, critiquée. La loi de finance de la sécurité sociale est rejetée par tout l’hôpital; le personnel médical du médecin à l’aide soignant(e) et le personnel non médical sont dans la rue se sentant complètement abandonnés à cause de l’insuffisance des mesures gouvernementales; le recours aux urgences pour un patient devient une espèce de double peine tant l’accueil, faute de moyens, est déplorable.

Avec un tel bilan, cette dame va néanmoins demander l’onction du suffrage universel indirect! Ce choix est évidemment le signe d’un profond mépris pour les opposants à la politique actuelle. Pire, ce choix est un marqueur qui fera date sur le fossé de plus en plus large entre les gouvernants et les gouvernés dont les gouvernants pour le moment ne tiennent pas compte. Dans leur bulle, se pavanant en altitude avec une tenue de ski, par exemple, ils imposent, en refusant les critiques, un libéralisme impitoyable. Les gouvernés retournés par facilité à la demi mesure avec dialogue et contestation assez feutrée dans la rue, bien encadrée, ne font absolument pas entendre raison aux premiers puisqu’ils ne leur font plus peur.

Résultat, l’oligarchie se moque de cette opposition d’opérette et poursuit avec son rouleau compresseur. Le remplaçant de Buzyn, Olivier Véran, très partisan d’une médecine libérale, en est l’exemple type, sa nomination apparaissant même pour certain comme une provocation.

Le seul soulagement est la probable raclée qu’Agnès Buzyn va prendre. La propagande médiatique qui commence déjà, ne suffira surement pas à pousser les électeurs à voter pour elle. Si Macron n’avait pas été vexé du refus de Villani de tendre la main à Griveaux, elle ne serait pas là… Parions, quoiqu’il arrive, que les municipales ne feront pas changer d’un iota la ligne politique gouvernementale menée par Philippe ou un autre sous l’égide présidentielle!

Frédéric Le Quer

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