Affaire Kohler et pantouflage

Par samedi 9 juin 2018 Permalink 4

Le monde des affaires a désormais investi la haute fonction publique. Le pantouflage est à son comble protégé par le président de la république lui-même. Un rapport d’un député de la république en marche, évidemment, osait dire en début d’année que celui-ci était limité! L’affaire Kohler prouve tout le contraire.

Le haut fonctionnaire sous le parrainage d’Emmanuel Macron, son ministre de tutelle à l’époque en 2016, a pu passer de la haute fonction publique où il travaillait comme par hasard dans le secteur des transports, à la multinationale “familiale” (entreprise de transport maritime!!!) en toute sérénité. Dans la haute fonction publique, l’homme aurait avantagé MSC, l’entreprise chère à son cœur dont sa mère est de la famille proche des dirigeants. Plus tard devenu enfin directeur financier de MSC grâce au ministre Macron alors que 2 ans plus tôt cela lui avait été refusé par la commission de déontologie, il est intervenu en mars 2017 pour la reprise de STX France, société de construction navale. Le conflit d’intérêt pue à plein nez mais, comme en contre partie, Kohler n’a cessé de servir les intérêts d’Emmanuel Macron, travaillant pour lui bénévolement pendant la campagne électorale (il était à cette époque toujours payé par MSC), il est devenu secrétaire général de l’Elysée. Notre président des riches a déclaré du Canada qu’Alexis Kohler était d’une probité exceptionnelle!

Le délit de pantouflage est sévèrement réprimé par trois ans de prison et 200 000 euros d’amende. Les sanctions sont néanmoins rarissimes, moins d’une quinzaine sur 20 ans. Macron ne s’est pas soucié de l’avis de la commission de déontologie rendue en 2014 qui était contre le passage d’Alexis Kohler dans le secteur privé. Anticor une association contre la corruption et pour une éthique en politique a porté plainte pour “trafic d’influence et prise illégale d’intérêt”! Excusez du peu! Le Parquet national financier (PNF) a donc ouvert une enquête.

En début d’année, deux députés ont annoncé qu’ils déposeraient, avec l’appui de la commission des lois de l’Assemblée nationale, une proposition de loi pour fusionner la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique avec le comité de déontologie qui on le voit ne sert pas à grand chose. Parions que la proposition de loi n’est pas près d’être débattue, le gouvernement maîtrisant l’ordre du jour!

Frédéric Le Quer