Adieu, les cheminots!

Par Jeudi 15 février 2018 Permalink 2

Personne n’aime beaucoup les cheminots. Ils ont toujours pris l’usager en otage en le rendant systématiquement victime de leurs revendications marquées avant tout par le sceau de l’égoïsme. Leur idée du service public peut se réduire à “moi d’abord”! Pourtant ces gens ont bénéficié d’un “récit national” particulièrement valorisant, les transformant par exemple en grands résistants malgré les faits, puisque les trains vers les camps pendant la guerre, il a bien fallu quelqu’un pour les conduire! On a vu récemment aussi que l’esprit de la SNCF dirigée par Guillaume Pépy ne brille pas par le courage. Les passagers du Bruxelles-Paris qui faillirent être les victimes d’un attentat islamique ne l’oublieront jamais.

Donc il n’est pas question ici de soutenir cette corporation et leur statut qui devrait être mis à mal. Néanmoins il faut constater les attaques sans relâche et bientôt décisives du gouvernement et d’Emmanuel Macron, à l’encontre de tout ce qui ressemble de près ou de loin au service public. Il a beau jeu de dénoncer l’archaïsme en criant “modernisation”. Les trains n’arrivent plus à l’heure depuis belle lurette et les banlieusards trimbalés tous les matins au boulot savent bien qu’ils ne sont guère mieux lotis que du bétail. Pour autant, il est peu probable que l’avenir soit meilleur malgré les changements qui vont intervenir. Les petites lignes qui seront supprimées, nuiront à la mobilité dans les provinces. La concurrence qui sera organisée, sera l’occasion pour de grandes entreprises d’accroître leurs gains sans apporter la moindre once de bien être aux clients. Les privatisations montrent qu’elles ne sont quasiment jamais favorables à l’utilisateur. Une concurrence dévoyée entraîne systématiquement un surcoût comme avec les péages autoroutiers. Et puis la société nationale sera transformée en société anonyme. Ce genre de changement est plus le fait de l’idéologie ultralibérale de nos dirigeants et de l’Union Européenne qu’une volonté d’améliorer la vie de ceux qui utilisent le chemin de fer. Avec la poste devenue société anonyme, on n’est pas mieux servi, loin s’en faut!

Donc la transformation du rail à venir n’est pas de celle qui risque d’amener une vie meilleure. A la gloire future des multinationales, les français n’y gagneront rien sinon voir encore un peu de leur patrimoine commun leur échapper en mettant les bénéfices là où ils sont envisageables, dans les poches du privé et les pertes bien au chaud dans le public.

Frédéric Le Quer