Acte 23 des gilets jaunes

Par dimanche 21 avril 2019 Permalink 1

L’acte 23 de la mobilisation des gilets jaunes a montré des affrontements tendus. Si, en effet, les black blocs ont cassé, la répression policière fut sinon plus violente, du moins plus aveugle que jamais. La foule fut gazée systématiquement une fois enfermée dans un périmètre bien circonscrit, la place de la République, dont elle avait l’interdiction de sortir mais sur laquelle pouvait entrer qui voulait. Sans nuance et sans chercher à protéger les plus pacifiques, les projectiles tombaient comme à Gravelotte laissant de nombreuses personnes la tête ensanglantée. Je n’en avais jamais vu autant.

La police est-elle détestée? Pas plus qu’avant. Ceux qui veulent bien échanger quelques mots avec les gilets jaunes ne sont jamais insultés, bien au contraire, appréciés. Hélas, sans doute sont-ce les ordres, la plupart reste dans un mutisme exaspérant la foule, finissant par en faire des ennemis du peuple. Cette attitude est celle voulue par leurs chefs pour exacerber les tensions au lieu de pactiser. C’est là qu’arrive un parallèle qui pour la première fois m’a sauté aux yeux, la Commune de Paris, les versaillais contre les communards. Bien que plus de deux tiers des français soient contre la politique de Macron, le pouvoir tente de faire un rapport de force 50 – 50 pour organiser une violente répression impunément. Heureusement des consciences religieuses (voir la pancarte des protestants de France ci-dessous) ou laïques l’empêchent de mener à bien les sévices qu’il se propose d’infliger à la population. Comme les versaillais avaient le soutien de Bismark et de nombreuses figures politiques à gauche et à droite, Macron a le soutien de l’Union Européenne et de la ploutocratie.

Le peuple peut-il prendre sa revanche? Oui, oui et oui. La mobilisation est continue. Les raisons de celle-ci sont intactes. La détermination des gilets jaunes ne faiblit pas. Mieux, elle croit et les revendications en se faisant plus intellectuelles, moins terre à terre deviennent forcément plus catégoriques, plus révolutionnaires. Une véritable conscience politique naît sur un mouvement qui débuta par des demandes matérielles, de bien-être. Et par dessus le marché, les gens sont heureux de se retrouver, heureux de la convivialité qui règne entre eux. Les samedis des gilets jaunes, c’est du lien social redécouvert. Hier par exemple tout le monde parlait déjà du premier mai à venir, promettant d’en être.

Donc, comme le dit le slogan scandé après plus de 10 km de marche, “On n’est pas fatigué, on n’est pas fatigué”, les gilets jaunes continuent leur travail de sape pour effondrer l’oligarchie qui gouverne encore, mais plus pour bien longtemps.

Frédéric Le Quer

Joyeuses pâques à toutes et tous

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