A propos du non rachat de Carrefour

Par lundi 18 janvier 2021 Permalink 1

Il est intéressant de s’arrêter un instant sur le cas de l’économiste travaillant pour de groupes d’assurance avançant masquée sur LCI, appelée Villers mais son nom n’a pas vraiment d’intérêt, qui prenait fait et cause pour le rachat de Carrefour, que j’ai mentionnée dans la chronique précédente.

En effet, le lobbying en faveur de la privatisation des pensions de retraite de la part des grandes compagnies d’assurance cherche à faire accepter un mélange d’intérêts pourtant totalement différents, ceux des grands capitalistes et ceux des petites gens. Quand la pension de retraite dépend de la valeur d’une action, l’énorme gain d’un Bernard Arnaud, par exemple, dans le cas du rachat de Carrefour par Couche-Tard, aurait été confondu dans la masse des petits gains faits par chaque retraité grâce à ce rachat si la privatisation des retraites avaient déjà eu lieu. En annulant toute lutte des classes, l’emprise des riches sur les pauvres est accentuée. Mieux sans retraite par répartition, le retraité se retrouve à espérer pour son propre compte une spoliation de la valeur travail de manière à accentuer le rendement du capital. Il en vient même à être solidaire de n’importe quel directeur des ressources humaines organisant des charrettes de licenciement pour préserver voire augmenter les dividendes versées par l’entreprise au lieu d’espérer que plus de gens travaillent pour voir payer sa retraite. On plonge dans le conflit générationnel radical.

Le refus de Bruno Lemaire de voir racheter Carrefour par une entreprise étrangère constitue pour les tenants de l’ultralibéralisme un dangereux précédent. C’est un peu de la valeur du CAC 40 qui s’en trouve amoindrie. C’est aussi une manière de choisir le travail contre le bénéfice ce qui est une nouveauté depuis plusieurs décennies, une manière d’accepter le fait que la mondialisation n’a pas supprimé les frontières et qu’il est plus que temps de revenir à l’autosuffisance alimentaire et à la reconstruction d’une industrie française, de revenir à un souverainisme français, de cesser de tout miser sur le secteur tertiaire. Voilà un bienfait du coronavirus!

Frédéric Le Quer

PS: J’ai mis en une la photo de la présentatrice de LCI qui s’était gardée de présenter clairement son invitée dans son émission intitulée “en toute franchise”! Le replay de l’émission vient d’être supprimé…

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