A la poste, le nouveau monde

Par mercredi 17 janvier 2018 Permalink 5

C’était à la poste, hier, devant des automates où on timbre lettres et colis. Il y a plusieurs machines coincées entre deux murs. Un vieux monsieur, au moins 85 ans, gabardine et chapeau gris, plutôt élégant, maigre, cherche à accéder à l’une d’entre elles. Vous connaissez les gens âgés! Ils sont pressés! Mais bon, c’était libre, il n’y avait pas de raison pour qu’il n’y aille pas. Devant lui un africain, une cinquantaine d’années, grand type approchant les 100 kilos, probablement employé municipal, il portait un gilet avec des bandes fluorescentes blanches et vertes, était en train d’affranchir son courrier. Notre petit père le bouscule pour passer. Vous voyez le tableau, la frêle silhouette frôlant le colosse! Mais que n’avait-il commis cependant? L’autre se retourne et entreprend de lui apprendre à vivre avec un long discours sur le respect dû à sa personne… Le petit vieux s’excuse… plutôt humblement, enfin il ne voulait pas d’histoire. Et puis il me regarde. Nos yeux se croisent et on les lève au ciel.

Ni l’un ni l’autre n’avons répliqué. J’ai d’ailleurs bien senti qu’il souhaitait que l’incident se tassât. Et puis tous les deux, nous le savions bien, la dispute aurait tourné en conflit ethnique. On aurait vite été traités de racistes. Personne ne nous aurait soutenus. Un agent des postes serait peut-être venu mais nous aurait donné tort ou au mieux n’aurait pas pris partie. Tout était contre ce petit vieux qui n’avait qu’à supporter en silence l’ignoble leçon de politesse! Ignoble parce que complètement inappropriée. N’importe quoi, complètement con! Mais l’africain était sûr de sa force. Pas de son bon droit, ce n’était pas la question, mais certain qu’on lui donnerait raison, que la France lui donnerait raison et il en profitait. Moi et le vieux n’avions qu’à nous écraser parce que dorénavant ça se passe comme ça. Quand on est blanc et d’aspect très français, on est coupable, les institutions nous rendent coupables ipso facto. Il s’agit de maltraitance, non pas d’un vieillard, la question n’est absolument pas là même si ce genre de vexation n’est jamais agréable, mais d’un peuple, d’un peuple qui doit la fermer, qui doit être brisé, qui doit laisser la place et mourir. La France est de moins en moins notre pays et de plus en plus celui des autres, ceux qui viennent d’arriver, qui sont en train d’arriver. Ils le savent, ont bien compris, jouent de leur avantage et pourquoi pas d’ailleurs ils ont bien raison vu de leur camp puisqu’ils ne viennent pas en amis mais pour nous remplacer.

Frédéric Le Quer