1789, 2018

Par Jeudi 17 mai 2018 Permalink 5

A quel moment les français décideront-t-ils de priver Emmanuel Macron de sa fonction? Sa situation est, pour le moment, à la fois fragile et sereine. Fragile parce que des mécontentements de toute nature, dans toutes les strates de la société, très riches exceptés, se font entendre. Sereine parce qu’il n’y a personne pour les fédérer.

Seule une critique sociale de l’action du président est dorénavant audible. Cela n’a pas toujours été le cas dans notre histoire récente. En 1983, par exemple, une dénonciation libérale, de droite, de l’action gouvernementale de Mauroy était pertinente à la suite des lois économiques liberticides votées. Actuellement la situation des plus aisés toujours plus accommodante nécessiterait une réaction ferme de français bien trop maltraités.

Si, en 1789, noblesse et clergé étaient systématiquement réunis contre le tiers état, dorénavant capitalistes et entrepreneurs se confondent pour restreindre le plus possible les droits de la population. On peut même pousser la comparaison plus loin. Les patrons des petites entreprises peuvent être assimilés au bas clergé dont les intérêts n’avaient rien à voir avec ceux des évêques comme les difficultés du petit entrepreneur sont aux antipodes des sinécures du patron d’une multinationale. Continuons même! Le haut clergé et la noblesse représentaient une partie aussi infinitésimale de la population que les capitalistes et les chefs de grandes entreprises aujourd’hui ce qui ne les a pas empêchés de maintenir longtemps leur avantage.

Ce que gagne une grande entreprise est dorénavant remis principalement aux dirigeants de celle-ci et à ses actionnaires. L’utilisation des bénéfices pour l’investissement (possiblement créateur de bien être collectif) se limite de plus en plus à la portion congrue. Quant au partage des bénéfices avec les salariés, il s’agit presque d’un mythe! Quand les banques centrales ouvrent en grand les vannes de l’argent facile et gratuit pour une multinationale, sur notre dos puisque la monnaie est un bien commun, elles exigent un maximum de parcimonie pour les deniers de l’état quitte à mettre toute une population sous coupe réglée.

Ces injustices à répétition sont encouragées par Emmanuel Macron et son gouvernement.

Il n’y a pas plus d’hommes providentiels de nos jours qu’il y en avait en 1789. En revanche les idées des philosophes des lumières permirent la prise de conscience d’une population française qui semble actuellement manquer d’intelligence collective. Pas très étonnant puisque la France n’a plus de peuple.

Frédéric Le Quer