Zone €

Par Jeudi 30 juin 2016 Permalink 3

Le débat sur la zone € faisait rage, il y a un an, en ayant comme bouc émissaire la Grèce. Sa pertinence était telle que la plupart des dirigeants allemands et quelques journaux économiques comme Handelsblatt cherchaient à proposer des issues financières aux pays pour qui la monnaie unique que tout le monde appelle euromark, ne pouvait à l’évidence pas convenir. Les français se sont montrés les plus intransigeants pour exiger le statu quo et François Hollande s’est battu pour maintenir la Grèce dans la zone € et éviter l’hémorragie qui risquait de suivre ce premier départ. La plupart des grecs aujourd’hui regrette cette marque d’attention de notre chef d’état et voit qu’il n’existe pas de solution à leur pauvreté dans le cadre qui leur est imposé.

Mais un an plus tard, le débat s’est élargi avec la remise en cause de l’existence même de l’Union Européenne. En refusant de régler le problème monétaire, et la refonte de la monnaie unique aurait forcément servi de soupape, voire d’exutoire, c’est dorénavant toute la coopération entre ses membres qui est remise en cause. Le Royaume Uni qui n’a jamais voulu de l’€, claque la porte de l’UE. Il est simplement le premier à franchir un Rubicon que d’autres vont aussi traverser. Cette interdiction qu’avaient les peuples à s’autodéterminer sur la question européenne est d’un coup amoindrie. En refusant de faire évoluer intelligemment la zone €, ce sont tous les traités européens qui sont sur le gril. Les premiers à devoir décider seront les italiens cet automne. Certes le sujet porte sur la constitution italienne et le besoin de rééquilibrer les pouvoirs exécutif et législatif. Mais qui peut croire, compte tenu du contexte, que l’électeur transalpin ne répondra pas plutôt à la question de savoir si l’UE continue vraiment à lui convenir?

En refusant de détricoter une zone € très mal pensée et réalisée, c’est toute la construction européenne qui est maintenant menacée. Plus personne ne fait la différence entre ce qui vient de Francfort et ce qui vient de Bruxelles. L’Angleterre importe peu et d’ailleurs personne ne croit réellement qu’elle souffrira de sa décision de quitter l’UE. Au contraire la baisse du sterling si elle se confirme, sera profitable pour ses exportations et pour redonner de la compétitivité à ce qu’elle produit sur son marché intérieur. Ce qui importe aujourd’hui c’est que des nations subissent concomitamment de plein fouet une monnaie trop chère pour elles et un flot inépuisable de main d’oeuvre venu du moyen orient et tout le monde sait bien qu’un peuple en colère ne trie jamais le bon grain de l’ivraie et balance tout à la poubelle.

Frédéric Le Quer