Yellen procrastine

Par Mardi 7 juin 2016 Permalink 2

Evidemment ce serait mieux que Janet Yellen hausse les taux, approprié comme disent les banquiers centraux. Il semble pourtant que ce n’est pas demain la veille. ça fait penser à Annie Cordy et sa « bonne du curé »: J’aimerai ben mais j’peux point!

Elle ne peut pas car l’économie depuis la crise des subprime n’est jamais repartie. Les taux ont été ramenés à zéro, les actions ont pu monter, la banqueroute de pays comme la France a été évitée et la paix sociale plus ou moins sauvegardée, les citoyens ont eu l’illusion que le monde économique renaissait de ses cendres. C’est cela la politique non conventionnelle, l’art du pipeau, mentez tout le temps, il en restera toujours quelque chose! Alors l’argent est distribué gratuitement à des gens bien ciblés pour consolider le système. Une hausse des taux serait leur en ôter un peu, raréfié l’argent, diminué leur capital. Et on a peur que ces fameux 1% de la population se fâchent. Ils n’ont qu’une façon de faire du pognon: c’est par la financiarisation à outrance de l’économie. Si cette financiarisation ne délivre plus, il ne reste rien. L’invention, les nouvelles technologies, la fabrication d’objets manufacturés, ne rapportent rien, nada, que dalle! La preuve? Apple est la boite qui rachète le plus de ses propres actions. Ce n’est pas par ses inventions plébiscitées par les consommateurs que les actionnaires se sont enrichis ces dernières années, mais par la financiarisation. Apple s’endette à taux quasi nuls pour diminuer ses actions en circulation et augmenter les parts du gâteau en diminuant les convives. Toutes les multinationales font la même chose. Et demain elles feront comme les états et s’endetteront à taux négatifs et gagneront ainsi des revenus supplémentaires! Alors quand Janet Yellen s’inquiète de la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne comme elle a fait hier pour justifier sa procrastination, elle noie le poisson!

Donc Yellen ne remontera pas les taux ou pratiquement pas. La question à se poser est quand certains magnats de la finance décideront eux que les taux doivent remonter. Quand redeviendront-ils short, i.e. baissiers sur les obligations? A regarder le Japon, il reste du temps apparemment, d’autant plus que les peuples grondent et ce serait rajouté de l’huile sur le feu. Mais quand tout a l’air d’aller dans la même direction…

Frédéric Le Quer