Yellen et Trump

Par Vendredi 23 septembre 2016 Permalink 15

Donald Trump déclarait, au début du mois, que Janet Yellen « devrait avoir honte d’elle-même ». Le candidat à l’élection présidentielle fustigeait ainsi les taux bas appliqués par la Réserve Fédérale. Hilary Clinton a volé au secours de la présidente démocrate de la FED en déniant le droit à Donald Trump de commenter les actions de la de celle-ci, jouant sur son grand air de la responsabilité politique et parlant des mots qui se déplacent sur les marchés pour y être interprétés.

L’argument semble bien limite compte tenu de l’énorme impact qu’ont les décisions ou les non décisions de la banque centrale américaine. Les apports très inégaux de sa politique depuis Lehman Brothers ont favorisé Wall Street mais laissé sur le carreau beaucoup d’américains qui multiplient les boulots pour boucler leur mois. C’est clairement l’électorat de Trump. Ne pas pouvoir leur parler lors d’une campagne électorale serait aberrant. Donc qu’il blâme la Fed pour la création d’une «fausse économie» et un «marché boursier artificiel » n’est que le jeu normal d’un débat démocratique.

Mercredi dernier Janet Yellen a répliqué directement: « Je peux dire catégoriquement que la politique partisane ne joue aucun rôle dans nos décisions sur les orientations de politique monétaire ». Tu parles, Charles! Si elle avait relevé les taux, les marchés boursiers se seraient effondrés et le mini krach aurait donné du grain à moudre au républicain. Pourtant c’était peut-être le seul moment possible si en effet Yellen ne faisait pas de politique. Le tableau économique aux Etats Unis est encore suffisamment trouble pour que la décision de rendre l’argent un petit peu plus rare puisse se justifier. Dans quelques mois compte tenu des indicateurs avancés qui sont mauvais, probablement rien de la sorte ne sera envisageable.

Tous les grands corps d’état sont à la manœuvre outre Atlantique pour dissuader les citoyens de voter Trump. Jusqu’où vont-ils aller? Un guerre contre les russes dans les semaines à venir? Rien n’est à exclure, l’état profond étant par nature jusquauboutiste et antidémocratique.

Frédéric Le Quer