Volkswagen, das Auto

Par Mercredi 23 septembre 2015 Permalink 18

Douze marques, six cent mille employés, deux cent milliards de chiffres d’affaire annuel, Volkswagen est le deuxième constructeur automobile mondial, il est même passé devant Toyota au premier semestre. Aujourd’hui il tangue.

Le patron Martin Winterkorn suite aux mensonges au moins aux Etats Unis sur l’émission du taux de CO2 de ses véhicules diesel est sur la sellette. Les questions de leadership au sein du groupe Volkswagen ne cesse cette année de se poser.  Au printemps, suite à une violente guerre des chefs, il y a  déjà eu le départ forcé de la figure tutélaire du patronat allemand, le népotique Ferdinand Piech qui avait, entre autre, installé  son ancienne baby sitter devenue sa femme au conseil de surveillance de l’entreprise. Apparemment ce n’est pas un poste qui demandait une compétence très pointue!

Aussi ce conseil s’est pour le moins montré léger et que dire de l’homme à sa tête… Que savait Martin Winterkorn? Il ne l’a pas dit mais en revanche déclare:   » je suis infiniment désolé d’avoir déçu la confiance » des consommateurs. Quant au patron du groupe pour l’Amérique, Michael Horn, il va plus loin et reconnait: « Notre entreprise a été malhonnête, avec l’Agence américaine de protection de l’environnement et avec son homologue californienne, ainsi qu’avec vous tous, et avec mes mots en allemand on dirait qu’on a ‘totalement merdé' ».

C’est le jeu dorénavant. On bat sa coulpe devant la terre entière en espérant ainsi être dédouané. La faute devient une abstraction dont on perd de vue l’origine et les effets. En substance l’idée est de sous-entendre comme dans l’évangile que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre. Tout le monde est un pêcheur donc après des excuses tout le monde doit pardonner. C’est facile, ça coûte un peu de pognon et on repart comme en 14! Parler de morale, c’est être ridicule. Parler d’honnêteté, c’est être naïf.

Il faut constater que l’Allemagne qui il y a encore peu de temps donnait des leçons d’écologie à qui mieux mieux, est loin d’être un exemple entre ses moteurs diesel et ses usines de charbon. Mais il n’y a pas que ça. Ce pays qui semblait irrésistible et indestructible a une rentrée 2015 catastrophique. Angela Merkel qui a stupidement et par égoïsme créé un appel d’air considérable pour la venue de migrants dont aujourd’hui elle ne prend qu’un pourcentage, a perdu un grand nombre de ses aficionados en Europe. Elle voulait faire oublier la xénophobie teutonne, elle a surtout fini par agacer ses voisins. Par ailleurs donc la plus grande de ses entreprises est maintenant totalement déconsidérée. Enfin sa précipitation à se rendre en Iran pour vendre tout et n’importe quoi lui a donné des allures de colporteurs qu n’ont pas grandi son image.

L’Allemagne que certains voyait comme le concurrent, voire l’ennemi, tel Emmanuel Todd, occidental des Etats Unis est en train de perdre de son aura. Et ça va vite!

Frédéric Le Quer