Visegrád, un groupe héroïque!

Par Vendredi 19 février 2016 Permalink 2

Le groupe de Visegrad représentant quatre pays de l’ancien bloc de l’est, Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie osent résister à l’Union Européenne, à l’Allemagne, à Angela Merkel depuis l’année dernière. Le sommet de Bruxelles actuellement tourne autour de leur refus clair et net d’accueillir les migrants. Leur attitude volontaire séduit l’Autriche. Leur raisonnement implacable est partagé par la Bulgarie et la Macédoine qui ne sont ni l’un ni l’autre dans l’espace Schengen et qui semblent prêts à imperméabiliser leurs frontières avec la Grèce, toujours aussi inefficiente, et la Turquie pour couper la route des Balkans.SAM_1025

L’UE ne voit pas d’un bon œil une action efficace contre la crise migratoire. Angela Merkel a réussi cette nuit à gagner du temps en proposant de remettre la Turquie dans le jeu au mois de mars au lieu d’aider la Bulgarie et la Macédoine à bloquer les envahisseurs. Organiser une rencontre avec Erdogan revient à repousser toute solution, un peu comme en France on enterre un dossier en créant une commission… Un plus petit dénominateur commun a néanmoins été trouvé avec l’itération que « la démarche doit être européenne et que les “solos” nationaux ne sont pas recommandables« . Pourquoi pas, si cela permet à Junker de parader!

Le groupe de Visegrad a déjà remporté cette réunion de Bruxelles en réussissant à faire passer le Brexit et le chantage de David Cameron au second plan bien qu’il les concerne aussi pour ce qui concerne les travailleurs détachés. Les aspirations de ces pays pas aussi libérales que celles de l’UE inquiètent grandement. En les ré-ancrant à l’ouest, certains pensent que l’on a fait entrer le loup dans la bergerie. Ils sont bien loin de partager la religion mondialiste de leurs alliés et ont des convictions nationalistes fermes. Leur pensée est contagieuse et atteint maintenant tous les pays qui ouvraient grand leurs frontières jusque là. Les faits de délinquance dus aux migrants et la crise économique ne sont guère propices à l’altruisme…

La décomposition de l’Union Européenne est décidément de tous les cotés. L’Allemagne voyait dans ses alliés des petits soldats à ses ordres et s’est permise l’été dernier de décider seule de la politique migratoire de l’UE. Ce coup de force est le ferment de la dislocation actuelle. A l’est, au sud, à l’ouest, tout se déchire et part en lambeaux.

Frédéric Le Quer